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Partie des logements dudit hôpital

Métairie de Fouché, en Livré, affermée 200

Le verger Allon 90

Les deux Bodinières 65

Deux closeries au Boutais, en La Selle 159

La Bouveric-Houdmon ?

Gloserie du Grand-Cimetière, en Pommerieux ?

La Hunaudière, en Pommerieux ?

La Salière, en Châtelais 60

Douze journaux de bois du Limet, donnant onze cents bourrées et onze cents fagots 120

Quatre maisons à Craon 228

La Maladrie de Pommerieux 38

Borderie 70

Le quart du temporel de Taumônerie Saint-Julien de

Livré (1) par abonnement 50

{\) Ci-devanl apparicnant, dit le procôs-vcrbal, ^ Tordro de Saint-Lazcnrc.

Rentes en argent.

Par les Dominicains de Craon SS liv. d s.

Sur la Halbaudière , 28 »

Sur le Bois, en Méral 23 »

Sur la Vauvelle, en La Chapelle (1693) 32 »

Sur la Gaulerie d'Athée 18 »

Sur la Rivière (1727) 18

Sur les héritiers Monnier 10 »

Sur les héritiers Poipal 8 d

Sur la Garde, en Châtelais 2 10

Sur la Boutais de Bouchamp 13 »

Sur la Chotardière 18 »

Sur le Terras ; 4 »

Sur la Savariais, en Châtelais 8 p

Sur le jardin de la place Valaise 7 »

Sur la Crocherie de Pommerieux 4 »

Vingt-huit contrats de constitution de rente, ensemble 1,178 »

Autres rentes adjugées 133 »

Rentes diverses, ensemble 331 »

Total 1,848 liv. 10 s.

De plus il était dû àThôpital Sainl-*Jean et à Thôpital général, par suite de différents arrêts de 1736 et 1740, déposés dans les archives de ce dernier établissement, huit cents boisseaux de seigle par Tabbaye de La Roê, sur lesquels Thôpital en avait trois cents.

Enfin, selon le receveur de Thospice Debon, ses recettes du 21 jnai 1767 au 21 mai 1769 avaient été de 10,218 fr.

Et ses dépenses de , 9,904

Ce qui donnait à Thôpital un revenu annuel de« 5^109

Les hospitalières déclarèrent n'avoir participé en rien à ces revenus ni à aucune autre recette.

Après que le receveur eut déclaré n'avoir connaissance d'aucun autre don fait aux pauvres, le juge commissaire interpella l'assemblée sur le fait de savoir si l'hôpital pouvait continuer d'ôtre administré comme il l'avait été jusqu'à ce jour.

« Le curé et les municipaux ont dit que non ; que l'administrateur Debon, nommé par M. Ambroise d'Armaillé, était insuffisant; que conformément à l'ordonnance du 12 décembre 1698, l'hôpital fondé par les dons des AaW- (awfs de\ ait être administré par les deux premiers officiers municipaux,

le juge, le procureur fiscal, le curé de la ville, et les personnes choisies parmi les notables par rassemblée générale ;

a Que les baux, au lieu d'être donnés à vil prix au sieur Debon, devraient être mis aux enchères.

« Les sieurs Jamet etLemercier affirmèrent que Tannée précédente, une des sœurs avait déclaré qu'il n'y avait pas quatre livres de pain pour le sou perdes malades, que le vin était aigre et que les remèdes manquaient. « Gosseron, Maupetit, Gautier, Pannetier et Lecomte, administrateurs actuels, ont dit que, pendant leur admiriistration, les malades n'avaient manqué de rien.

