‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 41 sur 315 · Bouguerie · texte numérisé non relu

Bouguerie

Valois. On lui envoya et [l'Jespousa à moût grant honneur. Par ce mariage perdi le conte de Flandres l'alience du roy d'Alemagne.

En ce temps alerent à Rômme les conseillers des trois princes, c'est à scavoir pour le roy de France Jaques de Saint Pol, et pour le roy d'Angleterre l'evesquede [Duremmes^], et pour le conte de Flandres y fut Robert son filz, et chascun pour sa partie monstra sa cause devers le saint père. Après leurs raisons dictes et ordonnées, le pape ordonna que le roy de France rendroit au conte de Flandres sa fille et sa terre que il avoit conquise, et au roy d'Angleterre rendroit ce que il avoit conquis en Gasgoine, et furent les lectres faites par celle manière et baillées, et furent chargiez à l'evesque [de Duremmes]. Les barons s'en retournèrent en France, Robert s'en ala en Flandres, et l'evesque et Jaques s'en alerent à Paris et comptèrent au roy comment le pape avoit ordonné. Avec le roy estoit Charles de Valois et Loys d'Evreux, et Robert, conte d'Artois, qui demanda à veoir la lettre que le pape avoit scellée. L'evesque [de Duremes] l'ala querre et la voult monstrer au roy, mais le conte d'Artois lui esracha des mains et la dessira, puis la geta ou feu qui estoit en la cheminée de la chambre du roy. Li aucun l'en blasmerent et li autre non. Mesmes le roy dist qu'il ne croiroit ja l'ordonnance du pape, ains yroit sur ses ennemys, tantost que trieves seroient passées.

Quant les trêves furent passées, le roy envola le conte d'Artois en Gasgoingne, et Charles envoya en

Page 1