‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468) (volume 2)Chapitre 104 sur 144 · OCTOBRE, PARIS · texte numérisé non relu

OCTOBRE, PARIS

Rémission octroyée par Henri VI à Alexandre Doisnel, prêtre, natif de Saint-Contest, détenu dans les prisons de l'évêque de Bayeux pour s'être entremis de percevoir, au mois de février 1423 (n. st.), au moment où les Anglais assiégeaient Sacey, les contributions de guerre levées par les ennemis du Mont-Saint^ Michel sur les paroisses de Colombelles, de Saint-Contest, de Hérouville, de Périers, de Ouistreham et de Blainville, près Caen.

Henri, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons a tous presens et advenir npus avoir receu l'umble supplicacion de Alixandre Doisnel i, prestre, natif du diocèse de Bayeux, contenant comme, dès le mois de février mil ccccxxn, il se feust parti du dit pays pour aler en Bretaigne veoir un sien parent en la compaignie de plusieurs Angloiz qui aloient au siège a Sacy ^, et pour ce qu'il ne pot passer oultre ne aler ou dit pays de Bretaigne, s'en voult retourner au lieu de sa nativité, mais en retournant fut prins par brigans et mené prisonnier au Mont Saint Michiel ou il fut détenu par plusieurs journées et tant que, pour ce qu'il n'avoit de quoy payer rançon, noz ennemis qui la estoient lui donnèrent congié de soy en aler sans riens payer, parmi

1 . Alexandre Doisnel appartenait sans doute à la même famille que Raoul Douesnel, aussi prêtre, qui fit aveu à Charles VI, le 26 février 141 5 (n. st.): I" du fief de Telle dont le chef était situé en la paroisse de la Cambe (Calvados, arr. Bayeux, c. Isigny) et qui s'étendait en celle de Saint-Germain-du-Pert ; 2» du fief de Mailloc, situé également à la Cambe {Arch. Nat., P 3o6, n" 84). Cet aveu nous donne la situation précise de la maison forte de Telle dont nous n'avions pu naguères déterminer remplacement {Hist. de B. du Guesdin ; la Jeunesse de Bertrand, p. 485). La rémission accordée à Alexandre Doisnel est surtout intéressante parce qu'elle nous montre que, dès les premiers mois de 1423, plusieurs paroisses situées pour ainsi dire dans la banlieue de Caen, étaient de gré ou de force tributaires de la garnison française du Mont-Saint- Michel.

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