‹ Chronique métrique de Chastellain et de MolinetChapitre 48 sur 72 · V. 640. Edouard IV, son père, le fit mourir. (Buchon · texte numérisé non relu

V. 640. Edouard IV, son père, le fit mourir. (Buchon

V. 640. Pour le moins ennuyer, le mot ennuyer n'a pas dans ce vers le sens

92 RECOLLECTION.

J'ay veu , comme il me semble , \]n^ fort homme d'honneur Luy seul chanter ensemble , Et dessus , et teneur :

645 Olbeken, Alexandre, Jossequin , ne Bugnois Qui sçayvent chantz espandre Ne font telz esbannois.

que nous lui donnons aujourd'hui; il signifie causer du mal. Le supplice du duc de Clarence, qui devait d'abord être horrible , fut adouci à la prière de sa mère. Chron. scand., dans le Commines de 1723, p. 240.

V. 641. L'admiration de Molinet pour un musicien qui chantait tour-à-tour et dessus et teneur, est d'autant plus étonnante , qu'alors la musique était trèsflorissante eu Belgique. MM. Kiesewetter et Fétis l'ont suffisamment fait voir, et le Dictionnaire des Musiciens , publié récemment par le dernier, prouve en détail ce que son Mémoire avait établi d'une manière plus générale.

Olbeken , est vraisemblablement Jean Ockergen , appelé aussi Ockeghem et Ockenheim ,ou peut-être c'est Jacques Obrecht, son contemporain ; les autres sont Alexandre Agricola , Jossequin des Prés , maître de chapelle de Maximilien, et Antoine Bugnois , doyen de Furnes, que Molinet loue ailleurs, ainsi que Louis Compère. Au reste nous avons cité tous ces noms dans une Lettre sur quelques particularités de l'histoire musicale en Belgique, publiée il y a plus de trois ans dans le Recueil encyclopédique belge, et qui a reparu corrigée dans le Dimanche , II, 259-329. Pour le remarquer en passant, nous avons rapporté dans cette lettre des vers flamands de Nicolas de Clercksur Louis Van Vaelbeke, qui avait inventé une nouvelle manière van stampien. Sans rien décider sur ce point, nous avions demandé à M. Fétis si ce mot ne désignait pas un procédé de notation perfectionné, ce que le verbe hoert n'excluait pas , car on pourrait dire : qui trouva une manière d'écrire les notes telle qu'on les entend encore chanter. M. A. Van Hasselt, dans une lettre à M. Fétis, donne à ce mot, à l'aide d'un autre passage flamand, inconnu quand nous écrivions , le sens de dictier, et croit que Van Vaelbeke n'était pas un simple fabricant de rebecs mais un ménestrel ; c'est ainsi qu'il entend le mot vedelare. 11 n'est peut-être pas indifférent de remarquer qu'au quinzième siècle un Jean Van Vaelbeke imprimait à Bologne et à Vienne. Si Des Roches avait su cette circonstance, il n'aurait pas manqué de dire que c'était une famille d'imprimeurs dont Louis fut le chef.

RECOLLECTION. 93

J'ay veu clerc de villaige 650 Manger ung gros raton,

Une poulie volaige ,

TJng quartier de mouton;

Du pain plein une mande

Bouter en ses boyaulx; 655 Ne sçay comme la pance

Ne luy rompt des morseaulx.

J'ay veu en Vallenciennes , Quand droit là me tournay, Va-tost faire des siennes 660 Et aller à Tournay

V. 649. Strophe reproduite dans les Mélangés tirés d'une grande bihlioth., p. 319.

V. 655. Mande, panier; ce mot est conservé dans les patois wallon et rouchi. Foirle Dictionnaire de M. Hécart.

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