(( Le curé Rattier dit que le plus grand abus était qu'une personne puissante fit les fonctions d'administrateur; que le baron ôtait l'administration de rhôpital à des religieuses admirables de charité et de piété, chez lesquelles même les sœurs du baron avaient été pensionnaires, pour la donner à la femme de son agent, Debon, laquelle chargeait son valet de donner le pain. Or celui-ci se faisait attendre et traitait brutalement les religieuses; que M"*" Debon n'achetait que soixante livres de viande par semaine pour les pauvres, une pensionnaire et plusieurs domestiques (environ 163 gram. par personne et par jour !] ; que le pain était souvent moisi et qu'il entendait souvent les plaintes des pauvres ;

a Que les bienfaits des anciens seigneurs ne consistaient que dans leur consentement à la réunion de la chapelle de raumônerie. audit hôpital (environ 200 livres de rente] et dans le don d'une maison trop petite pour les écoles et qu'on remplaçait alors même par de nouveaux bâtiments (1), tandis que les dons et aumônes des habitants du ressort produisant environ 4,000 livres, exigeaient une administration régulière aux termes de l'ordonnance du 6 août 1713; que cette ordonnance interdisait aux débiteurs des hospices d'en être les administrateurs; que cependant le baron devait à l'hospice une rente de six boisseaux de seigle sur la closerie de l'Âumônerie, paroisse de Saint-Clément, et en outre s'était fait prêter par le sieur Debon 2,870 livres, etc. » Le procès-verbal ne fut clos que le 12 juin. L'information avait ainsi exigé seize jours de travail et quatre jours de voyage. [Arch. de la Mayenne^ H, 116.)

Les observations du curé avaient piqué le baron, car, dès le mois d'août suivant, il déclara être décidé à rembourser ce qu'il devait à l'hôpital, mais dans un délai de six mois, afin de donner le temps à l'hôpital de trouver uii placement. Effectivement il lui remboursa 5,107 livres en 1772.

(1) Ce sont sans doute ceux en mansarde, dont la façade regarde la route de Pouaucë.

1771. — Par suite de réconomie rétablie et d'un don de 2,000 livres de la part d'un anonyme, le nombre des lits fut porté de vingt-quaire à vingt-six.

1772 (février). — Grande disette, le boisseau de seigle de 48 livres monte à 6 livres 15 sols (ce qui ferait 4 fr. 22 cent, le double décalitre de IS kilog. à même valeur intrinsèque de l'argent ; mais 12 fr. 66 cent, à valeur relative de 1866). Aussi le procès-verbal du bureau de Thôpiial constate que plusieurs personnes ont été trouvées mortes d'inanilipn, notamment un homme qui, n'ayant pu être reçu à Fhôpital, expira avant d'arriver à la Baraterie de Saint-Clément où il allait chercher un asile. En présence d'une pareille calamité qui durait depuis plus de quatre ans, le bureau décida qu'il serait établi six nouveaux lits temporairement jusqu'au 1«' août 1772,

Enfin un arrêt du Pariement du 11 juillet 1772 donna gain de cause aux réclamations mentionnées ci-dessus, el ordonna que le baron nommerait dorénavant quelqu'un pour le représenter au bureau. Les administrateurs députent en conséquence le sénéchal Cosseron près de M. d'Ârmaillé pour connaître la personne dont il avait fait choix. Le 11 septembre 1774, Cosseron rapporte au bureau qu'il a été fort mal reçu et mis à la porte. Le bureau décide que copie de la déposition de Cosseron et un extrait de l'arrêt du Parlement seraient adressés à l'intendant de la province en le priant de nommer quelqu'un capable d'exercer les fonctions d'administrateur. Ont signé : Rattier, curé ; Saget, premier échevin ; Cosseron (cassé de sa place de sénéchal depuis dix mois) ; Chartier, greffier du bureau. L'approche de l'orage révolutionnaire empêcha la terminaison de cette affaire. Cosseron néanmoins continuait de se dire sénéchal et ne fut remplacé qu'à la fin de décembre 1777 parHalbert.

1776. — M"® Guion, de la Rouerie, se fait admettre grande pensionnaire pour la somme de 1,200 livres une fois données.

Du 27 août 1778 au 12 septembre 1779, la recette de l'hôpital était de S,449 livres et la dépense de 8,517.

1781. — Marie Marais fonde un vingt-septième lit.

1789 (1«' décembre). — MM. Chassebœuf, avocat; Daigremont, contrôleur des domaines ; Monnier, boulanger ; Esnue de la Vallée, avocat, se présentent au bureau représenté seulement par Saget, chanoine, Huau de la Rernarderie, curé de Craon, et Halbert, qui ne prend plus le titre de sénéchal, et mettent sur le bureau une délibération du comité permanent de la ville de Craon qui les nomme provisoirement administrateurs, et M. Douane, receveur. Ces messieurs sont admis avec empressement par le bureau.

