Vaas, Sarthe, arr. de la Flèche, cant. de Mayet
G. Sans doute Ruillé-sur-le-Loir, Sarthe, arr. de Saint-Calais, cant. de la Chartre-sur-le-Loir.
7. C'est le lieu dont les deux localités suivantes du canton du Grand- Lucé (Sarthe, arr. de Saint-Calais) ont gardé le souvenir : Saint-Vincent-du-Lorouer et Saint-Pierre-du-Lorouer.
8. Du Guesclin dut faire une extrême diligence, comme le dit notre chroniqueur. Le l'='' décembre il était encore à Caen ; le 6 décembre, à Saumur (voir plus loin), et la bataille de Pontvallain avait eu lieu dans l'intervalle. Il dut prendre la grande route, la seule praticable au milieu de l'hiver et par suite passer par Alençon ; de Caen à Alençon, il y a environ 100 kil., d'Alençon au Mans, 50 kil., du Mans à Saumur, par la Flèche, environ 90 kil., total 240 kil. parcourus en 4 jours, avec une troupe à cheval ; on comprend que le connétable ait dû marcher nuit et jour et laisser une partie de ses troupes en arrière.
9. Du Guesclin avait si bien marché qu'il avait gagné les Anglais de vitesse. L'armée anglaise se dirigeait vers la Bretagne en côtoyant le Loir; arrivé au Mans probablement le 3 au soir, le connétable court à Pontvallain espérant y trouver l'arrière-garde, commandée par Thomas de Granson ; elle était encore à 6 ou 7 kil. plus à l'est, à Mayet (Sarthe, ch.-l. de canton, arr. de La Flèche), où elle avait couché. Bertrand marche aussitôt à la rencontre des ennemis. Il semble que les
ville*, maréchal de France, Arnoul d'Audrehom^^ Raoul de Raiuneval 3, Jean de Vienne, le sire de Montauban, etc. Défaite des Anglais; prise de Thomas de Granson, de Geoffroy Orselle, de Richard et David de Greine, de Gilbert Giffart, de Thomas Fillefort, etc.'' (Pages 196-197).
deux troupes aient longé la petite rivière de l'Aune, affluent du Loir, car sur le bord de ce cours d'eau, à un pas, c'est-à-dire à un passage assez étroit, se trouve le château de la Faigne (Cartes de Cassini, f. 64, et de l'État-major, f. 93). Les Anglais étant coupés du corps principal, on s'explique pourquoi tous ceux qui ne furent pas tués furent faits prisonniers.— Sur ce château de la Faigne, chef-lieu d'une seigneurie importante au moyen âge, voir F. Legeay, Recherches historiques sur Mayet, Le Mans, 1856, 2 vol. in-18, L 250-252.
t. Mouton de Blainville, maréchal de France, servit pendant toute cette campagne. L'acte suivant du 24 mars 1371 (n. s.) nous fait connaître le nombre de chevaliers qui accompagnaient le maréchal, en même temps qu'il nous fournit les principales étapes du connétable : « Bertran du Guesclin, duc de Molines, connestable de France, certifions à touz que il est deu à messire Mouton, sire de Blainville, mareschal de France, pour le deniourant des gaiges de lui et des gens d'armes qu'il a tenus au service du dit seigneur en ces présentes guerres, soubz noslre gouvernement, depuis le vi' jour de novembre CGC LXX qu'il fist sa première monstre à Caen jusques au xii^ jour de mars ensuivant que nous fusmes retournez de Ussel en Guyenne, auquel jour lui et ses dites gens d'armes furent cassez, comprins ens. IIIc frans d'or par nous à lui ordenuez prendre et avoir pour son estât pour chascun mois, tant comme il servit ou service du dit seigneur en ses dites guerres, par compte fait par nous audit mareschal, c'est assavoir pour les gaiges de lui banneret, sept chevaliers bachelers et vingt-cinq escuiers, qui tirent leur monstre le dit VI' jour de novembre à Caen jusques au vi' jour de décembre ensuivant; et pour les gaiges de lui banneret, six chevaliers bachelers et vingt-quatre escuyers, dudit vi° de décembre qu'il tirent leur reveue a Saumur jusques au derrenier jour d'icelui mois ; et pour les gaiges du dit mareschal banneret, un autre banneret, dix chevaliers bachelers et quarante-trois escuiers qui firent leur montre à Bloyes jusques au dit XII' jour de mars que ledit cassement fut fait ... la somme de 1702 francs d'or. (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 1433, dossier Guesclin, n" 30, orig.)
2. Arnoul d'Audrehem est mentionné comme accompagnant du Guesclin dans cette expédition par la Chronique rimée de Cuvelier ; il aurait même commandé une partie de l'armée à Pontvallain (éd. Charrière, vers 18,460).
3. Raoul de Raineval, panelier de France. En 1369, il servait le roi avec 30 hommes d'armes (Delisle. Mandements, n" 505).
