N. ST.), 4 MARS. SAINT- LÔ
Mention d'un messager envoyé de Saint-Lô à Paris par Hue Spencer, bailli du Cotentin, à Jean, duc de Bedford, au sujet de la démolition projetée des fortifications de l'abbaye de Savigny, parce que l'on savait par des espions que l'intention des Français était de se rendre maîtres des dites fortifications pour être en mesure de courir le pays environnant et de le mettre à rançon.
Hue Spencier, escuier, bailli de Costentin, au viconte de Carenten, salut. Nous vous mandons et chargons que des deniers de vostre recepte vous paies, bailliés et délivrés à Jehan Pevrel, demourant à Saint Lo, pour sa peine et sallaire d'estre allé, par nostre commandement et ordonnance, du dit lieu de Saint Lo à Paris devers très hault et très puissant prince et nostre très redoubté et honnouré seigneur monseigneur le régent le royaume de France, duc de Bed-
PIÈCES DIVERSES 6l
ford, lui porter certains memores, lettres et advis fais n'a gaires à Carenten par hault et puissant seigneur monseigneur de Scalles et messire Raoul le Saige, chevalier, seigneur de Saint Pierre, conseillier du roy nostre sire, nous en leur compaignie et plusieurs autres conseilliers et officiers du roy nostre dit seigneur, sur le fait de la tuicion et garde de ceste basse marche pour le bien de la seigneurie, et auxi de la demolicion et abattement des voultes et autres fortifficacions estant en l'abbaye de Savigny, pour ce que on avoit certaines nouvelles par espies que c'estoit l'intencion d'aucuns ennemis et adversaires du roy nostre dit seigneur de eulx y venir en brief bouter et icelle tenir et fortifier pour appatisser et venir courir le pais de ceste basse marche.... Donné à Saint Lo le ime jour de mars l'an mil cccc trente quatre. Boulengier.
[Bibl. Nat., Quittances, t. 68, n° 2477.)
1435 (N.ST.), 25 MARS, REGNÉVILLE
Mention d'un messager envoyé par Hue Spencer, bailli du Cotentin, de l'abbaye de Savigny à Rouen vers les gens du conseil du roi Henri VI pour leur annoncer que le dit bailli avait fait démolir la dite abbaye de Savigny.
Hue Spencier, escuier, bailli de Costentin, au viconte de Coustances ou à son lieutenant, salut. Comme n'a gaires Phelipin du Hamel, messagier à pié, soit allé par nostre commandement et ordonnance de l'abbaie de Savigny en la ville de Rouen porter lettres closes à mes seigneurs du conseil du roy nostre sire en Normandie que leur éscripvions
contenans que, par vertu de leur mandement et commission, nous avions fait démolir et abatre les voultes, fortifficacion et emparement de la dicte abbaye deSavigny; euquelvoiage le dit messagier ait vacqué, tant allant, séjournant pour avoir sa recepcion que en soy retournant, par l'espace de quatorze jours entiers, auquel messagier nous aions tauxé pour chascun des diz jours la somme de sept solz six deniers tournois, que montent pour les diz quatorze jours au dit prix la somme de cent et cinq solz tournois. Nous vous mandons que... Donné à Renieville soubz le petit seel aux causes du dit bailliage le xxve jour de mars l'an mil cccc trente et quatre. Mondreville.
(Bibî. Nat.j Quittances, t. 68, n° 24g3)
1435 (N. ST.), 9 AVRtL, ROUEN
Mention du désemparement de la bastille d'Ardevonpar la garnison anglaise qui l'occupait, composée de 80 lances et de 240 archers et placée sous les ordres de Thomas, sire de Scales, capitaine de Domfront, laquelle garnison, ne pouvant tenir tête à des forces françaises supérieur es, prit le parti d'évacuer la dite place après l'avoir désemparée et se retira, à partir du 20 janvier 1435, d'abord à Cérences, où elle rejoignit le dit seigneur de Scales, ensuite sur Avranches, où elle alla grossir le corps d'armée du comte d'Ai-undel.
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angle* terre, à noz amez et feaulx les trésoriers et generaulx gouverneurs de noz finances en Normandie et pais de conqueste, salut et dilection. De la partie de nostre amé et féal Thomas, sire de Scales, capitaine de Dampfront, nous a esté ex-
posé que, par lettres et endentures faites avecques lui eu mois de novembre derrenierement passé, il a eu charge et ordenance de quatrevins lances et les archiers, sa personne en ce comprinse, pour estre et demourer en nostre service tant pour la garde de la bastille d'Ardevon n'a gaires estant auprès du Mont Saint Michiel comme pour destraindre noz adversaires qui occupent la place du dit lieu du Mont et autrement, à noz gages et regars accoustumez, avecques estât pour sa personne, lequel sire de Scales et les gens de sa dite retenue jusques au dit nombre, depuis le temps des dictes lettres et endentures, ont servy à la garde de la dicte bastille et eu paiement jusques au douziesme jour de janvier derrenierement passé et depuis ont continué leur dit service jusques au vintiesme jour du dit mois que noz diz adversaires et autres rebelles d'aucunes parties de nostre dit pais se sont mis ensemble en très grant nombre environ la dicte bastille pour aler devant la ville d'Avranches. Par quoy furent contrains les souldoiers de la dicte retenue estans en la dicte bastille de desemparer icelle pour eschever à plus grant inconvénient, et sont demourez le dit sire de Scales et ceulx de sa dicte retenue sans paiement depuis le dit douziesme jour de janvier jusques au vintiesme jour d'icellui mois qui font huit jours entiers, et ne peurent lors faire aucunes monstres pour ce que le pais estoit lors telement environné et emply des diz adversaires que les commissaires ordenez à recevoir les monstres des diz souldoiers ne eussent peu aler ne eulx tenir au lieu ordené à faire les dictes monstres. Et au partement de la dicte bastille d'Ardevon s'en alèrent les diz souldoiers ensemble jusques à quatrevins lances et les archiers et autres qui estoient en leur compaignie devers le dit sire de Scales en la ville de Serenses, lequel sire de Scales les mena devers nostre très chier et féal cousin le conte d'Arundell, nostre lieutenant gênerai sur le fait de la guerre, qui lors s'estoit trait en celle marche pour résister aus diz adversaires et rebelles, en la compaignie duquel ilz alèrent en la dicte ville d'Avranches et ou pais environ où ilz ont servy soubz le dit sire de Scales jusques au quatriesme jour de février derrenierement passé inclus, pour lequel temps ilz n'ont eu aucun paiement de leurs gages, regars et estât dessus dit, ja soit ce que le cinquiesme jour du dit mois de fe-
vrîer le dit sire de Scales ait fait monstre de soixante et dix lances et les archiers à cheval pardevant les commissaires à
ce ordenez Donné à Rouen le ixe jour d'avril l'an de
grâce mil cccc trente et quatre avant Pasques, et de nostre règne le tresiesme, soubz nostre seel ordené en l'absence du grant. Par le roy, à la relacion du Conseil estant à Rouen ouquel monseigneur le régent, les abbez de Fescamp et du Mont Saint Michiel, le sire de Saint Pierre et autres plusieurs estoient.
(BibL Nat., Titres originaux, t. 2ÔSç, au mot Scales.)