1790 (17 novembre). — Les administrateurs du directoire du district de Craon, accompagnés de Charles Pannetier, avocat procureur fiscal, reçoivent la reddition des comptes du sieur Halbert, nommé commissaire du roi à Segré, et ci-devant chargé de la recette de Thôpilal.

1790 (12 décembre). — Devant les administrateurs de Thospice, Huau, curé de Craon (sic), Saget, ci-devant doyen du ci-devant chapitre de Craon [sic], Chassebœuf, doyen des avocats faisant fonctions de juge au siège de Craon, l'office vacant, le procureur syndic Pannetier invite le bureau à prendre en considération la triste position des pauvres depuis plus d'un an sans administration et les adjure de nommer un receveur qui se charge des intérêts d'individus dignes de la plus grande commisération, dans un moment où le patriotisme, oii la fraternité distingue les âmes sensibles (1).

M. Chassebœuf répondit que rien n'était plus nécessaire, en efftU, que de rétablir Tordre dans cette administration ; mais qu'aux termes de la déclaration de décembre 1698, les deux hôpitaux avaient pour administrateurs-nés le premier échevin [alias)^ le syndic de la ville, le sénéchal, le procureur fiscal et le curé de Craon qui représentait aussi Saint-Clément. Que l'ancienne municipalité avait été remplacée par un comité permanent auquel ont succédé dçux municipalités : celle de la ville et celle de Saint-Clément, et qu'on ignore laquelle des deux doit avoir inspection sur les deux hôpitaux qui se trouvent dans la municipalité de Saint-Clément. Il croit donc nécessaire de soumettre la difficulté au procureur syndic du département de la Mayenne. En attendant, MM. Saget et Huau prennent l'engagement de se consacrer au service des pauvres jusqu'à nouvel ordre.

1791 (8 janvier). — Les administrateurs du district de Craon, requis par M. Pannetier, procureur syndic dudit district, nomment M. Douane, receveur de l'hospice. Signé: Trotry; Halligon la Brosse; Frontault; Chevalier, père et fils ; Douane ; Pannetier (2). Ce fut dans cette dernière séance que l'administration de l'hospice rendit son dernier soupir. Il n'en est plus question jusqu'au 29 nivôse an X (19 janvier 1802).

Pendant ce lugubre intervalle, l'administration, au lieu de s'occuper du soulagement des pauvres et des malades, fit estimer leurs biens et les vendit.

(i) La sensibilité était le mot à la mode ; personne qui ne parlât alors de sa sensibilité. On sait comment finit ce sentimentalisme.

(S) M. Pannetier se retira k Laval. Sa fiUe, épouse de M. d'Aubert, fut la tige de celle honorable famille.

Voici, d'après des titres authentiques, la liste à peu près exacte des biens vendus :

Métairie de Foucher Livré. 46 9 610 28,oOÔ

3 closeries aux Bodinières. . La Selle. 41 8 320 20,000

Verger AUon '... NiaHe. 15 2 330 45,100

Bois au Limet Saint-Martin. 12 » 120 4,300

Closerie du Grand-Cimetière. Pommerieux. 5 11/2 170 »

Borderie Houdmon Id. 11 2 200 >

Hunaudière Id. 11 1 100 »

La Boutais La Selle. » » 280 10,000

LeRibot Bouchamp. » » 140 7,800

4 maisons à Bel- Air, Haute-Folie, Grande- Rue et au Pressoir - » > 218 11,850

Jardins de TOrnaie, d^e la Croix-Rouge, de la Lavanderie et du Poirier » » 303 10,323

Total » » 2,791 »

Les rentes dues à Thospice par les établissements détruits, notamment par La Roê (1,690 liv.) et par le prieuré de Saint -Clément (4,900), se montaient à 6,890 »

Les rentes dues par les particuliers et remboursées par eux à vil prix 316 »

Total des revenus perdus par l'hôpital 9,697 liv. »

