NOVEMBRE, ARDEVON
Montre de 20 lances et de 60 archers de la retenue de Nicolas Burdett, bailli du Cotentin et capitaine de la bastille d'Ardevon, pour tenir le siège devant le Mont-Saint-Michel, prise devant la dite bastille par Guillaume Biote, vicomte de Carentan.
Monstre de xx lances et lx archiers de la retenue de messire Nicole Bourdet, chevalier, bailli de Coustantin et cappitaine de la bastide d'Ardevon, pour tenir le siège par terre devant le Mont Saint Michiel, prise devant la dicte bastide par moy Guillaume Biotte , viconte de Carenten , commissaire de monseigneur le régent en ceste partie, le douzième jour de novembre l'an mil ccccxxiiii. Et premièrement
Lances a cheval :
Jehan Wade. William Michel. Jehan Sterre i. Thomas Howton. William Hille. Thomas Lobbys. Jehan Alain. Jehan Herye. James of Are. Richart Hogh. Gycon Hybard. Wautier Smalley. Jehan Hille. Jehan Snelle. William Redeman. Robin Johnson. Jehan Lewes. Phelippin Godfrey. Richar Sorefer. Jehan le Petit.
Archiers a cheval :
Emond Grenelane. Geffery Gaby^ Jehan of Hely. Jehan Protwich. Richart Hykes. Jehan Jacson. Jehan Blackemor. Thomas Pontier. Jehan Trumpet. Pierres Rebe. Thomas of Kent. Robert Gedrington. Richart Wyght. Henry Jehan. Andreu Perche. Robert of Borowe. Thomas Rowley. Rayn^d Man. Jehan Furnest. Jehan Honne. Thomas Legge. Thomas HoUin. Richart Man. William Brewer. Jehan Williamson. Richar Alewyn. William Smyth. Richart Phelippe.
I. C'est ce Jean ou John Sterre qui s'était fait octroyer en août 1423 la lettre de rémission dont nous avons publié le texte (Voyez plus haut le n" XXI, p. 128 et 129).
l66 CHRONIQUE DU MONT-SAINT-MICHEL
Jehan of Burton. Richart Wastel. NicoU Marryck. Jehan of Cloyne. Thomas Boton. Hewe Fraunceys. Jehan Derby. Jehan Gamelyn. Thomas Brakle. Andrieu Bringham. Jehan William. Jehan of Fen. William Barbour. Jehan Wyst. Edward Cause. Jehan Andreu. Richart Mortemer. Jehan Cokkyng. Gybon Brukfeld. Jehan Botel. Thomas Stopford. Estiennet de la Noe. Jehan of Brimebey. Richart Lightwod. Jehan Harbotel. Jehan Frampton. Robert Wastel. Wautier Fawel. Thomas Rotherham. Jehan Alcot. Thomas Boffebury. Jehan Afeyn. Biote.
{Arch. Nat., sect. hist., K 62, n<> 7712.)
1424, 25 NOVEMBRE, BASTILLE d'aRDEVON
Nicolas Burdett, bailli du Cotentin, commissaire du roi en cette partie, mande au vicomte de Cherbourg de sommer de nouveau tous les nobles et non nobles de sa vicomte, tant Anglais, Normands que autres, de prendre les armes et de se rendre, avant le jeudi suivant, aux environs d'Avranches pour aider le dit Burdett à résister aux ennemis qui sont en force sur les champs bien près de ces basses marches et se préparent à attaquer la bastille d'Ardevon.
Nicolas Burdet, chevalier, sire de Bonnebos, grant boutillier de Normendie, bailli de Costentin, commissaire du roy nostre souverain seigneur en ceste partie, au viconte de Chierbourg i ou a son lieutenant, salut. Comme puis n'a
I. A la date du 8 mai 1419, la vicomte de Valognes avait été supprimée, et le siège de cette vicomte transféré à Cherbourg. Cette translation de siège est constatée dans des lettres de provision d'office octroyées à cette date à Guillaume Girot(Mém. du la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, n» 542). Toutefois, un mandement du 18 août 1429 est adressé au vicomte de Valognes [Mém. de la Soc. de l'hist. de Paris, V, 3o5) ; et si, le 16 février 143 1, Thomas Pellevc est mentionné comme vicomte de Cherbourg (Bibl.. Nat., Quitt., t. 63, n" i5i6), Thomas de Clamorgan, écuyer, est qualifié vicomte de Valognes, e 2 mars 1432 (Ibid., t. 64, n" i 757}.
