CHAPITRE CCLXIX
Gomment le roi envoya lettres aux Liégeois par le bailli de Lyon, promettant les assister.
De cestui second voyage, qui estoit de dure cou > tange à Liégeois , et dont ils firent leur plainte au roi, il ensievi que le roi envoya vers eux en la citédeLiége, pour les réconforter, le bailli deLyôn, et lequel, avecques certaines lettres à ly baillées , asseura Liégeois de tout confort et aide contre le duc de Bourgogne, à toutes heures que guerre voudroient esmouvoir contre ly . Dont il ne demora gaires que jà la tierce fois ils ne recommenchèrent à follier; et vindrent assiéger Huy, ne sçai se à aulcun propos pourpensé ne se àaultrui fol appétit, mes au moins sous la couleur que je vous ai . dévisée dessus, et là où il y avoit certaine juste apparence ; et ils recommencèrent et poursievirent leur maleur de mal en pis toujours,et plus et plus à leur perdicion et honte ; et en ensievi le voyage qui jamès ne doibt estre oublié , et par lequel tout le pays fut conquis , et toutes les bonnes villes rasées «et abattues, et la cité meismes menée à ce derrain que d'abattre ses portes et ses murs , et de souffrir emporter leur perron, etd'y prendre gens, et de leur priver et oster tous privilèges, toutes coustumes'et usages, toutes franchises et libertés an-
ciennes, et d'en faire et user à volonté, fut de vie ou de chevance , sans nulle contradiction , et dont oncques le pareil n'a voit esté veu, ne oui, ne trouvé en livre* Et leur vint tout ceci toutefois de ceste maie prise de la ville de Hui , en quoi ils cuidèrent redressier leur foule (tache) et honte par nouvel orgueil, et ils accrurent leur confusion à mille fois double par ung fol outrage. Et non contens encore atanjt, et d'estre et de vivre à demi heureux et demorans en leurs propres lieux et habitations, en commune' aisance de vivre comme leurs voisins, et quérans encore quartement refuge au roi, qui autretel en fit comme devant, n'ont oncques cessé jusques à avoir esmeu et deslié du pel leur tout parfait extrême maleur , et de quoi, pat* ung quatçiesme voyage que le duc Charles a meu contre eux , ils ont esté mis à toute derraine consommation par feu , par expulsion et par toute ruine et opprobre, comme Dinant, là où désormès n'y a teste pour se lever et essourdre , ne pour monstrer dent ne fière barbe , de nul eage de vivant homme, alors tant feust jeune.
Ce sont dope quatre voyagesque les ducs de Bourgogne, père et fils , ont fait à terrible exploit , et du règne du roiLoys, roy de France, et tout en quatre ans, et dont les deux furent du vivant du dirc Philippe , et les deux autres après sa mort , de an en au, sans entre deux; et dont le fils retournant de Gonflans, glorieux vainequer, fit le premier voyage pour et au nom. de son père malade à Brus-
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selles , et lequel nient-moins assis en sa chaire , et son fils estant en France , gaigna par ses bons et vaillans serviteurs et subgets , demorez par- de chàj une dure et fière bataille sur Liégois à Montenac, et là où hautement et en grand valeur se monstrèrent Braibanchons et Hainuyers avec aulcuns aultres de l'ostel du duc, Bourguignons et Picars , et meismes de l'ostel de l'évesque de Liège , comme le comte de Nassau , le seigneur de Blanqaenhem , le seigneur de Gasebecque , nommé ihessire Philippe de Hornes , et le grand bailli de Haynaut, nommé messire Jehan de Reubenpré , gentil chevalier et vaillant , et qui tous avoient gens de grand nom et de grand fait ; et gardèrent l'honneur de leur viel prince et maistre , et lui apportèrent victoire de ses ennemis, sans main y mettre.