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nac , puis à Moncontour, et toujours relâché sans rançon par le frère du roi ' , malgré les instances d'une partie de ses capitaines , qui le pressaient de sacrifier un homme trop dangereux pour être épargné , et trop honnête pour être séduit. Charles pensa que La Noue se souviendrait de sa clémence , et le chargea d'exhorter les Rochelois à la soumission. La Noue accepta, mais à condition que le roi n'exigerait rien de lui qui ne fut compatible avec son honneur. Il partit , accompagné d'un prêtre italien qui devait le surveiller.
D'abord il éprouva la mortification de s'apercevoir qu'on se défiait de lui. Il ne put être admis dans la Rochelle , mais on lui assigna pour lieu d'entrevue un petit village des environs. Ce lut à Tadon qu'il rencontra les députés de la Rochelle. Il les connaissait tous comme l'on connaît de vieux compagnons d'armes ; mais à son aspect pas un seul ne lui tendit une main amie , pas un seul ne parut le reconnaître , il se nomma et exposa les propositions du roi. La substance de son discours était : — Fiez-vous aux promesses du roi ; la guerre civile est le pire des maux.
Le maire de la Rochelle répondit avec un sourire amer : — Nous voyons bien un homme qui ressemble à La Noue, mais La Noue n'aurait pas proposé à ses frères de se soumettre à des assassins. La Noue aimait feu M. l'Amiral , et il aurait voulu le venger plutôt que de traiteravec ses meurtriers. — Non , vous n'êtes point La Noue î
Le malheureux ambassadeur , que ces reproches perçaient jusqu'à l'âme, rappela les services qu'il
1 Le duc d'Anjou , depuis Henri III.
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avait rendus à la cause des calvinistes , montra son bras mutilé , et protesta de son dévoûment à sa religion. Peu à peu la méfiance des Rochelois se dissipa ; leurs portes s'ouvrirent pour La Noue ; ils lui montrèrent leurs ressources, et le pressèrent même de se mettre à leur tête. L'offre était bien tentante pour un vieux soldat. Le serment fait à Charles avait été prêté à une condition que l'on pouvait interpréter suivant sa conscience. La Noue espéra qu'en se mettant à la tête des Rochelois il serait plus à même de les ramener à des dispositions pacifiques ; il crut qu'il pourrait en même temps concilier la fidélité jurée à son roi et celle qu'il devait à sa religion. Il se trompait.
Une armée royale vint attaquer la Rochelle ; La Noue conduisait toutes les sorties, tuait bon nombre de catholiques ; puis, rentré dans la ville, exhortait les habitants à faire la paix. Qu'arriva-t-il 1 Les catholiques criaient qu'il avait manqué de parole au roi ; les protestants l'accusaient de les trahir.
Dans cette position, La Noue, abreuvé de dégoûts, cherchait à se faire tuer en s' exposant vingt fois par jour.
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