‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 2 sur 315 · Voir p. 119, 126, 117 et suiv · texte numérisé non relu

Voir p. 119, 126, 117 et suiv

4. Voir notamment p. 106-107, récit du combat de Mauron ; 126-127, menées du roi de Navarre.

VJ INTRODUCTION

1357, au moment des guerres des Navarrais, il fait l'éloge des seigneurs normands, qui « n'estoient de riens aux gaiges « [du régent], et moult vaillanment se portèrent ceulz du « pais en cellui temps et depuis tousjours pour leur droit « seigneur ^ » Dire quelle ville, quelle partie de la Normandie lui avait donné naissance, nous serait impossible ; sa chronique ne fournit sur ce point aucune indication...

Dès les premières pages de la partie originale de son ouvrage, notre auteur marque sa prédilection pour la Normandie et les Normands ; c'est ainsi qu'en 1338, il n'oublie pas de mentionner avec détail l'expédition dirigée par les marins normands contre l'île de Guernesey^ Ce n'est toutefois qu'après la bataille de Poitiers que les guerres de Normandie deviennent son sujet favori; avant 1356, il s'occupe assez souvent des autres provinces du royaume, mais passé cette date et jusqu'en 1369, sauf de rares, très rares exceptions, il ne parle que de la Normandie et des Normands. Jusqu'au traité de Brétigny, il s'occupe principalement de la guerre entre Navarrais et royalistes ; une fois le traité signé, quand il s'agit de le faire exécuter, de faire évacuer le pays par les brigands anglais et navarrais qui le ravagent, ce sont les campagnes de duGuesclin, de Guillaume du Merle, de Mouton de Blainville qu'il s'attache à nous raconter avec force détails. A peine mention ne- t-il en passant la bataille de Briguais, une expédition du duc de Bourgogne dans ses états, les campagnes d'Eustache d'Auberchicourt; s'il accorde une page à la bataille d'Auray, c'est pour parler du rôle qu'y joua son héros favori, du Guesclin. Au fond cette partie de notre chronique est de beaucoup la plus intéressante. La lecture des notes de notre

INTRODUCTION. vij

sommaire qui se rapportent à cette période prouvera qu'on peut presque toujours accepter les dires de notre auteur, et que, sauf certaines erreurs chronologiques que nous corrigeons, le récit des faits est généralement exact et d'accord avec les renseignements fournis par les documents diplomatiques.

Nous venons de voir qu'à partir de la bataille de Poitiers, l'auteur ne s'occupait guère que de la Normandie ; avant 1 356, sans négliger cette province, il s'intéresse également à l'histoire des autres parties du royaume. Il connaît la topographie de certains pays du nord de la France , de la Picardie , de l'Artois et du Hainaut , presqu'aussi bien que celle du pays normand. Il a certainement fréquenté les environs de Paris, séjourné peut-être à Ermenonville, à Beauvais, à Meaux, etc. ; il parle également des provinces de Bretagne, de Maine et d'Anjou en homme qui les a parcourues. Pour les pays au sud de la Loire, ses renseignements sont plus vagues; il connaît personnellement une partie du Poitou, les environs de Saintes, peut-être AiguiUon et certains cantons de l'Agenais ; mais il ne paraît pas avoir visité le reste du royaume ; s'il nomme Avignon, Carcassonne, Toulouse, Tarascon, quelques localités de Bourgogne et de Champagne , la manière même dont il parle de toutes ces villes donne à penser qu'il n'en connaissait que le nom. Il en est de même pour l'Espagne; son récit des trois campagnes de Castille (1367-1369) est en général exact, mais on y trouve plusieurs erreurs géographiques ^ qui donnent à croire qu'il ne passa pas luimême les Pyrénées, et qu'il dut ses renseignements à quelque compagnon d'armes de du Guesclin,

On peut rendre compte de toutes ces particularités, en supposant notre auteur originaire de la Normandie, y pas-

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