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seules peiTeoi élever Tâme au-dessus des misères
de la vie, fait qu'on ne va guère puiser des forces dans la«Donile évangéliquei ni s'abriter dans an cloîlre i mais les soucis, les malheurs, les révolulions sociales qui enlèvent si souvent les espérances de Tavenir et même les réalités du présent, et la vue des peines échelonnées à peu* de distance sur la route épineuse de ce monde, répandent et propages! la déplorable «KMiouianie du suicide , I entretenue et aggravée par les désordres moraux que produit la passiou immodérée des richesses, passion qu'avivent des doctrines n'assignant à notre courte exisieiiee d'autre terme que le néant et à rhomme d'autre bonheur que la satisfactioo des sens.
La majeure partie des ^ifices chrétiens, foudés à Vienne, ont été vendm ou détruits depais 1793. Désireux de perpétuer des traditions dont on n'a pas respecté les vestiges , et voulant qoe nos neveux ne soient pas aussi embarrassés pour , en retrouver les traces, que nous le sommes pour découvrir celles des magnifiques temples du paganisme, apfès avoir médité nos anciens dateurs et compilé d'antiques manuscrits et de vieilles Chartres ocmeemani VkMHie» nous avons ^ pu , dans le cours de cet ouvrage i indiquer les
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emplacemeols qu'occupaient quelques cryples, rehrge des (idètes pendant les persécutions , et ceux où furent élevées les églises ruinées par les maures ou les ealvinistes, ou qui changèrent de destination pendant la terreur , et avant de ter miner cette chronique , nous donnerons quelques détails historiques sur les églises où s'exer.ce maintenant è Vienne le culte catholique , et sur celles assez bien conservées pour espérer qu'un jour elles lui seront rendues, si, comme nous le désirons^ et ainsi que tout nous porie à le croire» la population de notre cité continue à s^augmenter.
Il est moralement utile de savoir le passé de la contrée qui vous vit naitre, et, nous pouvons le dire , la connaissance de son histoire instruit , plait et charme; elle produit en nous 1 amour de la localité, principe et mobile des meilleures actions. Grâce à cette étude , les villes autrefois . célèbres se décorent encore de lenr antique splen deur I se repeuplent de leurs grands hommes » et les générations vivantes se plaisent à entourer ces illustrations d'une sorle de culte et s'honorent elles-mêmes en honorant ceux dont elles admirent les nobles qualités. Par un motif semblable , les lieux où reposent les cendres de ses
martyrs de la foi , de ses pontifes si vertueux et si puissants 9 de ses moioes aussi savauts que pieux, et celles de ses fervents reclus, zélés intercesseurs auprès de Dieu pour leur patrie , ne sauraient être indifférents aux habitants de Vienne la sainie.
ÉGLISE PRUITULE DE ST-MAURICB.
PARTIS H18TOIIIQ0K.
Nous finies paraître , en 1825 , une notice sur réglise primaiiale de Vienne; mais n'ayant eu que vingi- quatre heures à consacrer à sa rédaction , elle est loin d'offrir 1 intérêt d'un travail plus médité et plus approfondi. Cependant, à cette époquOi elle eut le mérite d'attirer vers ce remarquable édifice Tattenlion du gouvernement, et contribua à obtenir pour lui des secours qui déjà empêchèrent de graves dégradations. Dans Tou* vrage que nous publions aujourd'hui, tout en faisant en sorte d'être clair et précis , nous iftcherons pourtant de ne pas dédaigner les détails qui peuvent contribuer à reproduire plus complète**
• meot le passé d'uae église dont i'bistoire se rattache si éiroitefnent aux annales de la cité.
