V. 77. Variante. Cel de l'orgoeil du monde , MS
V. 78. Il veut parler ici d'Agnès Sorel et de sa nièce , la demoiselle de Villequier, toutes deux successivement maîtresses de Charles VII. La dernière accompagnait partout Charles VII avec une suite de belles filles, choisies par elle, pour mieux conserver sa puissance sur l'esprit du roi. (Buchon.)
V. 82. Jacques Cœur, argentier de Charles VII, seigneur de Meiinetou-Salon, de Toucy, de Saint-Fargeau, de Champignelles , de Mézilles, etc. (Buchon.)
Consultez les Mémoires de Bonamy, réimprimés par M. Buchon à la fin du tome XllI de son édition de Monstrelet,
Argentier. La plupart des auteurs croient que l'argeulier du roi était le surintendant des finances , mais du Cange dit que c'était celui à qui les trésoriers royaux étaient obligés de remettre tous les ans une certaine somme des revenus du roi , pour être employée aux dépenses de sa maison , et l'argentier était tenu d'en rendre compte à la chambre des comptes.
Bi
F.ECOLLECTION.
85 Que, depuis la fortune, Veis movuMi- en exil , Après frauldes mainte une Faite au roi par cas vil.
J'ay veu par excellence 90 Ung jeune de vingtz ans , Avoir toute science , Et les degrez montans ,
V. 86. Il mourut, dit-on , dans l'ile de Chio , où il est enterré dans l'église des Cordeliers. (^oy. t. XIII de Monstrelet, p. ôoô et suiv. ; et Mathieu de Coussy, ch. cix, même Colleciion.) (Buchon.)
Bonamy prouve que tout ce qu'on a débité de la retraite de ce grand homme dans l'île de Chypre, est une pure fable. Jacques Cœur ne se retira pas, suivant lui, dans ce pays, mais en Italie, et mourut en combattant les infidèles à la tète des troupes de l'Église. En 1435, il était à Rome où le pape Nicolas V lui fit le meilleur accueil, et il dut mourir dans l'expédition envoyée par le pape Calixte III contre les Turcs, en 1456, et qui débarqua à l'ile de Chio, où Jacques Cœur fut en effet enterré.
V. 86. VciSf M. Buchon écrit vcîst, en rapportant ce verbe à fortune.
V. 87 et 88. Chastellain avait-il adopté les accusations calomnieuses dont Jacques Cœur avait été la victime? Oui d'après ce texte, non d'après celui d'un MS. deBrux, déjà cité : Par ( après) bonté mainte une Faitte au roypar ychil {tcelui).
V. 90. Le Journal de Paris (prem. édit. , pag. 200 et réimpression de M. Buchon, pag. 537), parle d'une manière circonstanciée de ce prodige auquel le ch. VIII de Mathieu de Coussy est aussi consacré. Ce jeune savant était d'Espagne et vint à Gand trouver le duc, de Bourgogne. « Il y avoit des « plus sages, dit Coussy, qui faisoient grand doubte qu'il n'eust acquis sa « science par art magique et que ce ne fut l'Antéchrist , ou quelqu'un de ses « disciples. » Ces sages recoururent à leurs livres et se confirmèrent dans leur opinion, en y lisant que l'Antéchrist devait naitre en temps de guerre de l'union adultère d'un père chrétien et d'une mère juive ; qu'il serait , à son insu, possédé du diable qui lui communiquerait sa science; que jusqu'à l'âge de vingt-huit ans il serait chrétien et visiterait les princes, mais que dans sa vingt-neuvième année il irait à Jérusalem où les Juifs l'adoreraient comme Dieu; qu'il y régnerait jusqu'à sa trente-deuxième année, et, pendant ce règne, commettrait tant d'excès que Dieu pour le punir, le fi'apperait de sa foudre : dénouement qui aurait lieu vers la fin du monde.
Soy vantant sçavoir dire Ce qu'oncques fut escripl , 95 Par seulle foiz le lire,
Comme ung jeune antécrist.
Par fortune senestre Veiz à l'oeil vivement Le grant duc de Gloceslre 100 Meurdrir piteusement;