‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468) (volume 2)Chapitre 106 sur 144 · Peut-être Blainville, Calvados, arr. Caen, c. Douvres · texte numérisé non relu

Peut-être Blainville, Calvados, arr. Caen, c. Douvres

corde ne lui estoit sur ce impartie, en nous humblement requérant que, considéré la longue et dure penitance qu"il a pour ce soufferte et endurée par l'espace de deux ans et demi ou environ, qu'il est ung très simple povre chappellain qui ne .fut onques renommé de fréquenter ne favoriser les dis brigans et que, pour lors qu'il porta les dictes cedules, une grant partie des habitans du dit pays payoit et faisoit appatissemens aus dis ennemis, il nous plaise a lui sur ce impartir nostre dicte grâce. Pour ce est il que nous, voulans en ceste partie grâce et miséricorde Si donnons en mandement au bailli de Caen et a tous noz autres justiciers.... Donné a Paris, ou mois d'octobre, l'an de grâce mil cccc et •vint cinq, et de nostre règne le tiers. Ainsi signé. Par le roy, à la relacion du Conseil. E. Lombart.

(Arch. Nat., sect. hist., JJ ijS, n" 252, fo'' i25 v° et 126.)

Vidimus par Guillaume Paynel, clerc, garde des sceaux des obligations de la vicomte d'Avranches, et par Guillaume Artur, tabellion juré du roi, de lettres patentes, datées de Poitiers le 2 septembre 1425, par lesquelles Charles VII nomme son cousin, conseiller et chambellan, Louis d'Estouteville, seigneur d'Au^ebosc , capitaine de la place et forteresse du Mont- Saint-Michel , en remplacement du bâtard d'Orléans , lequel capitaine prêta serment le 8 octobre entre les mains du comte de Richemont, connétable de France.

A tous ceulx qui ces lettres verront ou orront, Guillaume Painel, clerc, garde des seaulx des obligacions de la viconté d'Avrenches, salut. Savoir faisons que Guillaume Artur, tabbellion juré du roy nostre sire, nous a tesmoingné avoir veu et leu de mot a mot et diligeanment regardé et examiné

certaines lettres royaulx seellées en double queue et cire jaune, saines* et entières en seel et en escripture, sans aucun vice ou suspicion, contenantes la fourme qui en suit.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, a tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savoir faisons que, confiens entièrement des sens, loyaulté, vaillance et bonne diligence de nostre chier et féal cousin, conseillier et chambellan Loys d'Estoute ville, chevalier, seigneur d'Auseboch, et considerans les grans et notables services que lui et les siens nous ont faiz, tant en noz guerres que autrement, en plusieurs manières, nous, de nostre certaine science, avons icellui nostre cousin fait, ordonné et establi, faisons, ordonnons et establissons par ces présentes cappitaine de par nous de la place et forteresse du Mont Saint Michiel en lieu du bastard d'Orléans, lequel, pour certaines consideracions qui a ce nous meuvent, nous en avons deschargié et par ces présentes en deschargons du tout, pour icelui office de cappitaine avoir et tenir d'ores en avant par le dit d'Auseboch, nostre cousin, aux prérogatives, gaiges, droiz et prouffiz et emolumens acoustumez et qui y appartiennent, tant comme il nous plaira. Si donnons en mandement par ces mesmes présentes a nostre très chier et amé cousin et connestable le conte de Richemont que, prins et receu du dit seigneur d'Auseboch le serement acoustumé de faire en tel cas, icellui mette et institue ou face mettre et instituer de par nous en possession et saisine du dit office de cappitaine, et d'icelui, ensemble des diz gaiges, droiz et prouffiz, le face et seuffre joir et user plaineipent et paisiblement et a lui en ce obéir et entendre de tous ceulx qu'il appartendra es choses touchans et regardans le dit office, oste et déboute d'icelui le dit bastard d'Orléans et tout aultre, lequel, comme dessus est dit, nous mesmes en ostons et déboutons du tout par ces dictes présentes. Par lesquelles mandons a celui qui a acoustumé de paier les diz gaiges qu'il les paie de cy en avant au dit seigneur d'Auseboch et non a aultres, aux termes et en la manière acoustumez. Et par rapportant ces présentes ou vidimus d'icelles fait soubz seel royal ou autentique, pour une foiz seulement, et quittance sur ce souffisant, nous voulons et mandons tout ce que paie lui en sera estre aloué es comptes et rabatu de la recepte de celui qui paie l'aura par

noz amez et feaulx gens de noz comptes, sans contredit aucun. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre seel a ces dictes présentes. Donné a Poictiers le second jour de septembre l'an de grâce mil cccc vint et cinq, et de nostre règne le tiers. Ainsi signé : par le roy, la rayne de Secile et le sire de Gyac presens '.