Non loin d'un édifice en ruine dédié autrefois au mattre de TOlympe, sous la place appelée Paradis ou le parvis du, temple , dès le commencement de rère chrétienne , les néophites de ce culte, qui élevaient volontiers leurs autels près où dans le lieu même où avaient été les temples inaugurés aux divinités du paganisme, bâtirent à Vienne une crypte souterraine dans laquelle prêcha saint Paul, assertion admise et tenue pour vraie par nos anciens auteurs , et « comme alors la religion catholique n'avait pas de saints re- CMuos • le grand apôtre mit cet oratoire sous riDVoeatioo des sept frères Maèbabées, vaillants défenseurs de U loi de Dieu , martyrisés à Antioehe Y%n las avant la naissanee da Christ. Sar le même endroit qu'occupait la cbapetle souter* raiM, en 718, Eoalde, àf^évéquetfe noire ville» dans le but sans doute de transmettre à la postérité viennoise le souvenir du premier saaetuaire et du premier tombeau de ses martyrs,, cons* troieit une petite église qui ne différaîi de ia crypte qu'eu ce qu eile était sur le sol au lieu d*6tre dessous ; il lui donna poar proiectearf non-seulemeni les Machabées, mais saint Maurice
ei toute sa légion. Ëoalde mourut Tannée 723 ; son décès, joint au bruit public de Tinvasion des Maures et de leurs rapides conquêtes , suspendit les travauit de notre future cathédrale ^ et on ne les reprit que sous le règne de Cbarlemagne, pendant Tépiscopat de saint Volfère. Sur la demande de ce pontife 9 Tempereur combla sou église de bienfaits et ordonna qu^on la réparât et qu'on Tagrandil. A cet eSFet et ainsi que pour élever des clotires à un nombreux clergé , il lui accorda de nouvelles dolalioQS. En 805, Cbarlemagne et Volfère rédigèrent de concert pour les membres du chapitre de la métropole de Vienne les statuts qu'on suivit jusqu'en 1386 ; règlement unique et toul-à-fait particulier à noire province, il établit la vie commune pour les chanoines et pour les collégiés ou incorporés , sans les assujettir à aucun vœu, pourvu qu'ils eussent Tàge et les qualités requises par la constitution de Téglise et les lois de r£tat. Trois cents ecclésiastiques liés par des devoirs proportionnés à leurs qualité el ancienneté^ formaient ici cette corporation religiense, savoir: un prévôt, un doyen , un grand archidiacre , quatre grands archidiacres forains , un précenteur, un chantre, un sacristain, un mistral » un chancelier » deux abbés » six cheva-
Hers» avoués ou avocals, un mattre dechœor,
un graDd chapelain, huit archipréires» soixante chanoines t cent collégiés,sixcoadjuteurs» viogt diacres , vingt sous-diacres , quarante grands clercs ei ving|-quaire petits clergeots.
On nommait grand chapitre ou chapûre â croix la réunion générale des chanoines» des dignitaires el du collège . à laquelle assistait le syndic de la communauté et que présidait la croix portée par un sous-diacre ; petit chapitre, celui où n'étaient réunis que les chanoines seuls avec leur syndic ou officier nommé réfeciorier , el assemblée dt la prévôté t celle des collégiés du prévôt ou syndic. Les statuts spéciaux à chaque diocèse faisaient loi pour Tadministration ecclésiastique ; les enfreindre c'eut été porter atteinte aux libertés gallicanes dont nos aïeux se montraient si jaloux.
Saint Adon éleva à la porte de Téglise de Saint- Uaurice une chapelle d après le plan de celle du Saint- Sépulcre; sur les dalles de la partie qu'elle occupait sont gravés ces mots : hic erat capeUa sancti sepulcri. Vers la fin du X"* siècle, nous remarquons que saint Théobald « utilisant le calme dont jouissait le royaume de Vienne .
entreprit de donner à sa cathédrale une forme plus auguste et plus spacieuse. Ce pontife suppléa
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à rinsuffisance des ressources locales ea mettant k contribution la foi et la charité chrétiennea ; il accorda des indulgences à tous les fidèles que leur piété intéresserait à sa grande pensée et qui conlribneraient à en accélérer la réalisation. L*arcbevéque de Lyon et lévéque de Valence , jaloux de coopérer pour quelque chose à celte œuvre pie, publièrent de semblables indulgences dans leurs diocèses, car alors toutes les classes de la société étaient généralement animées d'une ardente dévotion, dont chacun s'empressait à donner des preuves selon son rang , sa fortune et ses facultés. On voyait les grands et les riches fournir des sommes considérables pour la fondation des édifices religieux , pendant que les artistes y employaient leurs talents et toute leur vie ; les pauvres , non moins généreux , apportaient également leurs tributs ; le^manœuvre sa force, l'ouvrier laborieux son industrie, et nos rois venaient ensuite » de leur puissance et de leurs trésors, seconder ce saint élan. Â dater du V«* siècle jusqu'au XIII"% l'art de l'architecture n'était cultivé que par des moines ou des ecclésiastiques ; ils donnaient les dessins et dirigeaient la partie scientifique des travaux de construction. Toutefois la gloire n'entrait pour rien dans leurs
chefs-d'œuvre» comine pour attester qu'ils ae devaient leur naissaoce non point à on génie particulier, mais à la foi universelle» et la plupart de ces hommes religieusement humbles, ne noas ont pas laissé trace de leurs noms. Cepeodaut quelques-uns des artistes français de la haute hiérarchie ecclésiastique , peuvent être rappelés ici : on conserve le souvenir du célèbre Avit, d'Auvergne; de saint Ferréol, de Limogesi d'Ebon t de Reims; de saint Germain» de Paris; de saint Agricol , de Chalon-sur-Saône -, de Dalinatius . de fthodez ; d'Arnould. d'Orléans; de Tabbé Suger, etc., qui, tous, présidèrent à la - création d'édifices religieux.
