‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468)Chapitre 24 sur 115 · N. ST.), 9 AVRIL, ROUEN · texte numérisé non relu

N. ST.), 9 AVRIL, ROUEN

Henri VI retient Thomas, sire de Scales, à la charge de 5o lances à cheval, de 20 lances à pied et de 210 archers, lesquels hommes d'armes et archers tiendront garnison à Saint- Jean-le- Thomas pour bloquer la garnison française du Mont-Saint-Michel, dont le désemparement de la bastille d'Ardevon a redoublé V audace et pour s'opposer aux entreprises de la dite garnison.

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, à noz amez et feaulx les trésoriers generaulx gouverneurs de noz finances de Normendie et pais de conqueste, salut et dilection. Comme par endentures faictes avecques nostre amé et féal le sire de Scales ou mois de novembre derrenierement passé, le dit sire de Scales fust demouré chargié de la garde de la bastille d'Ardevon estant lors auprès du Mont Saint Michiel au nombre de quatrevins lances et archiers à cheval, sa personne en ce comprinse, pour avoir paiement des gages et regars accoustumez pour le temps, et selon ce que contenu est es dictes endentures, et depuis la

dicte bastille d'Araevon ait esté desemparée à l'occasion de la venue de noz adversaires qui à puissance se sont boutez ou pais et en la marche, et par ce ne soient demourez aucunes gens au dit lieu d'Ardevon, mais ait eu et tenu le dit sire de Scales jusques à présent en nostre service sur les champs certain nombre de gens d'armes et de trait à lui limité et ordené, et soions deuement advertiz des grans maulx et dommages que nos diz adversaires du dit Mont Saint Michiel, depuis le desemparement de la dicte bastille d'Ardevon, ont faiz, font de jour en jour et pourroient encores plus faire sur noz subgiez, se provision et résistance n'y estoit mise, tant par courses, par appatissemens comme autrement en pluseurs manières, savoir vous faisons que nous, ce considéré, par l'advis et deliberacion de nostre Conseil estant à Rouen devers nostre très chier et très amé oncle le gouvernant et régent nostre royaume de France, duc de Bedford, avons de nouvel retenu et retenons par ces présentes le dit sire de Scales au nombre et à la charge de cinquante lances à cheval et de vint lances à pié avecques les archiers, la personne du dit sire de Scales comprinse, pour les avoir et tenir au lieu de Saint Jehan de Thomas pour destraindre ceulx du dit Mont Saint Michiel et obvier à leurs emprinses, à noz gages et regars accoustumez dont paiement sera fait des deniers de noz dictes finances à commencier du jour des premières monstres que le dit sire de Scales fera des dictes cinquante lances à cheval, vint lances à pié et les archiers pardevant le viconte, le mareschal et l'esleu d'Avranches lesquelx ou les deux d'eulx nous avons commis et commettons à ce et de là en avant selon la forme, condicions et manières contenues es dictes endentures faictes avec le dit sire de Scales pour la dicte bastille d'Ardevon lesquelles quant à ce demeurent en leur force et vertu, excepté en tant que touche le nombre des dictes lances et archiers de ceste présente retenue, duquel nombre les cinquante lances et les archiers à cheval seront tousjoursprests pour estre en nostre service sur les champs à courses, chevauchées et à sièges, se mestiers est, quant requis en seront de par nous, nostre dit oncle, le lieutenant ordené sur le fait de la guerre et les gens de nostre Conseil ; les autres gens que pardevant avoit le dit sire de Scales pour les champs,

après six jours oultre la date de ces présentes, cassez et demourans sans gages. Si vous mandons.... Donné à Rouen le ixe jour d'avril l'an de grâce mil cccc trente et quatre avant Pasques, et de nostre règne le tresiesme, soubz nostre seel secret en l'absence du grant. Par le roy, à la relacion du grant Conseil estant à Rouen ouquel monseigneur le conte d'Arundell, les abbez de Fescamp et du Mont, le chancellier de monseigneur le régent, messire Jehan Ffastolf, monseigneur de Saint Pierre et plusieurs autres estoient. J. Milet.

