Sctuesse
eslargireiit et refroidirent, et pluseurs des François s'alerent umbroier soubz les arbres et desarmer pour le chaut, car bien cuidoient avoir trieves ou pais. Mais les Flamans, après la response rendue, rendirent les trieves et se ferirent moût appertement sur les François, qui estoient mal ordonnez et pluseurs desarmés pour le chaut. Si furent prins et s'enfuirent pluseurs, mesmement le conte de Savoye et sa bataille. La nouvelle fut dicte au roy Phelippe, qui se repposoit en ses tentes, que sa gent s'enfuioit en pluseurs parties. Adont monta à cheval et ala à toute sa bataille sur les Flamans. Là eut creuse bataille, et fut le roy démonté et son cheval occis soubz lui, et Guillaume Gentieux et Gens^ son frère, qui estoient à son frain, [furent occis ^], et l'oriflambe du roy fut à terre versée, et Anciaux de Chevreux qui la porta fut ce jour mort de chaut et de paine. Mile de Noiers l'en releva, et Charles de Valois, Loys d'Evreux, Loys de Bourbon se ralierent à la bataille du roy en sa propre personne, qui se combatit ce jour fort et puissanmcnt. Gelé bataille fut ou mois d'aoust, le mardi après la mi aoust% l'an mil ccc et quatre. Là furent Flamans descontîz, et fut prins le Clerc de Juillers, qui requist que il feust mené au roy pour ranson paier, mais Régnant, le conte de Dampmartin, ne le voulut accorder, ains l'occist pour vengier la mort de son perc^, qui fut mort à la bataille de Courtray. Au jour que celle bataille fut à Mons en Peule, y ot mort plus de vingt
■I. Jehans 5610.