mars
C. Froissart (IV, 112) appelle le chef anglais « Brandebourch ».
Il y eut encore en France , en Poitou , en Bretagne et en Gascogne, vers la même époque, beaucoup de combats, dont la chronique ne fait pas mention (Page 100).
Prise de Lusignan et de plusieurs autres villes du Poitou par Charles d'Espagne et le sire de Beaujeu. Arnoul d'Audrehem, délivré de prison, est envoyé par le roi Jean en Limousin et en Périgord^ Défaite d'Arnoul près de Comborn^. Les Anglais et les Gascons étaient commandés par Arnaut d'Albret, Émélion de Pommiers, Aimeri de Tartas, le sire de Montferrant et le Bascon de Mareuil. Deux chevaliers français, Jean de Nerve et Damp James de Beauval, sont tués. Arnoul d'Audrehem n'échappe que grâce au bâtard de Sancy, qui lui-même est fait prisonnier. Le roi Jean envoie ensuite le sire de Beaujeu à Saint-Omer^ (Pages 100-101).
Vers le même temps, Geoffroi de Charni-*, Eustache de Ribemont et Oudart de Renti ^, délivrés de prison , arrivent à Saint- Omer. Jean de Beauchamp, capitaine de Calais, et son frère Louis" viennent fourrager aux environs de Saint-Omer. Le maré-
1. Arnoul d'Audrehem ne demeura pas longtemps prisonnier après le combat de La Chapelle-Saint-Georges (1«'' au 8 avril 1351); dès 'e 24 avril 1351, nous le trouvons à Angoulême, où il prend le titre de « capitaine et gouverneur du conté et ressort d'Angolesme pour noble et puissant ])rince monseigneur Charles d'Espagne » (Arch. nat., JJ 84, n° 224). Nommé maréchal à la fin de juin 1351, il devint lieutenant du roi « es pais d'entre les rivières de Loire et de la Dordogne », le 6 mars 1352 (Arch. nat., JJ 81, n° 607) : mais il exerçait cette charge dès le 1"" février de la même année (Arch. nat., JJ 82, n" 155).
2. Le combat de Comborn (Corrèze, cant. de Vigeois) est postérieur au 8 juillet 1353; un des chevaliers qui furent tués dans cette rencontre, Darap James de Beauval, figure dans la montre des gens d'armes de l'hôtel d'Arnoul d'Audrehem, maréchal de France, passée à Limoges, le 8 juillet 1353 (Bibl. nat., Coll. Clairambault, titres scellés, vol. 7, doss. Audenehan).
3. Ici notre chroniqueur revient sui ses pas, car la présence du sire de Beaujeu, maréchal de France, à Saint-Omer, nous reporte avant juin 1351.
4. Malgré l'avis contraire de M. Luce (Froissart, IV, xxxviii, n. 2), Geoffroy de Charni put être mis en liberté , au moins provisoire, avant le milieu de l'année 1351, par conséquent avant le combat d'Ardres. Toutefois il ne fut envoyé par le roi dans le nord de la France avec un titre officiel qu'au commencement de l'année 1352.
5. Dès le 14 février 1350, Oudart de Renti avait reçu du duc de Normandie 300 écus d'or pour l'aider à payer sa rançon (Arch, uat., KK 7, f» 43 b).
6. Le frère de Jean de Beauchamp ne s'appelait pas Louis, mais Thomas, et étail comte de Warwick.
chai de Beaujeu, son frère Guichard, le comte de Porcien, Moreau de Fiennes, Geoffroi de Gharni et Oudart de Renti les attaquent près de la ville d'Ardres. Défaite des Anglais. Mort du maréchal de Beaujeu; prise de Jean de Beauchamp^ Le château de Guines est livré aux Anglais par Hue de Beauconroy , qui fut depuis écartelé à Saint-Omer^ (Pages 101-102).
1. Le combat d'Ardres fut livré, suivant Froissart (IV, 115), le lundi de la Pentecôte, 6 juin 1352 {lisez 1351). Bien que la date d'année donnée par Froissart soit inexacte, on peut acce|>ter la date de jour qu'il indique avec une légère correction; car d'une part il est certain que le sire de Beaujeu était mort avant le 30 juin 1351 (Froissart, IV, xlvi, n. l), et d'autre part, le 20 juin 1351, Robert du Herle fut nommé par Edouard III capitaine de Calais en remplacement de Jean de Beauchamp (Rymer, III, i, 222). Enfin Gilles li Muisis (p. 412) donne pour date à ce combat le mercredi après la Pentecôte 1351, c'est-à-dire le 8 juin; cette dernière date est probablement la véritable, Gilles li Muisis étant généralement très bien informé.