[Bibl. Nat., Quittances, t. 68, n° 25 oo.)

Mandement relatif au payement d'une somme de 6 livres tournois à Thomas Pays, Anglais, à Jean Jossequinson et à Colin Dorel, lesquels ont livré à la justice Jeanne la Hardie condamnée à être enfouie toute vivante à Falaise sous l'inculpation de complicité avec les adversaires du roi de France et d'Angleterre.

Richart Haryngton, chevalier, bailli de Caen, au viconte de Faloise ou à son lieutenant, salut. Nous vous mandons que des deniers de vostre recepte vous paiez, bailliés et délivrez à Thomas Pays, Anglois, Jehan Jossequinson et Colin Dorel la somme de six livres tournois à eulx deuz pour leur paine et salaire d'avoir prinse et délivrée à la justice Jehanne la Hardie, ennemie et adversaire du roy nostre dit sire et recepteure, conseillante et favorisante des brigans, ennemis et adversaires de nostre dit seigneur, laquelle pour ses démérites a esté puis n'a gaires excecutée au dit lieu de

Faloize, c'est assavoir enfouye toute vive • soubz la haulte justice du dit seigneur au dit Faloize.... Donné à Caen le xxvie jour d'avril l'an milcccc trente cinq. N. Huet.

[Bibl. Nat., Quittances, t. 68, n° 25oj.)

Mandement de Henri VI mentionnant le massacre de douce cents de ses sujets perpétré dans le ressort de la vicomte de Falaise.

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, aux vicontes de Faloise et de Caen ou à leurs lieuxtenans, salut. De la partie des enffans soubzaagiés de feu Hamon Perier nou a esté donné à entendre en complaignant que Phelippin le Cloutier, soy portant lieutenant en la viconté de Faloise de nostre bailli de Caen, les a grevés, fait tort etdeffailli de faire droit en certaine cause pendant pardevant lui tant en ce qu'il a fait certain jugié ou jugiés sur les diz soubzaagiés pour deffaulx non vaillables tantost après le temps de l'inconvénient et tuerie qui fut en la viconté de Faloise en laquelle furent mors douze cens de noz subgiez entre lesquelz le père d'iceulx soubzaagiés fut occis et tué : pour laquelle occision et que le peuple estoit encore troublé, comme encore est de présent, les diz soubzaagiés, leurs tuteurs ou gardans qui sont demourans à village loing du dit

t. Le 4 septembre i\36, Jean Lesmerillon, maître exécuteur de la haute justice de Falaise, donna quittance d'une somme de 28 sous 4 deniers qui lui avait été allouée pour avoir procédé à cette exécution, à savoir 5 sous pour avoir mené la victime au gibet, 10 sous pour avoir creusé la fosse, 10 sous pour l'avoir enfouie, enfin 3 sous 4 deniers pour deux paires de gants [Quilt., t. jo, n' 2g20).

lieu de Faloise n'y eussent peu ou osé aler ou envoyer.... Donné à Rouen le xvne jour de may l'an de grâce mil mie trente cinq et de nostre règne le xme, soubz nostre seel ordonné en l'absence du grant. Ainsi signé : par le Conseil. J. de Mauroy.

(Bibî. Nat., Quittances, t. 68, n° 2540.)

GLXXIV

1435, l3 AOUT

Mention d'une «. détrousse » de la garnison anglaise de Tombelaine parla garnison française du Mont-Saint-Michel.

