‹ ChroniquesChapitre 12 sur 33 · RER EE EP DEEP LPNMANEN EAN ARE · texte numérisé non relu

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sible. On trouva aisément des personnes honorables, dont les noms offraient des garanties solides, pour placer à la tête den deux compagnies, Le général John Dix accepta la présidence de celle de l'Union ; M. Thomas Durant en futnommé vice-président et directeur général. Celui-ci devint bientôt l’âme de l’entreprise, de hautes fonctions militaires et diplomatiques ayant obligé le général Dix à sacrifier sa position aux devoirs publics. En Californie, on choisit MM. Leland Stanford et Huntington comme président et vice-président du chemin de fer Central.

Afin de se rondre compte des obstacles que, malgré l’aide énergique du gouvernement, les compagnies éurent à vaincre, il faudrait parcourir les rapports des ingénieurs Judah, Montague, Gray, Dodze, Evans, Seymour, Reed, Casement et autres. Ils montrent jusqu'à l'évidence, ct plus claire.

ment que je ne saurais le faire, l’incommensurable différence

des modes de construction d’une voie ferrée dans les pays civilisés avec ceux auquels on est forcé d’avoir recours au milieu d’un désert de plus de 3,000 kilomètres d’étendue, Le matériel du chemin de fer Central dût être commandé dans les états de l’est, et ne put être amené en Californie que par la voie de mer, après avoir doublé le Cap Horn. L'Union, plus favorisée sous ce rapport, n’en eut pas moins d'immenses frais à payer pour le transport de son matériel jusqu'à Omaha, qui n'était encore qu'un simple village dépourvu de toute ressource. Des convois de vivres et d’approvisionnemens de toute espèce durent constamment suivre les ouvriers; c'étaient comme autant de villes ambulantes : on voyait dans ces campemens improvisés des églises, des restaurans, des hôtels, des public houses, des bureaux de journaux, des ateliers d'imprimerie, des tripots ; tout ccla

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s'arrêtait quelques jours, au plus quelques semaines, dans le même endroit, et poussait plus loin au fur et à musure des progrès de la ligne.

On traversa de vastes espaces sans trouver une goutte d'eau. Il fallait creuser sur place des puits artésiens ou

pratiquer des rigoles communiquant avec des cours d’eau torrentiels souvent éloignés de plusieurs milles. Puis on

avait à se défendre contre les agressions continuclles des tribus indiennes et à maintenir sans cesse l’ordre, chose peut-être la plus difficile, dans cette nuée de travailleurs, La compagnie de l’Union à elle seule n’employa -jamais moins de 20 à 25,000 hommes. Et quels hommes! il faut les avoir vus pour s’en faire une idée. Assurément un grand nombre d’entre eux étaient de braves et honnêtes ouvriers ; mais de quel amas de gens tarés et sans aveu ils étaient entourés ! Tout individu portait pour sa défense personnelle un et quelquefois deux revolvers, sans compter le bowieknife obligé. La loi de Lynch, la seule justice applicable en un tel milieu, régnait sans appel. On nesaura jamais ce qu’il y a eu de crimes et d'actes de violence commis dans cet étrange monde ; il fallait une main de fer pour le diriger et maintenir dans ses rangs une apparence d'ordre et de discipline. Disons cependant que les mormons et les Chinois se conduisirent en général d’une manière exemplaire, et qu'iln’y eut presque pas de plaintes à formuler contre eux ; ils se distinguaient surtout par leur sobriété, tandis que l'ivrognerie était le vice le plus commun et le plus dangereux de leurs camarades. L'administration du chemin de fer Central n’hésita pas à recourir à la force pour supprimer le débit des liqueurs spiritueuses ; cle fit défoncer les tonneaux de whiskey, et renvoya les marchands se plaindre aux juges

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