gaires, pour aucunes nouvelles certaines qui nous estoient entrevenues des ennemis et adversaires du roy nostre dit seigneur, qui estoient assemblez et encorres sont a puissance sur les champs bien près de ces basses marches, tous prestz courir devant nous en ceste bastille d'Ardevon et ailleurs sur le dit pais, vous aions envoyé nostre mandement patent pour faire savoir, tant par cry gênerai que autrement, deuement a tous les nobles et non nobles de vostre viconté, tant Anglois, Normans que autres, qui ont acoustumé eulx armer, se meissent sur en armes et fussent dès en jour d'ier en certain lieu auprès d'Avrenches ou ilz verroient autres Anglois assembler pour faire service au roy nostre dit seigneur, ainsi que ordonné leur seroit, sur paine de confiscation de corps et de biens et d'estre repputez pour traistres et desobeissans au roy nostre dit seigneur dont vous ne eulx n'avés fait aucune diligence , dont nous sommes très mal comptens et penssons a vous en pugnir griefment. Et neantmoyns, pour ce que nous sommes deuement acertenez de l'assemblée des diz adversaires et de leur dicte venue qui est toute preste d'entrer es dictes marches, nous, pour résister a leur dampnable entreprinse au mieux que pourrons pour le bien et proffit d'icellui seigneur et de son pais, vous mandons de rechief et très expressément enjoingnons, de par le roy nostre dit seigneur et mon très redoubté seigneur monseigneur le régent le royaume de France, duc de Bedford, et nous, que tantost et sans delay vous faictes de rechief savoir, tant par cry gênerai, a son de trompe que autrement, deuement a tous les diz nobles et autres, qui ont acoustumé eulz armer en vostre dicte viconté, [qu'il] se mettent promptement sur en armes, chascun selon sa puissance, et se trayent hastivement et dedens jeudy prochainement venant, montez en armes sufiisanment, au dit lieu d'auprès Avrenches , ainsi que par nostre aultre mandement leur estoit mandé faire sur les paines dessus dictes, pour faire service au roy nostre dit seigneur, a mon dit seigneur le régent et a nous, en nous certiffiant dedens le dit temps de tout ce que fait en avez a fin deue. Donné en la bastille d'Ardevon le samedi xxv° jour de novembre l'an mil iiiic xxiiii. J. de Mante.
{Bibl. Nat., Quittances, t. 56, no35o.)
l68 CHRONIQUE DU MONT-SAINT-MICHEL
Henri VI mande aux baillis et vicomtes de Caen et du Cotentin, à la requête de maître Pierre de Clinchamp, maître es arts et l'un des familiers de Vévéque de Londres, fils de feu Guillaume de Clinchamp et de Robinesa seconde femme, de mettre la dite Robine, le dit Pierre et ses frères et sœurs germains, en possession des biens qui leur ont été restitués par lettres patentes de Henri F, quoique Richard et Colin, dits de Clinchamp , fils du dit feu Guillaume et de sa première femme et frères consanguins du dit Pierre, soient allés depuis longtemps hors de l'obéissance du roi d'Angleterre et n'aient pas cessé de tenir le parti des ennemis.
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons a tous presens et advenir nous avoir esté humblement exposé pour la partie de nostre amé maistre Pierre de Clinchamp, maistre es ars et familier continuel de nostre amé et féal conseillier l'evesque de Londres i, contenant que, jasoit ce que despieça feu Guillaume de Clinchamp 2, jadis son père , et Robine 3^ a présent vesve du dit Guillaume, et aussi le dit suppliant, Jehan, Perrault, Thomas, Guillaume, Guillemet, Perrine, Alienor et autres, ses frères et seurs, eussent et aient obtenu lettres patentes de feu nostre très chier seigneur et père, cui Dieu pardoint, sur la restitucion et délivrance de leurs terres, cens, rentes, revenues, héritages et possessions, avec de leurs appartenances
1 . Jean ou John Kempe, d'abord chapelain de Henri V dont il était en même temps l'historiographe et l'un des favoris, évêque de Chichester le 26 juillet 142 1, de Londres le 20 août suivant, archevêque d'York le 8 avril 1426, cardinal le 18 décembre 1439, archevêque de Canterburyle 21 juillet 1452, mort le 22 mars 1454.
2. Le 8 novembre 1419, Henri V maintint Guillaume de Clinchamp, écuyer, en possession de ses biens et héritages {Reg. des dons, p. 128).
3. Est-ce cette Robine, désignée sous le nom de « madame de Clinchamp », qui obtint de Henri V, le 16 avril 141 8, des lettres de répit pour faire hommage de seigneuries qui lui avaient été données par le roi d'Angleterre? {Ibid., p. 17 et 18.)