2. D'après les Grandes Chroniques (VI, 5-6) le château de Guines fut livré aux Anglais pendant les fêtes que donna Jean II à l'occasion de la fondation de l'ordre de l'Étoile; or celte fête eut lieu le 6 janvier 1352: d'autre part Robert d'Avesbury {Hist. Edwardi III, p. 188) dit que la place tomba par surprise aux mains des Anglais vers la Saint-Vincent, c'est-à-dire vers le 22 janvier 1352. On peut donc considérer comme certain que le fait se passa au mois de janvier ; c'est du reste ce que dit Gilles li Muisis, p. 416. De plus il n'est pas impossible de concilier le texte des Grandes Chroniques et le récit de Robert d'Avesbury; il y eut bien surprise, mais cette surprise eut lieu de connivence avec le capitaine de la place. Hue de Biauconroy : « Les Anglais traitierent avecques un de ceux à qui la garde du dit cbastel estoit bailiiée, nommé Guillaume [sic) de Biauconroy, et par tra'ison, sans ce que deffense y fust mise, y entrèrent. » L'acte suivant, du 24 février 1352 (n. st.), nous donne le droit d'être affîrmatif sur ce point; il confirme pleinement le récit de notre chroniqueur ([ui a donné au traître son véritable nom, Hue, tandis que les Grandes Chroniques le nomment Guillaume : « Geffroy de Charny, chevalier et conssellier du roy nostre sire, estant ])our le dit seigneur es parties de Picardie et sur les frontières de Flandre et d'Artois, à Jehan de l'Ospital, clerc des arbalestriers d'icelui seigneur ou à son lieutenant, salut. Nous vous mandons que vous bailliez et délivrez à monseigneur Gauvain de Bailleu, chevalier, la somme de deux deniers d'or à l'escu pour faire mestre en geine Hue de Biauconrray pour la souspeçon de la traison du chastel de Guynes, sans prendre
quitance du dit Gauvain, quar aussi n'en a point prins Donné à Saint
Orner, soubz nostre scel, le xxmi° jour de février, l'an mil ccc cinquante et un » (Bibl. nat., Pièces oricj., vol. 683, doss. Charny, n° 9, orig.).
Arnoul d'Audrehem devient maréchal de France en remplacement du sire de Beaujeu^ La même année, 1353, Geoffroi de Charni est nommé lieutenant du roi Jean en Picardie^; sous lui sert Robert d'Houdetot, maître des arbalétriers 3. Geoffroi de Charni fait une bastide contre le château de Guines, dans une abbaye de femmes située dans la ville même'*. Elle est attaquée inutile- Gilles Il Muisis (p. 416) ne nomme pas le traître, mais dit que la place fut livrée pendant l'absence du châtelain, Tassard de Bouvelinghem, mandé à Paris par le roi. Geoffroi de Charni eut d'autant plus raison de punir cette trahison, qu'une trêve d'un an avait été conclue avec les Anglais, quelques mois auparavant, le 11 septembre 1351 (Hymer, III, i, 232).
1. Arnoul d'Audrehem devint en effet maréchal de France après la mort d'Edouard, sire de Beaujeu, mais ce fut en juin 1351. Dans un acte du 21 juin 1351 (Arch. nat., JJ 80, n° 495), Arnoul n'est encore qualifié par le roi que de «■ miles et consiUarius noster », tandis que dans un autre acte daté de Saint-Ouen, « au mois de juin », on lui donne déjà le titre de maréchal (Arch. nat., JJ 81, n" 110); ce fut donc entre le 21 et le 30 juin 1351 qu'Arnoul fut nommé maréchal.
2. Geoffroi de Charni remplit par le fait les fonctions de lieutenant du roi en Picardie, mais il n'en prend point le titre dans ses actes ; il se dit « chevalier et conseiller du roy estaiiz pour le dit seigneur es parties de Picardie et sur les frontières de Flandre » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 683, doss. Charni/, n-" 6, 10, II).
3. Robert d'Houdetot, maître des arbalétriers, était encore capitaine général « en la duché do Normendie » au mois d'août 1351 ; par un acte du 11 de ce mois, étant à Caen, il déclare que « par nous et de nostre commandement et contrainte Guillaume Michiel, viconte de Faloise, a baillié à Pierre Chauveau, clerc des arbalestriers et trésorier des guerres es parties de Normendie, la somme de 600 1. 1. pour la très grant nécessité qui estoit pour icelle somme bailler et distribuer aus gens d'armes du dalphiné de Vienne ordennés pour aler en Costenlin pour la garde et
deffension du pays » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 1537, doss. Hou-
deiot, n" 4. orig.). En 1352 il se rendit effectivement, comme le dit notre chroniqueur, en Picardie; le 14 juillet 1352, il était à Andres (Pas-de- Calais, arr. de Boulogne-sur-Mer, cant. de Guines) et envoyait au clerc des arbalétriers la montre de Jean de Belleferière, écuyer, « pour la garde et establie de l'abbaye de Guines » {Ibid., n° 9, orig,). L'année suivante, Robert d'Houdetot revint en Normandie; le 9 juin 1353, il résidait à Saint-Lô (Ibid., W 10, orig.).
4. Geoffroi de Charni dut établir la bastide de Guines au printemps de l'année 1352; en tout cas, au mois de juin, elle existait depuis quelque temps déjà; le 28 de ce mois, à Saint-Omer, Geoffroi manda au clerc des arbalétriers d'indemniser des marchands qui avaient apporté des vivres à la garnison : « comme en l'encommencement de la bastide du roy
ment par les garnisons anglaises de Guines et de Calais. Nombreuses escarmouches entre les deux partis. Une nuit, 600 Anglais de Calais, commandés par le capitaine de Calais, Robert de Herle, Pierre d'Audeley, le sire de Hastings* et son frère, viennent assaillir la bastide pendant la nuit. Les gens du guet, commandés par Valet de Villiers et le sire de Woincourt, sont d'abord battus, mais les Anglais finissent par être repoussés. Nouvelle tentative des Anglais contre la même bastide, une nuit où étaient de garde Sarrasin Betencourt, le sénéchal d'Eu et Noël d'Auffay ; elle est également repoussée. La bastide était alors commandée parle sire de Bavelingehan^. Plus tard elle fut donnée en garde à Robert de Varignies^ et enfin à Cornu de Ramille, sur lequel les Anglais la conquirent pendant les trêves (Pages 102-103). A cette époque Geoffroi de Charni, le maître des arbalétriers.
monseigneur lez le chastel de Guines, nous eussions promis ans marchans qui ameneroient vivres en l'ost que nous les garderions de perde {sic] et dornaige » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 683, doss. Charny, n° 11).