‹ Chroniques craonnaisesChapitre 101 sur 127 · NUTES SLR L'HISTOIRI^ PAKTICULIÈKI · texte numérisé non relu

NUTES SLR L'HISTOIRI^ PAKTICULIÈKI

recevoir religieux, semblent avoir été placés là, avec leurs familles, pour succédera Tancienne co/om« militaire qui a donné son nom à Quelaines, ei pour observer et contenir les Manceaux.

Voici ce que le cartulaire de La Roê nous apprend à leur sujet (LXXIIP, LXXIV, LXXV« et LXXVl'' chartes) : vers 1130, Josbert, fils de Chotard, donna en dot à sa fille, en la mariant à Hamon deQuelaines, quatre seterées de terre, un pré et le bordage de Fabrica, voisin du prieuré de Peuton (nemus Pistonis^ Pestum)^ alors occupé par le zélé Michel, qui depuis devint abbé de La Roë. Quelque temps après, Josbert voulut se faire chanoine, et donna au prieuré de Peuton des terres de Fabrica. Jean, son petit-fils, et Babin de Quelaines, voulant aussi se faire chanoines, restituèrent à Tabbaye de La Roë l'église de Cosmes, et ajoutèrent au don de Josbert seize seterées de terre indivises entre eux. En considération de ces dons, Michel leur donna, pour 80 sous, deux bœufs et un cheval, et convint de payer les tailles pour Jean et pour Babio, tandis que ceux-ci se chargeraient du service du cheval. Geoffroi Ghicn (Canis), Alard de Quelaines et autres approuvèrent et augmentèrent ces dons par l'abandon de leurs dîmes. Payen Cheorchin les ratifia, se réservant seulement son droit de haute et basse justice sur les personnes étrangères à Tabbaye; mais Renaud de France, petit-fils de Hamon, contesta vivement ces donations, et alla jusqu'à enfoncer les portes de Fabrica. Michel, alors abbé (1150), porta plainte au doyen [decano) de la châtellenie et à Alard, commandant de Château-Gontier, son parent ou son chef [de cujus familia erat), Gité devant le plaid, le bouillant Renaud fut obligé de payer la porte brisée et de ratifier les dons de sa famille.

Quelque temps après, Guiot, dont les terres, paratt-il, étaient restées incultes, pria Michel, alors abbé, de lui donner un laboureur qui cultiverait ses terres en même temps que celles du prieuré de Peuton, jusqu'à ce qu'il pût les cultiver lui-même ou les vendre. L'abbé ayant accordé sa demande, Guiot donna à ce laboureur un logement, un jardin et le bois nécessaire pour raccommoder sa maison et ses clôtures, « ad remendandam domum et sepem. » (CLXXXII* charte.) Un des témoins des conventions de Rabin fut Hervé de Lineriis, qualifié dans une charte du titre de dapifer, et dans une autre de celui de sénéchal. Ges deux titres seraient donc synonymes.

On voit que tous ces hommes d'armes avaient reçu beaucoup de biens ecclésiastiques, et que le prieuré de Peuton, grâce, sans doute, au zèle de Fabbé Michel, fut créé par leurs restitutions.

G'est à Guiot Chotard que l'abbé de La Roê promit de recevoir chanoine un de ses fils, dès qu'il saurait bien lire et chanter. (CLIII* charte.)

bRS PAROISSES DE i/aNCIEN CIlAONriAIS. 581

Radulfe Babin de Quelaines engagea à Fabbaye de La Roé sa terre de la Verderie pour 4 livres, avec celle clause que, si, au bout de cinq ans, il n'avait pas rendu celte somme, l'abbaye s'approprierait les revenus jusqu'à concurrence de la somme prêtée. (CCXLVIII' et CCLXXl* chartes de 1190.) Ces chartes ne disent plus Colonia, mais Queleniœ.

