I44.4 (N. ST.), 27 JANVIER, SA1NT-LÔ
Mandement de Hue Spencer, bailli du Cotentin, relatif à une somme de i,5oo livres tournois à lever sur les habitants du dit bailliage de Cotentin que Bertin Entwesvill, chevalier, seigneur et baron de Bricquebec, récemment sorti des prisons des Français, disait lui avoir été promise et à rengagement pris par Jean Durevie, au nom des habitants des ville et vicomte de Valognes, de payer au dit Bertin pour leur quote part 3oo livres tournois et en outre 100 livres tournois, à la volonté et au nom privé du dit bailli; la dite somme de i,5oo livres tournois étant destinée à indemniser le baron de Bricquebec de ce que lui et ses gens avaient livré à la justice un grand nombre de rebelles ennemis du roi dont ils auraient pu tirer de grosses rançons.
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Hue Spencier, escuier. bailli de Costentin, salut. Comme de la partie de noble homme messire Bertin Entwesvill, chevalier, seigneur et baron de Briquebec, de nouvel venu des prisons des ennemis du roy nostre sire, eust esté exposé aux bourgois, manans et habitans de la ville et viconté de Valloignes la prinse de certain grant nombre de gens ennemis du roy nostre sire prins par le dit chevalier et ses gens, dont plusieurs d'iceulx en grant nombre furent rendus à la justice du roy nostre dit seigneur affin que ilz fussent pugnis comme traitres et gueteurs de chemins, sur lesquelx jugement et sentence fut faicte et donnée ; moiennant laquelle chose dessus touchie, ensemble la recompensacion de certains che-
vaulx et hernois que disoit avoir perdus le dit chevalier à la poursuite de la prinse d'iceulx, lui eust esté, comme il disoit, promis la somme de mil et cinq cens livres tournois sur les manans et habitans du dit bailliage, requérant la dite somme lui estre paiée et d'abondant lui estre fait don eu dit bailliage, oultre la somme dessus dite, de la somme de cinq cens livres tournois ; sur quoy les dis bourgois, manans et habitans n'eussent pas voulu baillier leur consentement sans délibérer avec les autres villes et vicontés du dit bailliage ; maiz, pour faire qu'il appartiendroit, eussent passé procuration ; — savoir faisons que, pardevant nous bailli dessus dit, en ceste ville de Saint Lo, le xxvne jour de janvier l'an mil quatre cens quarante trois, s'est comparu Jehan Durevie, procureur de la dicte ville et viconté de Valloignes, lequel, en l'onneur, révérence et contemplacion du dit chevalier et de nous, affin de lui aidier de soy acquittier de sa rançon, congnoissant la volenté et intencion des bourgois et habitans de la dicte viconté de Valloignes qui de leur ceur ayment et désirent lui faire honneur, plaisir et aide, combien que ilz soient grandement chargiés en plusieurs et diverses manières, fut d'acort que icelle viconté lui faiche don et aide de la somme de trois cens livres tournois et cent autres livres, à nostre volenté et ordonnance, en nostre nom privey, moiennant que les dis bourgoys, manans et habitans demeurent quittes de tout ce que le dit chevalier leur eust peu ou pourroit demander pour les causes dessus touchies sans aucun préjudice et sans acceptacion de la promesse allegie par le dit chevalier et aussy sans conséquence pour le temps avenir, condicion telle que de la dicte somme ne sera fait paiement ne assiette jusques au jour Saint Jehan prouchain venant et par ce aussy que le dit chevalier, avant la dicte assiette, sera tenu avoir et pourchacier à la cour du roy nostre sire, à ses despens, lettre de congié et consentement de lever la dicte somme sur les dis habitans. En tesmoing de ce, nous avons seellé ces présentes du petit seel aux causes du dit bailliage, presens à ce maistre Mathieu Boutebosc, Jehan Farry et Richart Gyhommars. J. de Caumont.
. (Bibl. Nat., Quittances, t. 8i,nn 4g38.)