et appendances, et que d'icelles ilz aient joy et usé paisiblement et encore font de présent, neaiitmoins, soubz umbre de ce que Richard i et Colin, diz de Clinchamp, frères du dit suppliant, et enfans du dit feu Guillaume, jadis son père, et d'une autre femme qu'il eut espouse'e paravant la dicte Robine, mère du dit suppliant, par leur simplesse, mauvais conseil ou desplaisance, se partirent despieça du lieu de leur nativité et s'en alérent hors de l'obéissance de nostre dit feu seigneur et père et de nous, ne onques puis ne retournèrent ne ne scet le dit suppliant se ilz sont mors ou vifs 2^ il doubte que, pour leur absence, aucuns noz officiers ou aultres ne voulsissent es biens demourez du decez de leur dit feu père mettre ou donner aucun empeschement qui pourroit redonder en son très grant grief et préjudice, se par nous ne lui est sur ce pourveu de nostre grâce, si comme il dit, requérant humblement icelle. Pour ce est il que nous, ces choses considérées et les bons et aggreables services que le dit maistre Pierre de Clinchamp a faiz a feu nostre dit seigneur et père en la compaignie de nostre dit conseillier l'evesque de Londres et autrement, et qu'il fait chascun jour a nous et a nostre très chier et très amè oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford 3... Si donnons en mandement... aux baillis et vicontes de Caen et Coustantin... Donné a Paris le xxviii^ jour de novembre l'an de grâce mil cccc xxnn, et de nostre règne le tiers. Ainsi signé : par le roy, a la relacion de monseigneur le régent le royaume de France, duc de Bedford. Parker.
(Arch. Nat., sect. hist., JJ ijS, m" S^.}
1 . Richard et Colin de Clinchamp faisaient partie de la garnison du IVlont- Saint-Michel dans la compagnie de Guillaume des Biards, chevalier banneret, à la date du i" juin 142 1 (voyez plus haut, n» XIII).
2. Sur la liste des défenseurs du Moût dressée en 1427, Richard de Clinchamp figure sous le n» 64 (D. Huynes, Hist. du Mont-Saint-Michel, éd. E. de Robillard de Beaurepaire, II, 1 17).
3. Si les Anglais comblaient de faveurs les membres du clergé ralliés à leur parti, en revanche les Normands restés fidèles étaient sans pitié pour ces renégats. C-'est ainsi que les « brigands » du Bessin prirent plaisir à dévaliser le prieur de Lingèvres trahi par son propre chapelain {Arch. Nat., JJ 1/3, n" 73).
lyO CHRONIQUE DU MONT-SAINT-MICHEÎ.
1424, 2 3 DÉCEMBRE, BASTILLE d'aRDEVON
Nicolas Burdett , bailli du Cotentin , commissaire délégué par le roi et le régent de France pour tenir par terre le siège devant le Mont- Saint-Michel, mande au vicomte de Carentan de payer 53 livres tournois à Richard Colibert qui a travaillé pendant cent deux jours entiers, depuis le i3 septembre précédent, à la construction de la bastille d'Ardevon, en qualité de maître des œuvres de la dite bastille.
Nicolas Burdet, chevalier, seigneur de Bonneboz, grant bouteillier de Normandie, bailli de Costentin, commissaire et cappitaine de par le roy nostre souverain seigneur et de très hault et puissant prince et mon très redoubté seigneur monseigneur le régent le royaume de France, duc de Bedford, pour tenir par la terre le siège devant la place et forteresse du Mont Saint Michiel, au viconte de Carenten ou a son lieutenant, salut. Comme pour subjuger, recouvrer et mettre en l'obéissance du roy nostre souverain seigneur la ville et forteresse du dit Mont Saint Michiel, nous avons fait faire et edifRer auprès de la dicte place une bastille située et assise a la rive d'Ardevon le plus près que avons peu de la dicte forteresse et, pour icelle ediffier, avons fait venir Richart Colibert, cherpentier, lequel, par l'avis et deliberacion de plusieurs des gens et officiers du roy nostre dit seigneur et par le conseil des autres charpentiers et ouvriers, pour faire edifBer icelle bastille, avons ordonné, commis et establi le dit Colibert mestre des euvres de la dicte bastille, et fait faire plusieurs abillemens pour assaillir la dicte place du Mont Saint Michiel en laquelle il a continuellement besoingné et ouvré par le temps et espasse de cent deux jours entiers commençans le xin^ jour de septembre derrain passé, pour chascun desquielx jours et aussi pour quatre jours de venir et s'en retourner a sa maison qui est a xnii lieues ou environ de la dicte bastille, nous lui avons taussé et tauxons par ces présentes dix soulz tournois par jour qui montent
en somme toute cinquante trois livres tournois. Si vous mandons que, des deniers de vostre recepte, vous paiez et délivrez au dit Colibert la dicte somme de lui livres tournois et, par rapportant ces présentes et quitance d'icellui Colibert, nous prions et requérons a nos seigneurs les gens des comptes du roy nostre dit seigneur a Paris que icelle somme ilz alouent en voz comptes et rabatent de vostre recepte, ainsi qu'il appartiendra. Donné en la dicte bastille soubz le petit seel aux causes du dit bailliage le xxiu« jour de décembre l'an mil quatre cens vingt et quatre. F. de Mante.
(Bibl. Nat., Quittances, t. 56, n" 36 0.)