VI. mand
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Je crois l'avoir dit plus haut: pour aller de Chicago à Omaha, il faut une journée entière; on quitte Chicago à dix heures du matin et l’on arrive à Omaha le lendemain
. à la même heure ; le trajet est de cinq cents milles exacte-
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ment, ou cent soixante-dix lieues en chiffres ronds. Si l’on prend au départ un billet pour San Francisco, on le paie cent dix-huit dollars en greenbacks; de Montréal, le même billet coûte cent vingt-huit dollars en or. Cela ne comprend pas le lit dans le Pullman car, détail important à ajouter : le lit vous coûtera de Montréal à Chicago cinq dollars; de Chicago à Omaha trois; d'Omaha à Ogden huit, et de Ocden à San Francisco six. En tout vingtdeux dollars. Je ferai ici une remarque qui étonncra peutêtre; les Pulinan du Grand-Tronc, que l’on suit de Montréal à Détroit, sont les meilleurs ct les plus confortables de tout le trajet jusqu’à San-Francisco. (Comment le Grand-Tronc, qui est la plus atroce des voies ferrées qui existe, si l’on en excepte le chemin Gosford, peut-il avoir eu une pareille distraction ? c’est ce que je laisse à deviner. Dans les Pulmans du Grand-Tronc, outre que le voyageur est bien installé, il sent qu'il s'adresse à un domestique quand il parle au nègre qui fait son lit et qui frotte ses chaussures ; à mesure qu’on avance dans l'Ouest, la démagrcation diminue de plus en plus, et, enfin, lorsqu'on arrivé à Ogden, le nègre n’est pas seulement votre égal, il est tellement au-dessus de vous que vous avez envie de l'aider à sa toilette et de lui présenter toutes vos lettres de recommandation pour qu’il vous regarde d’un bon œil. Remar-
quez toutefois qu’il fera son service exactement ct rigou-
reusement, parce qu'il est payé pour cela, mais il ne s’en rappellera pas moins qu'il fut autrefois esclave, qu'il ap-partient aujourd’hui à la grande caste des libérés, et qu'il
croit devoir venger sur les blancs toutes les humiliations,.
les dédains et l’abjection qu'il a eu à subir.