PONT DES
Blondel et Christophe Crevier. C’est, à peu près, le quart de tous les chefs de famille demeurant alors dans la Nouvelle-France. De 1617 à 1640, les Trois-Rivières devaient être ce que sont au-
jourd’hui les postes du nord-ouest. Les circonstances de la fonda-
tion sont ideniiques. Une serie de missions s'établit d'abord au rendez-vous habituel des chasseurs indiens et des trafiquants blancs, et quand le lieu paraît convenir également aux deux intérêts qui s’y dirigent, ie missionnaire fonde la chapelle, l’église, la “ résidence, ” les traiteurs bâtissent le fort ou “ habitation,” et quelques colons se groupent alentour.
La grande traite de la Nouvelle-France se fit aux Trois-Rivières à partir de la fondation du fort (1634) et ne commença à se partager avec Montréal qu’en 1656. Le dépôt principal des marchandises européennes était cependant à Quésec d’où on les apportait au magasin des Trois-Rivières, selon le besoin; aussi se trouve-t-on bien embarrassé à la suite de l’inceudie, en 15 juin 1640, qui dévera, à Québec, presque tous les articles de traite envoyés de France.
De 1640 à 1656, cette époque critique, l’histoire du Canada est en quelque sorte concentrée aux Trois-Rivières par l'importance immédiaie des événements qui s’y déroulent.
Québec ne fut jamais pour les Montagnais et les Algonquins un poste aimé. Quant aux Iroquois, ils ne paraissent pas même s’en être occupés durant un siècle qu'ils furent en hostilité contre les Français. Montréal eut la sonne fortune de se trouver d’abord assez peu en butte aux coups de ces ennemis qui s’acharnèrent sur les Trois-Rivières, et elle grandit juste à point pour s'emparer de la traite de l'Ouest, qui, avant 1655, rassait à sa porie pour descendre aux Trois-Rivières.
Dans l’été de 1640, un Père jésuite écrit: ‘“ Nous avons une église de Sauvages aux Trois-Rivières, qui, pour être plus jeune que cell: de Sillery, n’a pas encore tant de force. Plusieurs Algonquins se présentent pour s'arrêter aux Trois-Rivières, mais nous manquons de bras.”
Les baptèmes de Sauvages au registre de la paroisse sont au nombre de quarante-et-un cette année, presque tous en novembre et décerabre, ce qui s'explique par les faits suivants :
Sauf une alerte au printemps, et qui n'eut pas de suite, le poste n'avait point été inquiété par les Iroquois durant l’année, lo:sque, sur la fin de l’automne, on eut connaissance que quatre-vingt @ix Agniers s'étaient répandus sur les bords du fleuve, depuis Montréal jusqu'aux Trois-Rivières, où une soixantaine de ces marraudeurs Ccaplurèrent quelques Sauvages alliés des Français, ce