Heureux temps où, grâce au prétendu progrès des sciences morales, de la sensibilité et de la fraternité^ les pauvres, les infirmes, les malades n'eurent pas plus besoin de remèdes que de secours charitables ! — Pour réaliser une si incroyable spoliation, nos faiseurs d'utopies osèrent persuader au peuple que ses malades seraient beaucoup mieux soignés à domicile et que, pour atteindre ce beau résultat, la vente des biens des hospices était nécessaire : inutile de dire que cette vente ne donna ni capital, ni revenus, et que le nombre des misérables augmenta de jour en jour, notamment, dit un mémoire déposé aux archives de l'hospice, par suite d'affections violentes autrefois fort rares... Mais qu'importe, le pauvre peuple avait lâché sa proie pour l'ombre, et le tour était fait!...

Afin de pallier un peu ce triste état de choses, le gouvernement donna à notre hôpital, en 1798, divers biens confisqués dans le pays et montant

(1) On sait que le prix nominal de ces ventes et le capiialdcs rentes ftirent piesque tous remboursés en Tan II et Tan III, époque à laquelle les assignats ne valaient plus qus 5 0/0 de leur valeur représentative.

SUITE DU RENVOI M. 68i

environ, en capital, à 3,300 livres. C'était peu; aussi M.Chartier, qui était toujours président du district, déclara, le 5 février 1800, que le dénûment des hôpitaux était effrayant. Il parvint à arracher un secours de 2,849 fr. pour donner un à-compte aux fournisseurs qui ne voulaient plus attendre, ainsi qu'aux médecins, aux chirurgiens, aux nourrices des enfants de la patrie, — mais le déficit n'en continua pas moins de s'accroître.

Enfin, avec le commencement du \iV siècle, l'atmosphère intellectuelle et politique sembla s'éclaircir et se purifier; à peine le calme fut-il rétabli que l'on vit revenir d'elles-mêmes, comme des messagères d'espérance, quelques-unes de nos bonnes filles de la Croix. MM"^" Gastineau et Lorrain, aidées de M"" Laubinière, se mirent aussitôt à l'œuvre, sans autre appui que cette croix qui pend encore sur la poitrine des sœurs qui leur ont succédé, en héritant à la fois de leur nom, de leur costume et de leur admirable dévouement pour les malades. En 1801, un gouvernement plus régulier consentit à se charger des dettes contractées par l'hôpital, de l'an V àranVIII,etlui donna la rente d'une somme de 36,1 44 fr. due à des fabriques d'églises d'Ille-et-Vilaine. Ces fabriques prétendirent que ces rentes n'ayant pas été aliénées, devaient leur être rendues, ce qui pouvait bien être vrai; mais les idées de justice n'étaient pas encore parfaitement rétablies, et d'ailleurs les pauvres, ces pierres vivantes de l'Église, pressaient encore plus que des réparations matérielles, et les rentes nous sont restées.

Dès 1802. un généreux habitant de notre ville, dont le nom mérite de s'associer dans ia mémoire de nos populations à ceux des bonnes sœurs que nous venons de citer, M. Delacroix (1), voulut se charger gratuitement des fonctions de receveur de l'hospice et, en 1806, cet établissement ce trouvait avoir 2,400 livres de rente ; cette somme, jointe aux quêtes infatigables de nos sœurs et sans doute aux dons secrets de M. et de M°*° Delacroix, et d'autres habitants, compléta un revenu de 8,694 fr. ; de sorte qu'en 1824, notre hôpital était revenu au même nombre délits qu'avant la Révolution, c'est-à-dire à vingt-six lits de malades, plus quatre pour les infirmes; à cette même date de 1824, la journée d'entretien d'un malade coûtait 80 centimes et la mortalité était évaluée à un sur onze.

(i) M. Delacroix était de Rouen : enrôlé malgré lui dans le bataillon levé dans cette ville et lancé par la Convention sur la Vendée, il vint à Graon : il y épousa Mii« Besnard cl n'a pas laissé d'enfants. Son bcàu-frère, Jean-Auguste Besnard, reçu docteur en médecine en 1791, fut nommé médecin dans 1rs hôpitaux ambulants de Tarmée des côtes de Cherbourg, et, le l«juilletl70o, professeur adjoint de clinique à Paris; il mourut à Houen, après M. Delacroix, et ne laissa pas non plus d'enfants, de sorte que la fortune de ces deux messieurs est devenue en quelque sorte celle des pauvres de Craon.

