‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468)Chapitre 109 sur 115 · MAI, BOIS-SIRE-AMÉ · texte numérisé non relu

MAI, BOIS-SIRE-AMÉ

Lettres de Charles VII faisant mention de l'occupation, en 1434, par les nobles et communes de la vicomte de Caen de l'abbaye fortifiée de Saint-Etienne de cette ville dont les fortifications dirent abattues par les Anglais à la suite de cette occupation.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receue l'umble supplicacion de noz bien amez les religieux, abbé et couvent de Saint Estienne de Caen contenant que, comme la dicte abbaie soit d'ancienne fondacion et depuis long temps de l'auctorite', congié et licence de nostre prédécesseur le roy Jehan, cui Dieu pardoint, ait esté environnée de haulx murs, tours et fossez jusques en l'an mccccxxxiiii que les nobles et communes de la viconté de Caen, durant le temps que noz anciens ennemiz et adversaires les Anglois occupoient le pais de Normandie, voulans remettre et redduire la dicte ville en nostre obéissance, se vindrent logier en la dicte abbaie, et, depuis leur partement d'icelle abbaie, nos dis ennemiz pillèrent, prindrent et emportèrent tous les biens estans dedens icelle, et avec ce abatirent grant partie de la dicte muraille jusques aux fondemens ; et, à ces causes, et pour obvier aux inconveniens qui au temps avenir s'en pourroient ensuir, les dis supplians feroient voulentiers joindre et venir la dicte abbaie à la dicte ville auprès de la porte de Plsle Regnault, par devers la Prarie et à l'endroit du boulevert estant près la dicte abbaie et l'église de Saint Martin, où l'en dit les bourgois de Caen vouloir ediffier une tour et la dicte abbaie enclorre dedens icelle ville, s'il nous plaisoit leur octroyer sur ce noz congié et licence, si comme ilz nous ont humblement fait remoustrer, en nous humblement requérant que, attendu que la dicte abbaie est

près de la dicte ville, aisie à fortiffier, et n'y a pas grant distance des murs d'icelle abbaie aux murs de la dicte ville, et que, se aucuns ennemis venoient devant icelle ville pour l'assiéger, que Dieu ne vueille , la dicte abbaie seroit en péril d'estre abattue et destruicte, qui seroit dommage irréparable, il nous plaise leur octroyer nos dis congié et licence. Pourquoy, nous, les choses dessus dictes considérées, et que par le moien de la dicte closture et union les relligieux d'icelle abbaie y pourront plus seurement demourer et y faire et continuer le divin service et aussi les reliques, dont il y a grant quantité, estre en plus grant seurté, aus dis religieux, abbé et couvent supplians, pour ces causes et autres à ce nous mouvans, et par l'advis et deliberacion des gens de nostre grant conseil, avons donné et octroyé, donnons et octroyons, de nostre certaine science, grâce especial, plaine puissance et auctorité roial, par ces présentes, congié, licence et auctorité de faire faire et relever leur muraille abatue, icelle abbaie clorre, et leur dicte muraille et fossez joindre, unir et enclavera perpétuité à la dicte tour et aux murs et fossez de nostre dicte ville de Caen, et l'enclorre dedens icelle ville au mieulx et plus prouffitablement que faire se pourra auprès de la dicte porte de l'Isle Regnault par devers la Prarie et à l'endroit du dit boulevert estant près la dicte abbaie et l'église de Saint Martin où les dis bourgois veullent faire édifier une tour ', comme l'en dit, en tele manière qu'il n'y aura aucune separacion ou division contre la dicte tour et muraille d'icelle abbaie et la closture de devers la Prarie, et que de la muraille d'icelle ville on puisse ou pourra l'en aler et venir sans empeschemeut, division ou empeschement quelconques sur la muraille et closture qui sera edifnée en la dicte abbaie. Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à nostre très chier et amé cousin le conte de Richemont, con-

i. La construction de cette tour était en pleine voie d'exécution au mois de septembre H58, et Ton montait les matériaux à l'aide d'un c tonneau terrier, ouquel a deux roes, et en chascune des dictes roes deux hommes pour guynder et monter le mortier en hault par un engin où tstoit liée une estamperche, sur lequel hault d'icelle tour on recevoit en ung bacquet, en forme d'une cuvete, duquel l'on enlieve, par une corde passant par pollies depuis le bas d'icelle tour jusques en hault, le mortier » JJ 187, nn 319.

nestable de France, à nostre capitaine de Caen... Donné au Bois Sire Ame le xxixe jour demay l'an de grâce mil cccc cinquante cinq et de nostre règne le xxxinme. Ainsi signé : par le roy en son conseil. Daniel.

(Arch. Nat., sect. hist.,JJ 187, n° 144.)

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