Le pieux Théobald n'eut pas la satisfaction de voir s'élever le temple , objet de sa sollicitude pastorale; la mort détruisit ses projets et suspendit les travaux de construction; on ne les reprit que pendant rarchiépiscopat de Léger ou Léodgard , appelé au siège primatial de notre cilé Tannée 1030. Douze ans plus tard» ce pontife dressa , pour l'église entiiiprise sous les auspices de Théobald , un plan beaucoup plus en harmonie avec la haute puissance du clergé. Le nécrologe ecclésiastique de Vienne ne laisse aucua doute sur l'époque où Ton en posa les fondations »
ei délruîi absolument ropioion que Léodgard se
coDleola d'agrandir noire basilique. Ecclesmu major em à fomiamentis constrmit. Ce prélat commença par le chœur» explique le même iiécrologe : Presbyterium tapidibuê pretiosissimis adornavit. Les pierres dures qu'on y employa furent tirées d*un édifice romain, ainsi que celles qui servirent à daller les bas cùlés , depuis les portes latérales jusqu'au chœur. On peut d'ailleurs observer que les fondements de Téglise de Saint* Maurice offrent tout le caractère solide propre à une construction monumentale ; et nous regardons comme constant qu*ils dûrent éire posés sous la présidence même de i'arcbevéque Léodgard. Ils s*élèvent d'un ou deux mètres audessus du niveau de Taire de l'église , selon les accidents du terrain , et annoncent un plan parfai* (émeut conçu, auquel les successeurs de ce pontife n'eurent rien à changer en édifiant sur les bases qu'il av^it jetées. Léodgard , de même que ses devancierst respecta comme un souvenir vivant de la tradition, Tantique église dédiée aux Macbabées et au chef de la légion Thébaine , connue sous la dénomination de Saint- Maurice-le-Vieux ^ jusqu'à répoque où elle fut comprise dans Tenceiute des petits cloîtres , et restaurée par Jean .
de Boarnin, qui» de nouveau, la béDit,tou* jours .sous l'invocaiiou de ses premiers patrons. Après Jean de Bournin , Antoine de Louvîer est regardé comme le plus généreux protecteur de cet oratoire vénéré , où il fut inhumé. Ce savant naquit à Revel , diocèse de Vienne ; son habileté dans le droit canon le conduisit à la dignité de doyen du chapitre archiépiscopal de celte ville, et, par une bulle du 18 octobre 1389, Clément VU le nomma à Févéché de Maguelone , Tun des plus anciens sièges épiscopaux de la province de Languedoc. Pour honorer la mémoire de ce pontife, la chapelle de Saint-Mauriee-le-Vieux pfiU à sa mon, le nom de chapelle Maguelone*
Le parvis de notre métropole compte autaol d^années qu^elle : Girard , un de ses archidiacres, réleva à ses frais. Ce parvis se compose de deux terrasses séparées par le grand escalier; noas ignorons pourquoi elles ne sont pas $ur le même alignement et s'écartent du parallélisme de h façade ; peut-être fut-on contraint à suivre ce dessin oblique à cause de la route ou des fossés delà ville. En 1834, cette plaie-forme menaçait ruine ; le gouvernement accorda des fonds pour la rétablir, et le conseil municipal obligea M. Dupuy, architecte , à reproduire avec une extrême exac-
Ulude, les cordoiis, les moulures, les panneaux et toos les ornements qui existaiijpt autrefois; ce qu'il acconiplil lidèlemenL
En 1i07 , le pape Pascal II consacra Téglise de Saint-Maurice, son grand autel et le cimetière des pauvres; et le il février 1119, eut lieu dans ce même édifice une cérémonie non moins imposante , rehaussée par tout le majestueux concours de la pompe religieuse. Gui de Bourgogne , ar< cbevéque de Vienne» successeur de Gélas II, sous le nom de Calixle II , y recevait la tiare des mains de Tarchevéque d'Ostie, assisté d'un grand nombre de prélats et de Télile du clergé. Investi du ministère de la souveraineté ecclésiastique, Calixte n'oublia pas son église bien-aimée , et sa munificence, jointe aux largesses de plusieurs nobles familles , mirent Tarchevéque et le chapitre métropolitain dans la possibilité de continuer la gigantesque entreprise de Léodgard. Le 27 avril 1251 , le pape Innocent IV consacra de nouveau notre basilique et accorda des indulgences perpétuelles en souvenir de cette solennité.