En 1828, M. Sillère, curé de la Chapelle-Hullin, donna à Thôpital une closerie au village de la Blanchère.

Aujourd'hui (1866), rhôpital possède quarante et un lits dfî malades sans compter Thôpital des infirmes, et donne par an plus de vingt mille journées de nourriture, dont le prix est évalué à 58 ou 59 cent. ; d'où Ton peul conclure que les revenus de rétablissement se montent à 15 ou 16,000 fr.

RENVOI N (des pages 47 et 3fi8).

Hôpital général ou des Incurables.

PatroB : saint François d'Assise.

Une dame, alliée h la famille de Lantivy, Catherine Belossier, donna en 1714 les bâtiments où est aujourd'hui le collège, pour y placer un hôpital général et en outre fonda, de moitié avec une autre bienfaitrice, Marguerite Lenfantin, une rente de cent écus au capital de 6,000 livres pour le môme établissement. Peu après, cet hôpital reçut le don de la métairie de la Glanerie.

Avant la construction de cet hôpital général, les infirmes ne possédaient à Craon qu'un petit bâtiment composé de quatre logements, situé où est aujourd'hui la maison de l'Ornaie dans les Vaux.

Voici un extrait des lettres patentes du roi, obtenues à la réquisition des syndics, bourgeois et habitants de Craon, et autorisant l'établissement de l'hôpital général; datées du mois d'août 1715, elles doivent être un des derniers actes de Louis XIV, qui mourut le 1** septembre suivant :

a Nos chers et bién-aimés les syndics, bourgeois et habitants de la ville de Craon, nous ayant très-humblement fait représenter que leur ville étant située dans un canton des moins fertiles de la province, et les pauvres qui y sont en grand nombre ainsi que dans les paroisses des environs ayant bien de la peine à gagner leur vie... ils ont cru que le moyen le plus sûr pour leur procurer quelque soulagement, était d'établir dans cette ville, à l'exemple de la plupart des villes du royaume (1), un hôpital général pour servir de retraite aux mendiants, orphelins et surtout* ft ceux qu'un âge trop jeune ou trop avancé, ou de trop grandes infirmités mettent hors d'état de travailler... ayant été pris pour cet effet une délibération portant consentement unanime de la communauté des habitants dans une assemblée générale tenue dans toutes les formes requises, le 7 janvier

(i) Par un édit de 1063, Louis XIV avait ordonné l'établissement d*un hôpital général dans toutes les villes un peu importantes.

SUITB DU RENVOI N. 683

1714. Que cet état sera encore très-avantageux au public en ce qu'on élèvera dans cet hôpital les jeunes enfants au travail et que cela contribuera beaucoup... au commerce du fil qui fait toute la richesse du pays... A ces causes nous... autorisons par ces présentes rétablissement d'un hôpital général dans la ville de Craon pour y être, les pauvres, les vieillards valides et invalides, les mendiants et orphelins de Tun et de Tautrc sexe, hors d'état de gagner leur vie, natifs et originaires de ladite ville et des lieux circonvoisinSy renfermés, nourris et entretenus, instruits des principes de la religion |catholique et employés aux ouvrages et travaux qui pourront convenir... amortissons par ces présentes (1) les bâtiments, cours et jardins formant Tenclos dudit hôpital, etc. (Permettons d'y faire fabriquer et vendre au profit des pauvres toute espèce d'ouvrages, d'y faire instruire les pauvres pendant six ans par des artisans habiles, lesquels, après avoir ainsi enseigné, pourront être reçus maîtres es arts et métiers. Permettons de recevoir tous legs (2), de passer tous contrats, de placer des troncs ou boites pour les pauvres, d'empêcher la mendicité publique. D'avoir, dans ledit hôpital, prisons, poteaux, carcans pour punir les délinquants ; s'ils venaient à commettre des fautes graves ou crimes pour lesquels il y eût lieu d'infliger des peines plus graves, ils seront mis es mains des juges.