Robert Jozel, lieutenant gênerai de noble homme Hue Spencier, escuier, bailli de Costentin, au viconte de.Coustances, salut. Nous vous mandons que des deniers de vostre recepte vous paies et délivrés à Richart Bougon, messagier, pour estre allé de Coustances à Vallongnes porter lettres closes escriptes de par les lieutenant et viconte d'Avranches à monseigneur de Saint Pierre, conseillier du roy nostre sire, contenans la destrousse que avoient faicte les averssaires du roy nostre sire de la place du Mont Saint Michiel sur les gens de la garnison de Tombelaine afin que hastivement icelle fust rafreschie de gens d'armes pour la seurté d'icelle, et pour avoir porté à Renierville devers monseigneur le bailli les lettres de mon dit seigneur de Saint Pierre contenans response des dictes lettres, en quoy le dit messagier a vaqué par quatre jours ; pour ce, à lui tauxé xxx solz tournois. Item, pour ung autre voiage fait du dit lieu de Coustances à Avranches et avoir porté devers le viconte et esleu du dit lieu l'exécutoire de certain mandement pour faire assiette sur la dicte vicomte de la somme de deux

cens livres tournois pour convertir et emploier eu paiement de certaines gens d'armes ordonnez estre prins et esleuz pour l'ayde et force des sugés du roy nostre sire contre les adversaires du roy nostre dit seigneur, et du dit lieu d'Avranches estre aie à Vallongnes porter lettres closes à mon dit seigneur de Saint Pierre contenans que les adversaires du roy nostre sire estans en Bretaigne menoient forte guerre contre les Bretons et qu'ilz en avoient prins grant nombre et menez prisonniers à Craon et à la Gravelle où les diz aversaires s'estoient retraiz.... Donné soubz nostre seel le xme jour d'aoust l'an mil cccc trente cinq. Dixnis.

(Bibl. Nat., Quittances, t. 68, n° 2588.)

GLXXV

1435, l5 AOUT

Mention d'une bastille en charpente préparée par les Français près de Redon au milieu de bois appartenant au seigneur de Laval et chargée sur quatre navires qui doivent la transporter entre Coutances, Granville et Régnéville pour servir de point d'appui aux opérations des partisans de Charles VII contre ces trois places.

Robert Josel, lieutenant gênerai de noble homme Hue Spencier, escuier, bailli de Costentin, au viconte de Coustances, salut. Comme par certains marchans venans du pays de Bretaigne eust esté rapporté que, en icellui pays de Redon, enung hostel et boys appartenant au sire de Laval, les ennemis et adversaires du roy nostre sire faisaient faire certain grant nombre de charpenterie que l'en disoit estre pour venir asseoir une bastille en aucune place d'avantaige en pays de Normendie pour grever les sugez du roy nostre sire; et il

soit ainsi que, les dictes nouvelles venues à la congnoissance du lieutenant de la ville de Coustances, par l'adviz et deliberacion de plusieurs des gens et officiers du roy nostre sire, ait esté envoyé au dit pays de Bretaigne Estiennot Aubin pour espyer, savoir et enquérir segrettement de l'oeuvre et façon d'icelle bastille et de l'intencion des diz adversaires afin d'en rapporter vraies nouvelles, lequel Aubin soit aie eu dit pays et lieu où l'en disoit estre icelle charpenterie et rapporte que la dicte charpenterie estoit chargée en quatre navires sur la mer en intencion de venir asseoir la dicte bastille entre Coustances et Granville ', et aussi avoir esté entre les diz adversaires qui estoient ordonnez et assemblez pour venir par terre recueillir le dit boys et faire la dicte bastille ; entre lesquelx estoit langaige que leurs diz navires et charpenterie avoient passé le Rast et qu'ilzavoient esté rencontrez et mis en fuyte par navires d'armée du pays d'Angleterre et que les diz adversaires, en atendant autres nouvelles, yroient courir et piller les forbours de Nozé 2 et ailleurs eu dit pays de Bretaigne et qu'ilz se retrairoient à Craon et à la Gravelle.... Donné soubz nostre seel le xve jour d'aoust l'an mil cccc trente cinq. Dixnis.

(Bibl. Nat., Quittances, t. 68, nn 258g.)

i. On lit dans un autre document, en date du 12 août t435, relatif à cette même bastille en charpente, que les Français voulaient l'établir « en certaine forte place d'avantage ■» auprès de Régnéville (Quiit., t. 68, n" 2585).

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