LXXX VIII
La flotte de traite qui descendit aux Trois-Rivières, en 1654, venant de quaire cents lieues à l’ouest, ne paraît pas avoir cherché à s'arrêter à Montréal ni à se diriger vers Québec. I] suffit de lire attentivement les relations du premier demi-siècle de la colonie pour se convaincre que les peuples sauvages éloignés, ceux chez qui les Européens (sauf Nicolet) n'avaient pas encore pénétré, ne connaissaient des bords du Saint-Laurent que le rendez-vous ancien des Trois-Rivières, où se rendaient, chaque année, leurs canots, qui rapportaient, en échange des fourrures, des articles nouveaux pour eux et bien propres à les émervei!ler, partant leur inspirant toujours davantage le désir de se rendre à la traite de cet endroit.
Les Sauvages mentionnés ci-dessus étaient au nombre de cent
vingt, de la nation des Outaouaks (les “ grandes oreilles ?”) appartenant à la race algonquine.
En chemin, ils avaient capturé treize Iroquois, dont ils se débarrassèrent à Montréal, voyant que la paix régnait sur le Saint- Laurent.
Leur arrivée aux Trois-Rivières prend l'importance d’un événement dans l’histoire du Canada. Ils étaient, en quelque sorte, des ambassadeurs envoyés vers les Français pour les inviter à porter leurs opérations de commerce dans les lointaines régions du lac Michigan, d’où, selon leurs rapports, il était possible d’atteindre la mer Pacifique.
Au printemps de 1653, ces gens avaient été annoncés aux Trois- Rivières par trois Canots qui apportaient des nouvelles des Hurons réfugiés chez eux, et qui disaient que, l'été suivant, des Sauvages de quatre nations du lac Michigan descendraient à la traite. Cette promesse s’accomplissait.
Les Français répondirent à ce procédé. Le 6 août (1654) date du départ des Outaouaks, deux ‘ voyageurs,” dont malheureusement les noms ne nous sont pas fournis, se joignirent à eux et firent ainsi un voyage de cinq cents lieues avant d'arriver aux villages de leurs nouveaux amis. La série des grands voyages au
rord ouest commence de cette manière. Les Trifluviens n’ont jamais cessé de tenir la tête dans ces expéditions sur lesquelles notre travail nous ramènera souvent, car ce sujet est l’un des plus intéressants de l’histoire du Canada-Français.
La jeune colonie, exposée aux hasaräs de la guerre la plus cruelle et établie dans un climat rigoureux au-delà de toute expérience, était peuplée de beaucoup plus d'hommes que de femmes, cela va sans dire. On à vu, par exemple, l’ile de Montréal occupée, dans ses commencements, pendant deux ou trois années, par des hommes seuls. La même chose avait lieu pour les postes de Tadousac et de Richelieu (Sorel) Québec ne paraît avoir reçu qu'un très-petit nombre de femmes avant 1632, date où commence réellement la colonisation de la Nouvelle-France. A partir de 1636, il est facile de constater que les Trois-Rivières renferment à peu près trois hommes pour une femme. Voulant remédier à cet inconvénient général, la reine Anne d'Autriche prit sous sa protection le projet de choisir et d'envoyer au Canada ‘‘ quelque noinbre de filles honnètes tirées des maisons d'honneur.” Cela eut lieu en 1654. On eut le soin de s’en tenir à des personnes de conduite irréprochable. Une population vigoureuse et digne fut ainsi créée—c'est ce que constatent tous les documents.
En 1653, le Canada comptait un peu plus de deux mille blancs, dit la Mère de l’Incarnation. C'était bien peu, remarque M. Ferland, pour une colonie commencée depuis quarante-cinq ans, tandis que les colonies de la Nouvelle-Angletcrre renfermaient cent mille hommes quelques années plus tard.
Il n'y avait que cinq ou six maisons dans la haute ville de Québec et quelques magasins à la basse ville, à part, il est vrai, un bon nombre de maisons dans les limites actuelles de la ville.
