XVI ' PRÉFACE
ration. En effet , si elle eût existé , le duc de Guise devait nécessairement y prendre part; et alors , pourquoi ne pas retarder de deux jours sa vengeance de famille , afin de la rendre certaine ? pourquoi compromettre ainsi la réussite de toute l'entreprise , seulement pour avancer de deux jours la mort de son ennemi ?
Ainsi , tout me paraît prouver que ce grand massacre n'est point la suite d'une conjuration d'un roi contre une partie de son peuple. La Saint-Barthélemy me semble l'effet d'une insurrection populaire qui ne pouvait être prévue, et qui fut improvisée.
Je vais donner en toute humilité mon explication de l'énigme.
Coligny avait traité trois fois avec son souverain , de puissance à puissance; c'était une raison pour en être haï. Jeanne d'Albret morte , les deux jeunes princes, le roi de Navarre et le prince de Condé , étant trop jeunes pour exercer de l'influence , Coligny était véritablement le seul chef du parti réformé. A sa mort, les deux princes, au milieu du camp ennemi, et pour ainsi dire prisonniers , étaient à la disposition du roi. Ainsi la mort de Coligny , de Coligny seul , était importante pour assurer la puissance de Charles, qui peut-être n'avait pas oublié un mot du duc