En 1225, Armand dePolignac, nomméà révéohé du Puy en Velay , fut sacré à Saint-Maurice par Jean de Bourainu
 la fin du XIIP siècle s'établirent des confré-
ries d'ouvriers architectes , sculpteurs , cbarpeu-
liers et maçons. Ces sociétés de laborieux artisans se portaient en France , en Allemagoe ou en Angleterre, enfin dans la contrée où la construction monumentale se trouvait plus active et | plus fréquente; ils s'occupèrent ainsi de génération en génération pendant cent cinquante ans. En 1395 , les travaux de notre cathédrale étaient
dirigés par une confrérie de constructeurs , dont ^ le premier architecte se nommait Ginet de l'Arche.
Le Pape Grégoire X, en venant de présider le deuxième concile générai de Lyon , quatorzième œcuménique, ouvert le lundi des rogations, 7 mai iâ6&,etclos le 17 juillet de la même année, se rendit à Vienne, où il publia la bulle d'union des évêchés de Die et de Valence, annexe qui dura jusqu'en 1687. Amédée dcRoussillon , gentilhomme du Viennois, ancien religieux de Saint-Claude en Franche-Comté, abbé de Souvigny , est le premier qui gouverna ces deux diocèses. Grégoire X, assisté de notre archevêque, Gui d'Auvergne, le sacra lui-même à Saint-Maurice, où , depuis le 25 mai 1263 , reposaient les restes mortels de Gérard , seigneur d'Anjou et de Serrières i frère d'Âmédée,
En 1285 • lorsque notre diocèse était gouverné
par Guillaume, de Valence ou de Livron, le clergé de la métropole s'affranchit du fardeau de la vie commune, et, pour opérer la division des rentes de réglise* on nomma trois commissaires, Hugues de Chaieauneuf, Boson Potrène, chanoines , et Jean de Meyrieu , membre du collège. Deux paris eu fureui formées. Celle à laquelle le chapitre et les collégiés participaient égalemenl, s appelait mense conimiune el se trouvait la plus minime. L^autre, nommée mense capitulaire, était spécialement réservée aux chanoines et à quelques bénéficiers, pour, leur en former des prébendes. Les fonctions de prébendiers donnaient aux titulaires la faculté de percevoir certains droits et de jouir de certains revenus attachés à la cathédrale qu'ils desservaient. Cependant parfois quelques prébendes revenaient à des laïques de haute naissance « car cet office pouvait subsister sans le canonicat, tandis que la chanoinie élait alors inséparable de la prébende. iMais il arriva qu'après le partage » les revenus» de la mense commune devinrent insuffisants pour nourrir et entretenir les collégiés; on chargea le chapitre, sur une partie des bien^ cédés» de leur faire des redevances connues sous le nom
de réfusions , et sor Taotre on leur enjoignil de les nourrir , charge que les chanoines se divisèrent entre eux , et ils tinrent auberge pour les | prêtres incorporés de la primaiiale, comme les ^ commandeurs la tenaient à Malte pour les chevaliers j cet engagement existait encore à l'é- I poque de la révolution.
Pendant le pontificat de Clément VU, sous Tarchiépiscopat de Humbert III de Monlchenu, en 1385, tout ce qui formait, soit le chapitre, soit le collège de la primatiale de Vienne» subit j une réduction des deux tiers; il se composa, savoir : de vingt chanoines y compris le doyen, ; (Je deux chevaliers ou avocats, de quatre grands chapelains, de six coadjuleurs, de trente coUégiés, de quatre diacres , de quatre sous-diaeres, de dix-huit grands clercs et de douze petits clergeots.