Aux Trois-Rivières, principal poste de traite de tout le pays et lieu favorable à l’agriculture, les Français avaient évidemment plus de familles, mais on ne s’y ressentait pas moins de l’incurie et de l'indifférence du gouvernement.
La population connue des Trois-Rivières, à la fin de l’année 1654, était de trente-huit ménages (ou soixante-seize personnes mariées), treize hommes non encore mariés mais établis, trentehuit jeunes garçons et vingtsix filles, demeurant chez leurs parents. Total: cent cinquante-trois âmes. Ce calcul n’embrasse que des familles fixes et les individus qui, bientôt après, se marièrent et continuèrent à demeurer en ce lieu. Nous avons
dressé la liste de cette population accompagnée de tous les détails désirables pour la statistique. Ce que nous ne connaissons pas n'entre nullement en ligne de compte, non plus que les Pères jésuites, leurs employés, les domestiques ou engagés des colons, les gens de la traite, la garnison et la population flottante, quelle qu'elle fût—ce qui représente, au moins, trente autres personnes.
Après vingt ans d'existence, voilà où en était la ville. Récapitulons les résultats de nos recherches: En 1637, on constate quarante-ciuq âmes; en 1641, soixante ; en 1645, cinquante ; en 1650, cent; en 1654, cent cinquante-trois.
Sur ces cent cinquante-trois âmes, vingt-sept étaient de la parenté de Pierre Boucher.
Le “ Registre des mariages faits a Trois-Rivières depuis le 6 mai 1654 jusqu’au 30 mai 16777 es remier de ce genre que nous connaissions pour cette localité, mais rien n’empèche qu’il en ait existé un autre auparavant, puisque des prêtres résidaient dans ce lieu et que nous avons constaté les mariages de quelques-uns de ses habitants qui ne sont pas mentionnés au registre de Québec, Le premier acte inscrit, le 6 mai 165%, est le mariage de François
Lemaître-Lamorille, dit le Picard, avec Judith Rigault. Le 9 septembre, mariage de Maurice Poulain, sieur de la Fontaine, avec Jeanne Jallaut, veuve de Marin Terrier de Francheville, enlevé à la bataille de la Quatrième rivière en 1652. Au contrat de ce mariage, passé devant Ameau le ? décembre suivant, il n’y a pas moins de vingt-cinq signatures considérables, entre autres: Jeanne Crevier, femme de M. Boucher, ‘“ souverneur ”; Jean Madry, ‘chirurgien et caporal de Ja garnison”; François Lemaître, dit le Picard, “soldat,” et sa femme Judith Rigault (superbe écriture); Charles Gauthier, sieur de Boischardin, “ soldat ” (1); René Robineau, sieur de Bécancour, et sa femme Marie, fille ainée du sieur de la Potherie ; Charles d’Ailleboust ; les LeGardeur et les Juchereau.
Le 5 juillet 1654, le Père Léonard Garreau baptise Jean-Baptiste, fils de Médard Chouart et de Marguerite Hayet. Parrain et marraine : Jean-Baptiste LeGardeur et Catherine LeNeuf. Médard Chouart des Groseillers est ce même aventurier qui, plus tard, joua un rôle si important uans les affaires de la baie d'Hudson. Il s'était marié, à Québec, le 24 août 1653, en secondes noces avec
(1) Voir la Revue canadienne, 1878, p. 786 852,
Marguerite Hayet-Radisson, veuve de Jean Véron de Grandmesnil, tué par les Iroquois à la bataille de la Quatrième rivière (banlieue des Trois-Rivières), l’année 1652.
Ce mariage alliait Chouart à la famille des Kertk, parents des Hayet et des Radisson, ce qui explique peut-être les services qu'il rendit aux Anglais dans une circonstance mémorable de sa vie,
[l s'établit aux Trois-Rivières aussitôt après son mariage, puisque, le 24 février 1654, nous voyons (Greffe d'Ameau) qu’il y portait le grade de sergent-major de la garnison. Dès l’année suivante, il recommença ses grands voyages ; sa famille demeura toujours aux Trois-Rivières.
