‹ Chronique du règne de Charles IXChapitre 58 sur 103 · DE THOMAS · texte numérisé non relu

DE THOMAS

* Les Paterniens.

» Thomas 1«% père de Thomas II.

* Son frère , qal l'avait aidé à commettre son parricide. » Mahomet II.

* Ce mot signifie seigneur des seigneurs. C'est le titre du pacha de Bosnie. RadiYoï n'en fut jamais revêtu , et Mahomet se garda bien de laisser en Bosnie un seul des rejetons de la famille roya(e.

' On sait que le Grand Seigneur fait présent d'un riche caftan OD pelisse aux grands dignitaires au moment où ils vont prendre . possession de leurs gouvernements.

' Proverbe des esclaves turcs qui reçoivent un ordre.

* Thomas II fut en effet écorché vif.

** Maglanovich avait vu des bombes et des mortiers , mais il ignorait que l'Invention de ces instruments de destruction était bien postérieure à Mahomet II.

LE MORLAQUE À VENISE

Quand Prascovie in*eut abandonné , quand j'étais triste et sans argent , un rusé Dalmate vint dans ma montagne et me dit : Viens à cette grande ville des eaux , les sequins y sont plus communs que les pierres dans ton pays.

Les soldats sont couverts d*or et de soie , et ils passent leur temps dans toutes sortes de plaisirs. Quand tu auras gagné de l'argent à Venise , tu reviendras dans ton pays avec une veste galonnée d*or et des chaînes d* argent à ton hanzar *.

Et alors , ô Dmitri ! quelle jeune fille ne s'empressera de Rappeler de sa fenêtre et de te jeter son bouquet quand tu auras accordé ta guzlat Monte sur mer , crois-moi , et viens à la grande ville , tu y deviendras riche assurément.

Je Tai cru , insensé que j'étais , et je suis venu dans ce gratid navire de pierres ; mais Tair m*étouffe , et leur pain est un poison pour moi. Je ne puis aller où je veux, je ne puis faire ce que je veux ; je suis comme un chien à l'attache.

LE MOfiLAQUE k VENISE. 393

Les femmes se rient de moi quand je parle la langue de mon pays , et ici les gens de nos montagnes ont oublié la leur, aussi bien que nos vieilles coutunnes : je suis un arbre transplanté en été , je sèche , je meurs.

Dans V ma montagne , lorsque je rencontrais un homme , il me saluait en souriant , et me disait : Dieu soit avec toi , fils d'Alexis ! Mais ici je ne rencontre pas une figure amie , je suis comme une fourmi jetée par la brise au milieu d'un vaste étang.

NOTES

* La république de Venise entretenait à sa solde un corps de soldats nommés esclavons. Un ramassis de Morlaques, Dalmates, Albanais, composait cette troupe, très-méprisée à Venise, ainsi que tout ce qui était militaire. Le sujet de «ette ballade semble être an jeune Morlaque malheureux en amour, et qui s'est laissé enrôler dans un moment de dépit.

Ce chant est fort ancien , à en juger par quelques expressions maintenant hors d*usage, «t dont peu de vieillards peuvent encore donner le sens. Au reste , rien n*est plus commun que d'entendre chanter à un joueur de guzla des paroles dont il lui serait impossible de donner une explication quelconque. Ils apprennent par cœur, fort jeunes, ce qu'ils ont entendu chanter à leur père, et le répètent comme un perroquet redit sa leçon. 11 est malheureusement bien rare aujourd'hui de trouver ces poètes illyriens qui ne copient personne et qui s'efforcent de conserver une belle langue, dont l'usage diminue tous les jours.

* Grand couteau qui sert de poignard au besoin.

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