NOUVELLE EGLISE DE S' NICOLAS
SUITE DU RBMVOI J. 665
Mais bien d'autres travaux restaient à exécuter : il était réserve à M. Poulet, successeur de M. Langiois, de les terminer ; ce nouveau pasleur sut, par son adresse, délier toutes les difficultés ; par sa parole persuasive et chaleureuse, réveiller la générosité, Taraour-propre, le zèle * religieux de ses paroissiens, et les porter enfin à achever un édifice qui, en définitive, restera comme un magnifique témoignage de leur piété et sera le plus important monument de notre ville.
Grâce à M*"' Bodinier, fille de M. Lecomte, mort maire de Craon en 1845, les abords si escarpés de Téglise ont été adoucis, embellis par deux rampes circulaires et par un magnifique escalier direct en granit. (Voy. pi. XXIX.)
D'autres dons sont venus successivement enrichir Téglise de ses trois autels en pierre, aux fines et élégantes découpures gothiques, œuvre de M. Tabbé Choyer, d'Angers ; de fonts baptismaux dignes des autels ; d'une chaire admirable en bois de chêne, œuvre du célèbre Hodé, de Rennes ; de quatre confessionnaux du même style dus aux mêmes artistes ; d'ornements sacerdotaux dont la richesse rivalise avec ceux de nos cathédrales, et enfin des trois verrières du chœur, sortant des ateliers des Carmélites du Mans.
Les connaisseurs admirent par-dessus tout la statue de l'autel du Sacré-Cœur : c'est un des chefs-d'œuvre de Barrême, déjà si connu par ses belles inspirations artistiques et religieuses. L'attitude, les traits de Notre-Scigneur sont empreints d'une expression si profonde, si ineffable de douceur et de mélancolie, qu'il est difficile de le considérer sans émotion.
Ce qui distingue notre église, est le bon goût, la sobriété, l'accord et l'ensemble de son ornementation: toutes les parties de l'édifice répondent au style de son architecture, un peu indécis il est vrai, mais qui, par ses colonnettes sans chapiteaux et pur ses nervures prismatiques, peut être rapporté au xv" siècle.
La nef principale, longue en dedans, le chœur compris, de cinquante mètres, mesure onze mètres quarante centim. de large et vingt mètres de haut sous clef de voûte. Les deux collatéraux, qui s'arrêtent au transept, ont cinq mètres quatre-vingts centim. de largeur sur sept mètres cinquante cent, seulement de hauteur. La superficie intérieure de Tédifice présente une surface totale de neuf cent cinquante mètres carrés.
Toutes les voûtes sont en briques et à arêtes de tuffeau. Cette pierre, belle par sa blancheur inaltérable, mais d'une faible résistance, a nécessité l'épaisseur qu'on reproche à nos piliers. On aurait désiré aussi que le clocher n'eût pas enlevé une travée k la nef, déjà un peu courte ; mais
si les besoins de la population Texigent, nos enfants auront encore le moyen d'agrandir et d'embellir celte église, en prolongeant les collatéraux autour du chœur. Somme toute, cet édifice, déjà si considérable, en égard aux ressources de la paroisse, restera comme une des bonnes créations de M. Moll, architecte, et notre compatriote qui,par son désintéressement et l'activité de ses démarches, a contribué de tout son pouvoir à l'achèvement de son œuvre.
Ce monument, dont la première pierre avait été posée le 21 septembre 1847 par Mc^ Bouvier, évéquc du Mans, sous le mairat de M. AUard, a été inauguré le 6 mai 1855 par M. Poulet, doyen, successeur de M. Langlois, et consacré par W Wicart, premier évoque de Laval, sous l'administration de M. Rabeau, faisant fonctions de maire, le 7 octobre suivant.
Les constructeurs de ce monument furent MM. Hébert et Boulain, maîtres-maçons; Cherruau, charpentier; Charbonnier, serrurier.
Disons enfin qu'après avoir si bien complété cette œuvre, M. l'abbé Poulet se crut obligé, pour son repos, de quitter la paroisse au moment même où il venait de lui procurer deux belles cloches (1).
RENVOI K (des pages 269 et 388).
Louis II de La Trémoillc et sa femme Gabrielle de Bourbon-Montpensier avaient fondé dans la chapelle Saint-Thomas un service anniversaire pour leur fils unique, Charles de La Trcmoille, tué à Marignan.
En 1647, le procureur fiscal de Craon remontra que le chapelain de Saint-Thomas ne célébrant plus depuis plusieurs années la grand'messe
(1) L'une de ces cloches pèse 2,900 kilogr. et l'autre 1,100 kilog. Sur les deux cloches est écrit : « J'ai été bénite pour Téglise de Saint-Nicolas de Craon, par Mt^ Wicart, <f premier évéque de Laval, assisté de M. Poulet, chanoine honoraire, curé-doyen de « la paroisse. » C'est qu^en effet, leur bénédiction devait être faite solennellement par Mv' Wicart ; mats la vérité est qu'en raison des regrets causés par le départ de H. Tabbé Poulet, c'est celui-ci seulement qui les a bénites au Mans, et qu'elles ont été montées sans aucune cérémonie dans notre clocher au mois de février 1861 • Les parrain et marraine de la plus grosse cloche ont été M. Morillon, maire de Craon, elM^i* Félicité Louasne; ceux de la seconde cloche, M. de Bodard et M»* Alfred de Guesdon. Quant A la troisième cloche, voy. p. 276.
La famille de Guesdon, que nous avons eu l'occasion de citer plusieurs fois, porte (Pazur au chef d'or, chargé d'une épéc de sable à la poignée d'argent.