Vers 1200, un Guillaume Babin reçoit de Maurice II de Craon, un don de i,080 sous. (Renvoi E».)

Dans le même temps, un nommé Hervé de Quelaines donna à La Roé une veuve dont il retirait 7 deniers de cens, pour l'indemniser de pareil cens qu'il avait enlevé à labbaye (1).

Ces milites tenaient leurs plaids à Quelaines : a venerunt in curiam ad burgum de Coloniis.» (CLXXXIP charte de LaRoê, d'environ 1130.)

Le chapitre du Mans donna au monastère de Saint-Aubin plusieurs églises au nombre desquelles figure Quelaines, donation qui fui approuvée par Hildebert, évoque du Mans, de 1087 à 1125 (cart. de Luché), et par les évêques Hamelin (1191-1214) et Guillaume (1256-1269).

Quelaines possédait la chapelle dite du Préguyon. Louis de Froulay, évêque du Mans, donna en 1722 l'aulorisation d'y dire la messç. [Arch, dép.. G, 147.)

De la seigneurie de Quelaines relevait le fief de la Raudière, qu'il ne faut pas confondre avec la Rouaudière, auquel était attaché le titre héréditaire de connétable de la baronnie de Château-Gontier dépendante ellemême de la vicomte de Beaumont qui appartenait au roi. Nous devons à »

l'obligeance de M. Tabbé Pointeau la connaissance d'un aveu de 1635, rendu à Louis XIII par Charles d'Andigné, seigneur d'Angrie, pour la Raudière, Feustillé, etc. Il contient d'assez curieux détails :

« Il se reconnaît trois fois homme de foi lige du roi. 1° Pour la terre de la Raudière où il a haute, moyenne et basse justice, droit de pavez, [pavagium] et vayrie, et pour ces choses doit à Chftteau-Gontier deux mois de garde à ses coûls et dépens.

« 2« Pour sa connétablie. Il a droit de prendre et garder le cheval sur lequel le vicomte ou la vicomtesse de Beaumont fait son entrée à Château- Gontier, après l'avoir conduit par les freins à l'endroit où voudra descendre le seigneur. Il a droit de donner mesure à vin et à blé et de prendre 2 deniers par chaque marc ou estampille; d'avoir le chargeage de tout le vin entré dans la ville en bourgeoisie et de prendre 7 deniers par pipe

(i) Les seigneurs ayant pris la place de FElal, loulc personne sujelle à Timpôt ou censitaire, était pour eux un objet de rente.

882 ?<OTES SUR l'hISTOIRK PAIUICIUÈRE OK i/aNCIEN CRAONNaIS.

chargée, moyennant qu'il fournira deux poulains et un homme. Droit d'avoir les rivages et les râlelages des rivières et des prés de la baronnie, d'y avoir une loge en foin pour les gardes en chaque pré et rivière. Ces loges lui appartiendront à condition de faire garder les foins jusqu'à leur enlèvement. lia droit d'empêcher de pêcher avant qu'il n'y ait commandement, et pour ce, prend de chaque challon chaland» bateau] un poisson ne le plus grand, ne le moindre.

« 3** Sur Feustillé, il a droit d'assigner les bans de vendange, et pour sa garde des vignes prend 4 deniers par quartier, et pour le pressurage à son pressoir la neuvième seille. Pour ces choses il doit quarante Jours et quarante nuits de garde à ses coûts et dépens d'un homme armé convenablement selon son état de chevalier ou d'écuyer, plus treize livres de tailles avec pleige, serté (service) et obéissance, telle qu'homme de foi lige doit à son seigneur. »

Le seigneur du Plessis, enQuelaines, devait quarante jours et quarante nuits de garde ; celui de la Thelonnière, aussi quarante jours et quarante nuits, moyennant semonce [avertissement) une semaine d'avance.

Quelaines relevait féodalement de Château-Gontier, sauf la partie qui était de la mouvance de Craon.

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