Le 3 novembre 1654, le Père Garreau baptise Pierre et Claude, fils jumeaux de Claude Volant, dit sieur de Saint-Claude et de Françoise Radisson. Parrains : “M. Boucher et Saint-Pierre (1) soldat.” Ces deux enfants ouvrent la liste des élèves du petit séminaire de Québec en 1668 ; ils furent ordonnés prêtres ensem ble, le 17 septembre 1678. Ils ont desservi les paroisses du gouvernement des Trois-Rivières.
Volant et sa femme formaient un nouveau ménage aux Trois- Rivières, comme aussi Chouart des Grosseillers marié à une sœur de madame Volant.
Le 23 novembre, il y eut un combat que les récits du temps ne mentionnent pas. Le registre de l’église constate la sépulture de Jean Langueteau, officier, âgé de trente-quatre ans, tué ce jour-là par les Iroquois; le 30 novembre, Louis Lebêcheur, vingt-six ans, mort des blessures reçues le même jour que Langueteau; le 9 décembre, Mathieu Labat (2), cinquante ans, frappé dans la même circonstance. Le 26 novembre (Greffe d'Ameau), le soldat LaRoche, blessé, fait son testament étant à son lit de mort en la garnison des Trois-Rivières.
Les veuves de Langueteau et de Labat convolèrent en secondes noces, six semaines après. Ces veuvages si courts, Comme aussi les mariages de filles de treize et de quatorze ans qui sont nombreux, n'offrent rien d’étrange si l'on se rapporte à l'époque dont nous tragons la chronique.
(1) Probablement Pierre LeBoulanger, dit le sieur de Saint-Pierre.
(@) Le 1er avril 1655, à l'inventaire des biens de Mathieu Labat, le mot “ ville” des Trois-Rivières, se rencontre pour la première fois.
PE RS toi M mi LE
Le 20 octobre 1654, M. de Lauzon, gouverneur général, donne aux jésuites l’île Saint-Christophe, en franc aleu à toujours, comme fief, avec pouvoir de la concéder, tout ou partie, sujette aux cens e rentes, mais les jésuites eux-mêmes n'ayant pas à payer pour sa possession—laquelle leur est accordée en reconnaissance de leurs travaux pour la conversion des Sauvages ‘ qu’on ne saurait trop reconnaître,” dit l’acte.
L'île est la plus grande des six qui sont dans l'embouchure du Saint-Maurice. Elle mesure quatre-vingts arpents en superficie. Son nom lui vient de Christophe Crevier, comme l'ile Bellerive {aujourd’hui La Potherie), sa voisine, doit le sien à Crevier de Bellerive. Cette famille, à l'instar de Pierre Boucher son parent, sut laisser des traces durables de son passage aux Trois-Rivières. Le 9 mars 1655, le Père Léonard Garreau, supérieur des jésuites, aux Trois-Rivières, donne, au nom de sa Compagnie, ‘ à titre de cens et rentes seigneuriales payable à la Saint-Martin,” l'ile en
question, “située dans les Trois-Rivières, ayant du côté nord l’île de M. Boucher et du côté sud celles de M. de la Potherie et de Saint Quentin ”’—à Christophe Crevier, sieur de la Mèlée, Jacques
Bertaud, Jacques Brisset, Jean Pacault, Pierre Dandonneau, dit Lajeunesse, et Michel Lemay, tous habitants des Trois-Rivières. Les concessionnaires s'engagent à faire moudre au moulin des jésuites les grains provenant de ladite ile “ lorsque ledit moulin sera bâti” Dans l'intervalle des cinq années qui suivirent, Christophe Crevier racheta les parts de ses copropriétaires.