En tesmoing desquelles choses nous garde dessus dit, a la relacion du dit tabellion, avons seellé cest présent transcript ou vidimus des seaulx des obligacions de la dicte viconté. Ce fut fait le xix™e jour de octobre l'an de grâce mil cccc vingt et cinq.

(Arch. du dép. de la Manche, série H, n» i5358.)

1425, 26 OCTOBRE, CHA.UVIGNY

Charles VII mande au sire de Bricqueville, chevalier, son chambellan, commis à la garde et capitainerie du Mont-Saint-Michel, aux religieux du dit lieu ainsi qu'aux gentilshommes et compagnons de la garnison, de ne plus différer de recevoir son cousin Louis d'Estouteville, seigneur d'Au^ebosc, en qualité de capitaine du dit Mont.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, a nostre amé et féal chevalier et chambellan le sire de Briqueville 2^ commis a la garde et capitainerie du Mont Saint Michel, aux religieux du dit lieu et aux gentilz hommes et compaignons de la garnison d'ilec, salut et dileccion. Remonstré

1. Suit le procès-verbal de la prestation de serment rédigé en latin : « Prestitit juramentum solitum in manibus domini constabularii, octava die octobris anno predicto cccC"» xxv", ac etiam predictum dominum d'Estouteville, per tradicionem presentium, in possessionem dicti loci posuit et investivit, me présente. Camus, d

2. Nicole Paynel, seigneur de Bricqueville, lieutenant de la capitainerie du Mont en l'absence de Louis d'Estouteville qui prêta serment comme capitaine, d'après la note précédente, le 8 octobre 1425.

nous a esté de la partie de nostre chier et féal cousin Loys d'Estoute ville, seigneur d'Ausebosc, que, combien que par noz lettres dont il vous est apparu et pour les causes dedens contenues, nous l'ayons fait et ordonné cappitaine et garde de la dicte place du Mont Saint Michel et en ayons deschargié le bastart d'Orléans, neantmoins, soubz umbre de certains seremens ou promesses par vous fais au dit bastart et de voz scellez a lui baillez ou autrement, et aussy de certains privilegez que vous religieux dites avoir de non recepvoir aucun en capitaine en la dicte place, sinon l'abbé du dit lieu, vous avez différé et faictes encore de recevoir nostre dit cousin en capitaine d'icelle place et de luy faire sur ce les obéissance et serement qui y appartiennent,' et pour ce que, considéré par nous la disposicion du temps et le besoing qu'il est de pourveoir a la garde et deffense de la dicte place de personne a nous seure et feable et qui a ce vacque et entende en personne, voulans nos dictes lettres avoir et sortir leur plain effect, nous vous mandons bien expressément et a chascun de vous, comme a lui appartendra, que, non obstans les dis seremens et promesses fais au dit bastart ou a autres pour lui, voz scellez sur ce baillez et les advitaillemens, habillemens et autres choses quelzconques qui de par le dit bastart ont esté mises et baillées en la dicte place, dont nous vous avons quittez et deschargez, quittons et deschargons par ces présentes et vous en promettons garantir partout ou mestier sera, ensemble les dis privilegez auxquelz nous ne voulons estre derogué en ceste partie, mais, sans préjudice d'iceulx pour le temps avenir, vous nostre dit cousin recevez en capitaine et garde de la dicte place et l'obbeissez et faites obéir tout selon nos dictes lettres. Donné a Chauvegny le xxvi^ jour d'octobre l'an de grâce mil quatre cens vint cinq, et le quart de nostre règne. Par le roy, le conte de Foix, l'admirai, les sires de Graville et de Giac et autres presens. BuDE '.

(Arch. du dép. de la Manche, série H, ii° i536o.)

I. Cette même pièce se retrouve incluse dans un vidimus de Guillaume Paynel, clerc, garde des sceaux des obligations de la vicomte d'Avranches, en date du r8 novembre Ij|25 (série H, n' i5362j.

2 £2 CHRONIQUE DU MONT-SAINT-MfCHEL

1425, 28 OCTOBRE, CHATEA.U DE MONTMURAN

Jean VI, duc de Bretagne, comte de Montfort et de Richmond, fait savoir à ses receveurs de la traite de 20 sous par pipe de vin levée sur les vins exportés d'Anjou et du Maine en Bretagne, qu'il exempte de la dite traite 100 pipes de vin expédiées par les dames de Laval et de Vitré pour l'approvisionnement de leurs forteresses et garnisons 1.

