‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 132 sur 315 · conquesté B · texte numérisé non relu

conquesté B

[1357] DU KIY*^ SIÈCLE. 123

Auney et l'abbaie du Val et Messi et pluseurs autres forteresses, les unes par argent et les autres par force. Moût ot de petites besoingnes et de rencontres par le royaume de France. Environ^ ce temps faisoit guerre Phelippe de Navarre pour le roy son frère, qui estoit prisonnier, et couroit lui et ses gens jusques prés de Paris. Lors requistrent au régent ceulz des m estaz, que pour celle guerre cesser il feist délivrer le roy de Navarre de prison, mais il dist que à ce ne s'accorderoit mie sans le congié du roy son père.

En ce temps fut mené le roy Jehan de Bordeaux en Engleterre et fut ordonné un traitié, lequel le roy Jehen envoia à Charles^ son filz par Régnant d'Assi, qui estoit son advocat. De ces lectres ne peurent riens savoir ceulz des m estaz par le régent ne par son conseil, dont ilz se doubterent et conseillèrent ensemble d'occire le conseil du régent. Après le prevost des marchans et li eschevin^ assemblèrent grant planté du commun de Paris en armes, et alerent au palais en la chambre du régent, et par devant lui occirent Robert* de Cleremont, mareschal de France, et le mareschal de Ghampaigne, et par eulz fut occis Régnant d'Assi hors le palais, en une maison où il se cuida mettre à garent. Et pour la mort d'iceulz fut le régent en grant doubte de mort, mais le prevost des marchans lui bailla son chapperon, qui estoit tel que ceulz de leur aliénée portoient pour eulz ensaigner. Moult desplut au régent l'outraige que on lui avoit fait et la

',\ 1. Ici reprend le ms. 5610.

l 2. Charles manque B.

'. 3. li eschevin manque A, B. • -

\ 4. Regnault 5610.

subjection, en quoy ceulz le tenoient. Et pluseurs nobles de France en eurent grant deul et s'assemblèrent "* pluseurs chevaliers et autres, et les mena le Bègue de Villaines à Corbueil et prindrent la ville soudainement et la fourrèrent, pour ce que c'estoit la ville qui plus soustenoit de vivres ceulz de Paris. Quant le prevost des marchans sceut ce fait, il fist armer ceulz de Paris et les fist yssir aux champs par la porte Saint Anthoinne pour eulz monstrer, et tantost sans rentrer en la ville, il les fist mouvoir et les mena à Corbueil, et fut par un jour de jeudi absolu en la fin de l'an mil CGC LVii. Tant alerent ceulz de Paris en celle nuit et en celle vesprée, que l'endemain bien matin furent à Corbueil, mais n'y trouvèrent mie ceulz qui la ville 'avoient fourrée, car ils s'estoient partiz et mis en pluseurs forteresses, dont retournèrent ceulz de Paris.

Et tantost fist le prevost des marchans et ceulz des m estaz délivrer le roy de Navarre par Jehan de Pinquigny, qui estoit^ gouverneur d'Artois, et tant fist que il print et emprisonna cellui qui le gardoit en la forteresse d'Alleux enPaluel, et es toit nommez Tristant du Bois, chevalier. Moût fut le chevalier requis et contrains par Jehan de Pinquigny de lui rendre et délivrer le roy de Navarre , mais ce ne voult Tristan du Bois accorder. Dont lui osta Jehan de Pinquigny son seel et fist lettres à son plaisir et les scella du dit seel, et tant fist que le roy de Navarre fut mis hors de la forteresse et fut conduit jusques à Amiens. En ce temps furent lettres apportées à Amiens de par les

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