CRE CRE EU
np D p Q@
montraient le terrain leur restait. En coupant, par les bois, les chemins qui conüuisaient aux Trois-Rivières, comme ils avaient presque réussi à le faire pour la voie du fleuve, ils enfermaient la place dans le cercle de leurs patrouilles. Leur ancien fort de la Pointe-du-Lac et les rivières Machiche leur donnaient en toutes saisons les moyens de se répandre à l’intérieur des terres et de se retirer en Cas d’alarme vers leurs champs de manœuvre habituel, le lac Saint-Pierre.
Il est toujours intéressant de citer les précieuses chroniques des jésuites. Voyons ce qu’elles disent cette année :
“ La Résidence de la Conception aux Trois-Rivières, est plus frontière à l'ennemi, et plus exposée aux incursions des Iroquois : mais je puis dire avec vérité que jamais on n’y remaraua plus de paix, plus de repos et de piété parmi le bruii des armes et dans les frayeurs de la guerre. La plupart des néophytes, qui y sont en bon nombre, y ont fait leur demeure, par un motif qu'on attendait pas des barbares convertis à la foi depuis peu de temps. C'est, disaient-ils, pour combattre les ernemis de la prière que volontiers nous exposons nos vies ; si nous 1nourons en combattant, nous croirons mourir pour la défense de la foi. Ils avaient un sentiment tout pareil lorsqu'ils allaient à Ia chasse après s'être confessés.. Le Dieu d’amour pour lequel ils s'exposaient si gaiement aux dangers de la mort et du feu, semble avoir pris un soin d'eux tout particulier: pas un n’a été pris ni poursuivi de l’ennemi; et pour les vivres quoique la neige n'ait pas été favorable en ces quartiers4à durant l'hiver, ils n’ont pas néanmoins manqué de chasse, ni d’orignal, ni de castor. [ls n’ont pas été méconnaissants envers celui qui les a secourus, car retournant de la chasse ils entraient dans la chapelle, et pour l’ordinaire avec l’une des meilleures pièces de la bête, qu'ils offraient à Dieu et qu'ils laissaient proche de l'autel.”
La position des Trifluviens était peu rassurante ; cependant les chasseurs algonquins partis de ce lieu après Noël revinrent sans avoir été inquiétés par l'ennemi, dont les bandes étaient plus enfoncées vers la région des Attikamègues. Il n’y avait jamais eu tant de paix, de repos et de piété aux Trois-Rivières que depuis deux ans, mais les plus exemy'aires de tous les néophytes, nous voulons dire les Attikamègues, étaient déterminés à se tenir à distance des Iroquois, et faisaient des instances réitérées pour obtenir qu’on leur permit d'amener le Père Buteux à leur suite. Le Père, dont l’état de santé avait toujours été un obstacle à ce qu'il fit de longs voyages, reçut la permission qu’il avait deman dée, et partit vers l’époque de la fonte des neiges avec les Attikamègues. On calculait que le voyage durerait trois mois.
rene HER