LE VINOT-QUATRE AOUT
« Saignez! salgnpz\i»
Mot du maréchal 4ê Tavmmes.
Après avoir quitté sa compagnie , le capitaine George courut à sa maison ; espérant y trouver son frère ; mais il l'avait déjà quittée après avoir dit aux domestiques qu'il s*absentait pour toute la nuit. Greorge en avait conclu sans peine qu'il était chez la comtesse , et il s'était empressé de l'y chercher. Mais déjà le massacre avait commencé ; le tumulte , la presse des assassins , et les chaînes tendues au milieu des rues l'arrêtaient à chaque pas. U fut forcé de passer auprès du Louvre , et c'était là que le fanatisme déployait toutes ses fureurs. Un grand nombre de protestants habitaient ce quartier , envahi en ce mçment par les bourgeois catholiques et les soldats des gardes, le fer et la flamme à la main. Là, pour me servir de l'expression énergique d'un écrivain contemporain*, le sang courait de toits côtes cherchant la rivière , et l'on ne pouvait traverser les rues sans courir le risque d'être écrasé à tout moment par les cadavres que Ton précipitait des fenêtres.
Par une prévoyance infernale , la plupart des bateaux qui d'ordinaire étaient amarrés le long du Louvre avaient été conduits sur l'autre rive ; de sorte que beaucoup de fugitifs qui couraient au bord de la
* D'Aubigné, Histoire universelle.