“ L'ile de M. Boucher” portait déjà ce nom, à Ge qu'il paraitrait, mais elle ne fut concédée à ce gouverneur que le 20 octobre suivant (1655) par un acte qui la décrit comme suit: ‘ située à troisquarts de lieue, ou environ, du grand fleuve de Saint-Laurent, contenant quarante ou cinquante arpents; le côté du nord-est regarde les terres de la Madeleine ; le côté du sud-ouest les terres du sieur Gaspard Boucher et Etienne (Philippe Etienne, probablement) ; le côté du sud regarde l’île du sieur de la Potherie ; l’autre côté regarde, en montant, le fleuve desdites Trois-Rivières... 2t sera adite ile nommée île Saint-Joseph.” °
A cette date (1655) les Îles situées dans l'embouchure du Saint- Maurice étaient concédées, moins une, la plus petite et la plus reculée dans la rivière. IT était assez naturel qu'il en fût ainsi, puisque le poste du cap de la Madeleine formait comme une annexe de celui des Trois-Rivières, plaçant le Saint-Maurice entre
eux. Les avantages de la pêche et de la chasse dans ces endroits devaient aussi contribuer à les faire apprécier des habitants de leur voisinage. Il est possible que, dès cette époque, on y prit la petite morue qui y arrive aux mois de décembre et janvier en si grand nombre, qu'on la recueille à pleine “ puise ”—sorte de coffre de rêts qui se plonge sous la glace avec très-peu d'artifice. Ce petit poisson—vérilable manne—est identique à la grosse morue. Il vient du golfe. On le ‘ pèche ”’ à Québec et ailleurs, mais une fois engagé par masses serrées dans les îles du Saint-Maurice, on le ‘‘ puise ”’ tout simplement. CG'est le seul endroit où il se comporte de cette façon. Quand les coffres (montures de bois enveloppées de rêts) sont tirés du trou pratiqué dans la glace, et que deux ou trois minots de ces petits êtres tombent d’un coup aux pieds des pêcheurs, se tordant, se débattant et décrivant dans leurs soubresauts toute espèce de lignes avant de mourir, c’est un cu. rieux spectacle.
Le 10 août 1655, M. de Lauzon étant aux Trois-Rivières, Etienne de LaFond concède un quart de lieue de terre au-dessus de la rivière de la Madeleine et un quart de lieue au-dessous, de front sur le Saint-Laurent, du côté du nord, au-dessus des Trois-Rivières, et trois lieues de profondeur dans les terres. “ Les appellations du juge qu'y sera établi ressortiront des Trois-Rivières. ?
La rivière de la Madeleine que nous avons vu désignée (Relations 1644, p. 41; 1652, p. 33) comme étant à six lieues au-dessus des Trois-Rivières, doit être l’une des rivières Machiche., LaFond ne paraît pas avoir fait valoir ses droits sur cette terre, isolée alors du groupe des habitations françaises.
La concession dont il s'agit ici parait être la seconde au Canada qui fasse mention de la Coutume du Vexin-Français enclavée dans celle de Paris. La première se rattache à la seigneurie de Beaupcrt, en 1653, et la troisième à celle de l'ile Sain:-Joseph, dans les Trois-Rivières, le 20 octobre 1655.
La Coutume de Paris est invoquée dès 1647 dans le titre de la seigneurie du sud du fleuve (Sainte-Angèle de Laval aujourd’hui.) Après 1655 jusqu'en 1669, dans les actes du gouvernement des Trois-Rivières, on trouve alternativement mentionnées la Coutume de Paris et celle du Vexin ; ensuite, celle de Paris se rencontre régulicrement, sauf dans les titres des fiefs Saint-Jean de la Rivièredu-Loup (1700) et Saint-Etienne des Grès (1737).
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Le premier cahier des registres des audiences de la justice anx Trois-Rivières est égaré ou totalement perdu. Il devait s'étendre de 1650, au moins, jusqu'à 1655. Ledeuxième commence à la date du samedi, 19 juin 1655, par l'affaire Crevier-Laframboise : Jeanne Enard, feinme de Christophe Crevier sieur de la Mêlée, demanderesse, comyparait contre Marie Sédillot, femme de Bertranû Fafard, dit Laframboise, et exige que cette dernière lui paye la moitié d'un veau qu'elle atlègue avoir gardé et nourri pendant quelques semaines sur la demande de madame Faframboïse, propriétaire de l'animal. Jugement: sera livrée, à la mort du dit veau, la proportion de viande qui forme la moitié de l'amélioration qu'il a subie étant sous les soins de madame Crevier.