' Du XIY^ au XV'' siècle, le clergé viennois constamment tourmenté , ou par des divisions intestines , ou par ses voisins les rois de France, les Dauphins et les comtes de Savoie , qui convoitaient la souveraineté de notre ville et de son comté , ne fut point en situation de terminer | réglise de Saint- Maurice. Mais Antoine deCler- i mont I archevêque élu de Vienne, de 1495 à 1509,
éleva les quatre piliers les plus rapprochés de la
façade, et enfin, grûce à la générosité de TarchevAque Pierre Palmier et à celle de sou oncle Guillaume Palmier ; gruce aux dons considérables des familles de Costaing-Pusignan et Ri voiredu-Palais, l'église métropolitaine eut sa dernière pierre posée en 1533 , sous la direction de Tarchitecte Pierre Morodi. Mais vingt-huit ans s'étaient à peine écoulés, quand quelques fanatiques sectaires de la religion réformée, établis dans notre cité , pour accréditer leurs idées et faire triompher leur cause, le 20 mars 1561, déployèrent sur ce ms^estueux édifice l'affreuse haine dont un zèle antireligieux était la source, et brisèrent plusieurs des statues qui entouraient la principale entrée. Toutefois ce n'était là que le triste prélude de ce qui se passa une année plus tard , lorsque le corps d'armée du baron des Adrets, commandé par François du Terrait, se conduisit dans le Viennois ainsi qu'en pays ennemi, sévissant violemment contre notre malheureuse église, dont il mutila sans pitié la plupart des ornements de la façade , cassa à coups de fusil les vitraux des fenêtres , vola les plombs qui couvraient les clochers , creva les tableaux et brûla les riches vêlements sacerdotaux qu on
ne put 8oaslraire à soo vandalisme. Au mois
d'ociobre 1567, les proiestanU revinrent de nouveau dans nos contrées , ayant pour chefs Saint- ChamoDd de Saiul-Romain , naguère archevêque d'Aix , et le seigneur de Mouvans. Comme cinq ans auparavant, leur goût de destruction s'exerça largement sur notre belle église ; ses ornements pontificaux, sa bibliothèque et ses archives iureat la proie des flammes, son trésor fut pillé, ses cloches brisées ainsi que grand nombre de slaïues échappées à la dévastation de 1562, Nos 'dtssi* dents tentèrent même de détruire en quelques jours cet ouvrage de plusieurs siècles , et désespérés de ne pouvoir venir à bout de leur dessein aassi prompteroentqu^ils le désiraient, ils roérenl le feu à la toiture, et ils auraient peut-éK^ fini par renverser notre église, s'ils n'en eussent été détournés par les prières de quelques viennois qui, tout en partSgeant leur croyance, étaient loin d'approuver leurs excès.
Pendant la période de si triste mémoire ou la disette , la peste et la guerre civile décimaient notre cité , alors que la ruine et la dévastation planaient sur nos édifices religieux, Jean de lu Brosse et Vespasien Gribaidi passèrent soccessivemeni sur le siège du vaste diocèse de Vienne.
Gribaldi vil pourtant ensuite s'écouier des jours moins sombres -, il en pro$ia pour réparer quelque peu les ravages subis par son église, dont il fit enir'auires refaire le vitrail qui est au-dessus de la principale entrée. Les chanoines de la Colombière, Pulod. Rosset etfiuatier, se chargèrent de la restauration des fenêtres, de Tabside et du chœur, et tous les membres du chapitre contribuèrent à rexécuiion des réparations les plus urgentes. Henri IV, de son côté , prit aussi en considération les maux affreux que Vienne avait soufferts pendaot ces longues années de trouble et d'anarchie ; il lui accorda des octrois et des péages dans le principal objet d'aider à reconsiruire ou à rétablir ses monuments détruits ou dégradés. Plus tard , les Viilars , Montmorin, Grillon et le cardinal de la Tour-d*Auvergne se montrèrent extrêmement magnanimes envers la cathédrale de notre noble et sainte cité , qu'ils gouvernèrent comme archevêques.
