Ce nom est écrit Elman dans l'acte précédent
PIÈCES DIVERSES 2o5
Bourdet, chevalier, bailli de Coustentin, commis et ordonné a la garde de la dicte bastide et a tenir le siège par la terre devant le Mont Saint Michiel, a présent prisonnier des annemis du roy nostre sire au dit Mont Saint Michiel, confesse avoir eu et receu de Pierre Surreau, receveur gênerai de Normendie, la somme de unze cens soixante livres seize solz huit deniers tournois, en prest et paiement des gaiges et regars de moy, xliii autres hommes d'armes et cent deux archers a cheval de la retenue de mon dit seigneur le bailly pour la dicte bastide et siège par terre, desservis et a desservir pour le ix^ mois du dit siège commençant le xii^ jour du dit mois de may ccccxxv, et dont j'ay fait monstre au dit lieu d'Ardevon pardevant monseigneur du Mont Saint Michiel, commissaire du roy nostre sire, le xn^ jour de ce présent mois, de juing; ce paiement a moy fait par le dit receveur gênerai par vertu des lettres de mandement de mon dit seigneur du Mont données le vm^ jour de ce présent mois. De laquelle somme de xi c lx livres xvi sous viii deniers tournois dessus dicte je me tiens pour contens et bien paie et en quitte le roy nostre sire, le dit receveur gênerai et tous autres. En tesmoing de ce, j'ay seellé ces présentes lettres de mon seel le xni« jour de juing i l'an mil cccc et vint cinq.
(Arch. Nat., sect. hist., K 62, n^ 18 ^.)
I. On remarquera que postérieurement à la date du i3 juillet 1425, on ne trouve aucune montre relative au siège du Mont-Saint-Michel. Les Anglais levèrent sans doute ce siège après leur défaite navale de la fin de ce mois (voyez plus haut, p. 28 et 202). Dès le 9 octobre 1420, le dauphin Charles avait autorisé l'établissement d'un atelier monétaire au Mont-Saint-Michel (Lecointre-Dupont, Lettres sur l'histoire monétaire de Normandie, p. i35 à i38). Le 8 septembre 1425, Charles VII, voulant récompenser les défenseurs du Mont, leur céda pour un an ses droits sur ce monnayage, une moitié aux chevaliers et écuyers, et l'autre moitié aux religieux {Ibid., p. iSg). Enfin, le 24 avril de l'année suivante, il renouvela cette cession pour trois ans, considérant que « la dicte place et ville du Mont est assise en la mer, sur la frontière de nos anciens ennemis d'Angleterre et autres leurs alliez et, a l'occasion de ce, nos diz ennemis leur ont fait, porté et mené guerre et mis devant la dicte place, par terre et par mer, siège et bastilles pour les vouloir prendre et destruire, ou contempt de ce qu'ilz ont esté tousjours et encores sont vrais et loyaulx subgiez et obeissans a nous et a nostre couronne de France ». (Ibid., p. iSgà. 141).
2i06 CHRONIQUE DU MONT-SAINT-MICHEL