LES PASSIONS DE L' AMOUR
ORSQUE M. le duc de Coutras parlait de l'éducation des jeunes gens, c'était en des termes à croire qu'il professait sur ce chapitre des idées neuves, hardies, originales, peut-être même celles de M. Demolins. Mais l'avisé Gosseline ne tarda pas de s'apercevoir que le programme du noble duc était, au contraire, fort suranné, et se réduisait proprement à deux articles : c'est à savoir que les garçons doivent garder leur foi intacte et, le plus longtemps possible, leur innocence.
Sur le premier point, Gosseline s'accordait avec le duc : en tant que philosophe, il haïssait le christianisme, mais, socialement, il était enragé catholique. En revanche, il ne concevait pt)int que l'on fît une si grande affaire de la bagatelle, et il ne trouvait point la pratique des Coutras conséquente à une telle rigueur de principes.