10 mai 1739, du consentement de son altesse éminentissime le cardinal d'Auvergne, le célèbre
père .Bridaine ouvrit à Saint-Maurice les exercices d*iine mission. Dans le cours de cette parenthèse de zèle outré et de pieuse ferveur, beaucoup
de Viennois se rendirent pieds nus en pèlerinage
à Moire-Dame-de-rUe , chapelle vénérée» possédant de nombreux privilèges et que nos aïeux avaient enrichie de dons considérables. Une pro« cession générale et la planiaiion de la croix lerminèrenl la mission le iS juin. Disons quelque chose sur Tordre de celte mémorable procession dont nos graud'mères nous ont souvent entretenus. Les deux ponis en pierres et les rues qu*elle traversa étaient tapissés de riches étoffes et recouverts de tentes très-élevées ; des militaires formaient la haie le long du parcours. Tous les assistants tenaient une crdix bleue à la main. Les filles» vêtues de blanc, ouvraient la marche, portant en triomphe une magniflque statue de la sainte Vierge, en argent -, les femmes suivaieut ayant devant elles une statue de sainte Anne. Les hommes et les confréries de pénitents précédaient le clergé régulier , savoir : les Révérends Pères Augustins, Minimes, Capucins, Carmes, Jacobins et même les Cordeliers de Ste-Colombe. Le clergé séculier terminait le cortège avec ses reliquaires les plus précieux I ornés d'or et d'argent , parsemés de pierreries et environnés de luminaires* de gardes et de thuriféraires. Le chapitre de Saint-André-le-Bas avait une portion de la vraie croix; celui de Saint-Pierre , la sainte nappe, et
celui de SaiDt-Maorice , le ebef de ce mertyr ei la
sainte épine. Vingt- qualre lévitesi en aubes trèsfines et en écliarpea de couleiirs variées » posées en forme de baudriers, précédaient la croix de mission , portée par cinquante pénitents de Vienne et de Condrieu. Arrivé sur la place de Sainl- Maurice, le doyen du chapitre bénit ce signe sacré qa^on exalta au carillon des cloches , au son des trooapettes et au bruit du canon. M. de Brèves • Ticaire général , prononça un discours après le* quel la procession rentra solennellement dans réglise primatiale, oh le Père Bridaine fit de pathétiques adieux aux Viennois, sincères admirateurs de son éloquence et de ses vertus.
Les événements qui suivent n'ayant rien d 'mportant pour le sujet que nous traitons , nous ne les mentionnons pas et reprenons Thistoire de Saint-Maurice au 22 septembre 1789, pour y voir officier poniiflcalement et entendre prêcher une dernière fois monseigneur Daviau. Deux mois après, les portes de celte antique basilique étaient fermées , et , ainsi qu'au XVI« siècle , elle devint le point de mire des dévastateurs. On la dépouilla de ses archives, de ses vases sacrés, de ses ta« bleauxy de ses cloches, et, en un mot, de tout ce qui servait à Texercice du culte. Ces enlèvements
et ets dégâts venadem de Tesprit de vertige et
des passions qui dominaient alors ^ mais oa doit dire 9 A la Jooaige des Viennois^ qoe e'sis ae parent éviter la spoliation de leur cathédrale , ils earoit le covrage d'empéeber que cet édifice ne fût lui-même dégradé. Depuis 1790 jusqu'à 1 epoqueeè on le resdUan calte catholique, il sertit tour à tour d'entrepôt de marchandises » de dépôt pour les pirisoiiiiters de gaerre dos pre* roières campagnes dltalie, et enfin devint un flaagasin de ftoorrage.
Du côté du nord, les cloîtres atlenaient à Saint- MaMrice , dans le Imt d^assatnir cette église et de décharger la ville d'un entretien trop onéreux; eu on reeoorat au déplorable expédient de les démolir. Le prix des matériaux provenant de leors débris fut employé à refoire ta toiture qui tombait sur les combles de l'église et la menaçait d^tme mine prochaine; l'emplacememt qo*ils oc* cupaient porte aujourd'hui le nom de place Sain^ BaiêL
Nous donneroi» plus tard les épitaphes et les faiscriptioBs obi traînes de régUse et des ctotties de Saint-Maurice • dans nn ouvrage oii nous ne ttmiterons que de cette partie. Ce travail^ noas Tespérons, fournira des documents précieux pour fixer quelques faits historiques.