4. Froissart, 1. L eh. 319, nomme plusieurs des capitaines anglais énumérés ici par notre chroniqueur.
Bertrand du Guesclin retourne au Mans pour concentrer ses troupes. Fuite de Robert KnoUes vers la Bretagne; il perd la plus grande partie de ses gens pendant la retraite. Le sire de Clisson le bat à Saint-Mahieu de Finepoterne^ (Page 198).
Bertrand reprend Vas où est fait prisonnier un grand banneret d'Angleterre, le sire de Fieuvauter 2. Il occupe ensuite Rilli que les Anglais ont abandonné. Il vient passer la Loire à Saumur et apprend que les Anglais, après avoir évacué leurs forteresses, ont passé le fleuve à l'abbaye de Saint-Maur qu'ils occupaient, et se retirent vers Bressuire. Il les poursuit en toute bâte, les bat sous les murs delà ville et prend celle-ci d'assaut^. Peu après l'abbaye de Saint-Maur capitule* (Pages 198-199).
Vers le temps de la bataille de Pontvallain, le duc de Lancastre assiège Montpaon ^, place située vers Bordeaux et occupée récem-
1. M. Luce (Froissart, VII, iv, note 3) identifie avec raison Saint- Mahieu de Finepoterne avec Saint-Mathieu-de-Fine-de-Terre, Finistère, arr. de Brest, cant. de Saint-Renan, commune de Plougonvelin. Mais il est impossible de supposer que Clisson ait pu poursuivre les débris de l'armée de Knolles à travers toute la Bretagne, pays où ces mêmes débris trouvèrent un refuge. Notre chroniqueur aura sans doute commis une erreur, et il faut chercher le lieu où les Anglais furent défaits sur les marches de Bretagne, aux environs du château de Derval où Knolles vint se réfugier après la défaite.
2. Cabaret d'Orville (éd. Chazaud, pp. '25-26) attribue l'honneur de la prise du maréchal d'Angleterre Fitz-Vatier à Louis de Sancerre et à Jean d'Azay, sénéchal de Toulouse. Suivant lui, le connétable arriva l'affaire finie et réclama le maréchal pour son prisonnier; Sancerre refusa de le lui rendre, ce qui amena une dispute entre les deux capitaines.
3. Voy. les Grandes Chroniques, VI, 326, Cuvelier, vers 18652-18704, et Cabaret d'Orville (éd. Chazaud, pp. 27-28) ; ce dernier attribue l'honneur de la journée à Louis de Sancerre ; sa version est du reste peu acceptable.
4. La capitulation de Saint-Mor, achetée à prix d'argent, est antérieure à janvier 1371; le quatre de ce mois, la ville de Tours paya un messager envoyé à Paris par la municipalité au connétable et au sire de Chevreuse ; il s'agissait d'obtenir une réduction sur la somme de 800 francs d'or imposée à la ville pour sa quote-part de la rançon payée à la garnison de Saint-Mor (Delaville Le Roulx, Comptes municipaux de Tours, II, p. 106, n''486, 489, 497; et Froissart, VII, lxxxii, note 2). La place de Saint-Mor était occupée i>ar l'Anglais Jean Cressewell.
5. Monpont-sur-l'Ille, Dordogne, arr. de Ribérac; voyez Chr. des quatre premiers Valois, pp. 208-209.
ment par les Français. La garnison composée de Bretons et commandée par Fougues Boules, sire d'Assi, et Sevestre Budes, résiste vigoureusement ; mais le manque de vivres la force à se rendre avant l'arrivée de du Guesclin, qui est parti pour aller à son secours <. A la nouvelle de la prise de Montpaon , Bertrand conseille aux ducs de Bourgogne et de Bourbon d'assiéger Ussel ; le manque de vivres et le mauvais temps forcent les Français à lever le siège 2. L'armée est licenciée et les ducs reviennent en France (Pages 200-201).
Peu après, du Guesclin assiège Gonches^ et met une bastide devant Breteuil. Ces deux places avaient été données autrefois au captai de Buch, qui malgré ses serments faisait la guerre au roi de France. Gonches était défendu par Archambaud dePressy, oncle du captai (Page 201).
Vers le même temps les Anglais se réunissent vers Thouars-*, prennent la Roche- Pozay^ et assiègent Montcontour ". Bertrand
1. Sur le siège de Montpont, voir Froissart, 1. I, ch. 323-325. La garnison était en effet composée de Bretons ; Froissart nomme entre autres le sire d'Arci/, qui est le Fougues Boules de notre chronique, et Sevestre Budes ; sur ce dernier, cousin de du Guesclin, voir une note de M. Luce (Froissart, VI, xciv, n. 3). Moutpont fut pris par les troupes du duc de Lancastre.
2. Du Guesclin quitta Ussel avant le 12 mars 1371 (voyez plus haut). Froissart appelle cette place Vzès, puis Vssoii (i. I, ch. 329 et 330) et la place en Auvergne, mais la position d'Ussel dans la Corrèze nous paraît convenir beaucoup mieux à la suite des événements.
3. D'après la Chronique des quatre jiremici's Valois (p. 215) du Guesclin mit le siège devant Couches après la Pentecôte de l'an 1371. Il était encore devant la place en juillet 1371 (Delisle, Mandements, n° 797).