Jehan, par la grâce de Dieu duc de Bretaigne, comte de Montfort et de Richemond, aux recepveurs commis et ordonnez a recepvoir la traitte de vingt soulz par pippe de vin passans et issans hors des pais d'Anjou et du Maine, ou a leurs lieutenans, salut. Comme il soit ainsi que monsegneur le roy 2 nous ait baillé en nostre main la revenue de la dicte trette pour certaines et justes causes pour en joyr par l'espace de certain temps et durant icellui en ordonner et disposer comme bon nous semblera et que sera nostre. bon plaisir, savoir faisons que nous, a la requeste et humble prière de noz très chieres et très amées tante et cousine les dammes de Laval 3 et de Vitré 4 et pour amour et contempla-

1. Nous publions ici cette pièce, quoiqu'elle ne se rapporte pas directement au Mont-Saint-Michel et à la basse Normandie, parce qu'elle explique comment la forteresse du Mont, même bloquée par les Anglais, put se ravitailler par la Bretagne,

2. La plus grande partie du Maine étant alors occupée par les Anglais, Charles VII n'aurait pu percevoir à cette date qu'une très-faible partie du produit de cette traite. En la cédant temporairement au duc de Bretagne, le roi de France ne faisait perdre qu'assez peu de chose à son trésor et acquérait un titre solide à la reconnaissance et à l'amitié de Jean VI.

3. Jeanne de Laval, dite l'aînée, veuve en premières noces de Bertrand du Guesclin et en secondes noces de Gui XII, comte de Laval, morte à Laval le 27 décembre 1433.

4. Anne ou Jeanne de Laval, dite la jeune, fille unique de Gui XII, comte de Laval et de Jeanne l'aînée, mariée à Vitré le 22 janvier 1404 au sire de Montfort. L'un des fils de la dame de Vitré, André de Laval, sire de Lohéac, était dès lors avec Ambroise de Loré et le baron de Coulonces l'un des plus terribles adversaires des Anglais sur les frontières du Maine et de la basse Normandie.

PIÈCES DIVERSES 2l3

cion d'icelles, leur avons aujourd'ui donné et octroie et par ces présentes donnons et octroions le devoir et issue de la traitte de deux cens pippes de vin pour la provision et estorement de leurs forteresses et maysons. Si vous mandons et commandons et a chascun de vous, par tant que a lui appartenra, que vous sueffrez et lessez franchement et quittement aux gens et facteurs de nos dictes tante et cousine tirer, mener et passer le nombre de deux cens pipes de vin hors des dis pais d'Angeou et du Maine sans sur ne par cause de ce leur faire paier nul ne aucun devoir de la dicte traitte, ne leur faire ne donner aucun destourbier, ennuy ou empeschement en aucune manière, car ainsi le voulons et nous plaist estre fait... Donné au chasteau de Montmuron i, le xxvni^ jour d'octobre l'an mil cccc vingt et cinq. Par le duc, de son commandement, presens vous, l'evesque de Saint Malo et autres. A. Lenevou.

(Bibl. Nat., Quittances, t. 5y, n" 4go.)

1425, 2g OCTOBRE, MAYENNE

Guillaume de la Pôle, comte de Suffolk et de Dreux, seigneur de Hambye, de Bricquebec et de Craon, lieutenant général des bailliages de Caen, de Cotentin et des basses marches de Normandie, connétable de l'armée de Thomas de Montagu, comte de Salisbury, institué capitaine général sur le fait de la guerre au royaume de France, certifie que Jean Gourdel, vicomte de Vire, a servi pendant 45 jours au siège mis devant Mayenne, en qualité de gouverneur des charrettes, des charpentiers, pionniers, maçons et manœuvres de sa vicomte.

Guillaume de la Polie, conte de SufFolk et de Dreux, sei-

I. Au). Montmuran, château situé en la commune 4ps Ifs, Ille-et- Vilaine, arr. Montfort, c. Bécherel. Ce château appartenait à la comtesse de Laval, dame de Tinténiac, dont le duc de Bretagne était alors l'hôte.

2f4 CHRONIQUE DU MONT-SAINT-MICHEL

gneur de Hambye, de Briquebec et de Craon, lieutenant gênerai pour le roy nostre sire des bailliages de Caen et de Goustentin et aultres pais es basses marches de Normendie, connestable de l'ost de monseigneur de Salisbury cappitaine gênerai ordonné par le roy nostre dit seigneur sur le fait de la gerre en son royaume de France, certifions a toulx que Jehan Gourdel, viconte de Vire, a par nostre ordonnance et commandement servi au siège devant Maine la Juhez pour le gouvernement des charettes, charpentiers, pionniers, maçons et manouvriers de sa dicte viconté, ouquel voyage il a esté et vaqué par l'espace de xlv jours, comme lui estoit ordonné, et dont le dit viconte n'a eu aucun paiement ne satisfacion. De laquelle chose le dit viconte nous a requis ces lettres pour lui valloir en ses comptes ce qu'il appartendra. Donné au dit lieu de Maine la Juhez, soubz le seel de noz armes, le xxixe jour d'octobre l'an mil iiiic xxv.

(Bibl. Nat., Quittances, t. Sj, n° 486.)

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