Pour cette année 1655, le cahier consigne dix-sept procès, tous sans importance. M. Boucher siége comme juge, et Séverin Ameau comme greflier de la juridiction des Trois-Rivières, titre qu'il se doune dans ces pvces et qu'il conserva Jusqu'en 168
L'année suivante, eut lieu un débat assez amusant, dont voici l’abré, é: Le 8 janvier 1656, le sieur Michel du H--isson signifie au révérend Père Garresu que Jean Desmarets, âgé de cinquante ans, est marié en France et, conséquemment, qu’il ne csurait convoler aux Trois-Rivières, comme il en a l'intention, avec Anne la Tour, âgé de soixante ans, servante du sieur du Hérisson. Le 16 janvier a lieu le mariage, célébré par le Père Garreau : entre Jean Desmarets (1), fils le Robert Desmarets et
de Marie Bouët, de la paroisse de Brouville, pays de Rouer, d’une part, et Anne Le Sont (2), veuve de Jean Lafortune, de la paroiss: de Saint-Sébastien de Nancy. en Lorraine, d'autre part, Témoin M. de La Meslée, M. Suiut-Quentin. et Saint-Séverin (Séverin Ameau).
Le 5 février, Desmarets porte plain va gouverneur Boucher contre du Hérisson (qui comparail pe faire reaidre les hardes d'Anne la Tour “sa femme”, ci ant servante dudit Hérisson, se déclarant prèt à payer ce que Anse pourrait devoir à ce dernier, lequel prétend ne rien savoir du mariage en question, et sr tn à l'avertissement qui donné au révérend Père Garreau. Ordonné par la « que produise son acte de mariage en bonne forme
(1) L'abhé Tanguay ppelle Jean-François Desruare Lamothe, Ii habi-
tait le Cap.
.(2) C’est Forthographe du registre de l'église, tandis que le registre de la justice porte : La 'Lour.
A la séance du 9 février, le sieur du Hérisson déclare ne ren savoir touchant les hardes d'Anne la To l'exige, de plus, que Desmarets lui paye la pension de cett rnière pour le temps qu'elle a demeuré chez iui et qu’il le dédommage de la perte qu'il subit par le dénart de cette femme, qui avait fait don de ses
biens moyennant entretien sa vie durant. Desmarels riposte en demandant que l’on paye les gages de s1 femme pour la durée de son service. Du Hérisson ne veut pas reconnaitre qu'elle a été sa servante ; il dit qu'elle n’a été assujettie à aucun travail dans sa maison. La cour exige qu'on puise le contrat de donation.
Enfin, le 15 mai, Desmarets Louve qu'il n'a jamais été marié en France. Du Hérisson produit le contrat de donation. Jugement : Anne la Tour payera le notaire et les frais dérivant de l'eng'gement qu'elle a fait et rompu de son propre mouvement au préjudice du sieur du Hérisson, lequel lui versera vingt mois de gages, mais elle fera des excuses à la cour et audit sieur du Hérisson et le remboursera des frais qu'il a faits pour elle.
Le lecteur a remarqué la singulière conduite de M. du Hérisson qui fait sans preuve une dénonciation malicieuse et fausse 1 curé, et une fois rendu là, attend la troisième séance pour souni:tire son grief, qui devient alors le fond réel du débat. Get esprit de chicane existe bien encore de nos jours, mais la justice a modifié les formes qu'elle suivait en 1656.
Dans cette dernière séance, M. Boucher s'intitule: “Pierre Boucher, Ecuyer, sieur de Grosbois (1), Heutenant général civil et criminel de M. le grand sénéchal de la Nouvelle-France en la juri diction des Trois-Rivières” En d'autres termes, il était ce que nous appellerions juge en chef du distriet des Trois-Rivières. Jean Sauvaget siège avec lui en qualité de procureur fiscal.
Le 12 septembre 1657, Maurice Poulain, dit Lafontaine, est nom-
mé procureur fiscal des Trois-Rivières, en remplacement de Tesn Sauvaget, lequel siégeait encor: ommencement de cette année 1657, mais comme son nom se retro'ive point apres ceite date, nous suppasons qu'il mourut durai té de 1657