contrassiegez B
et l'autre Rimilly, que les Englois tenoient, et seoient icelles forteresses à deux lieues de Beaumont le Roger. Mais les Englois , qui estoient à Tuebeuf et au Plessis Buret et en pluseurs autres forteresses sur les marches de Normendie, du Perche et du Maine, seurent ce que Phelippe de Navarre avoit empris et s'assemblèrent et vindrent si soudainement, que Phelippe de Navarre n'en sceut riens jusques à ce que il les vit devant lui. Et lors ordonna ses gens hastivement pour aler combatre. Mais les Englois descendirent à pié selon le costé d'un vilaige et mistrent derrière eulz un dosage fort, là où ilz firent pluseurs brèches, et là mistrent leurs chevaulz et leurs variez, qui [ne] leur povoient valoir au combatre, et devant eulz getterent grant foison de branches esparcies par le champ et firent fossés et pluseurs empeschemens pour les François, se ilz leur feussent venuz courre seure. Par quoy Phelippe de Navarre ne fut pas conseillé de les aler'^ combatre en leur place, et se tint devant eulz deux jours et II nuiz, tousjours tout prest pour combatre. Et au tiers jour, un Englois appelle Glainville et un sien compaignon, qui estoient dedens Remilly, rendirent la forteresce à Phelippe de Navarre devant leurs gens. Et iors les Englois, qui estoient venuz pour les ii forteresses secourre, firent- traitié d'eulz en aler sauvement et ceulz de l'autre forteresse, appellée Quinquernon, et par ainsi la rendirent. Et lors les Englois s'en râlèrent en leurs forteresses, et Phelippe de Navarre s'en revint à Beaumont et là départi ses gens.