« Pour empêcher les pauvres de mendier, permettons auxdils administrateurs d'avoir tel nombre d'archers qu'ils jugeront nécessaires pour prendre les mendiants et les conduire dans ledit hôpital ou hors de la ville. Ces archers auront des casaques, bandolières ou autre marque qui les fasse reconnaître. et pourroniporler épée ou hallebarde nonobstant nos ordonnances.

« Afin que les directeur, syndic et trésorier ne puissent être distraits d'un service si important à la gloire de Dieu, au service public et au soulagement des pauvres, voulons que pendant le temps de leur administration ils soient exempts de curatelle et autres charges municipales, sauf celles qui leur auraient été déférées avant leur administration.

a Déclarons appartenir audit hôpital tous les meubles que les pauvres y décédés auront apportés. Déclarons ledit hôpital exempt de guet, de garde, de tout droit de fortification, logement, aide, subside et contribution de gens de guerre, à condition que les filles qui desserviront ledit

(1) C'est-à dire : rendons de main-morlc et non sujette à droits de mutation, ni à payer à TEtat aucune indemnité.

(2) On a vu au renvoi M que l'art. H de ces lettres patentes autorisait Thôpilal général à s'approprier les aumônes et rentes faites ou à faire aux pauvres, ce qui lui procura cinq cents boisseaux de seigle sur Tabbaye de La Roë.

hôpital ne pourront jamais faire de vœux, ni corps de communauté^ et dépendront du seigneur évêque et des directeurs auxquels il sera Itbre de les congédier ou changer toutes les fois quils le jugeront à propos.

a A Versailles, août 1715 et de notre règne le 73^ Signé : Louis. » (Notes de Livré.)

Ces lettres ne furent enregistrées au Parlement que le 24 janvier 1729.

Suivant la déclaration du 13 décembre 1698, le bureau de Thôpilal général se composait du premier magistrat ou officier de justice du lieu, du maire ou syndic, des échevins et de Tun des curés de la ville, à tour de rôle chaque année. Outre ces directeurs nés et perpétuels, il y avait quatre administrateurs électifs renouvelés tous les deux ans. Etaient aussi nommés dans ladite assemblée générale un syndic chargé des affaires extérieures et un trésorier chargé de recevoir les revenus et de payer les charges et dépenses ; ils étaient rééligibles indéfiniment.

Le bureau s'assemblait une fois par semaine.

Une ou deux fois par an se tenait audit hôpital une assemblée composée des anciens administrateurs, des bourgeois et habitants qui avaient droit d'assister aux autres assemblées de ville.

Pour les affaires importantes, les directeurs devaient être au nombre de sept, et pour les moindres, cinq.

En 1738, Chassebœuf, marchand de drap et mair de ville, avec les administrateurs de Thôpilal général, achète, moyennant une rente de 70 livres amortissable par 1,400 livres, un journal de pré sur les Vaux, joignant à l'orient, les jardins des Basses-La van deries ; au nord, la rue des Vaux ; au midi, la rivière et la ruelle de la Lavanderie ; à l'ouest, les jardins des chapelles de la Hourisserie, de l'Orzenaie et de la Haute-Lavanderie, et joignant le pré Louant dépendant dudit hôpital. Plus une rente de 30 livres assise sur une maison (1).

Aux assises de 1774, les biens de l'hôpital général se composaient : de maisons, chapelle (2), grange, jardin, verger et de terres de la chapelle des Vaux, ensemble trois journaux; plus trois hommées de pré au couchant de cet enclos qui furent le pré Louant. Ledit pré joint à l'ouest les maisons, jardin et pré des Lavanderies ou Goulbaudiëres, au midi l'Oudon.

De trois maisons au carrefour de la Croix-Rouge.

D'un grand corps de maison près le grand cimetière (ancienne chapelle de l'Orzenaie ou Ornaie).

(1) Ainsi un Journal ou hommée de pré, ou trente-neuf ares, à Samt-€lément, coûtait oo'iiv. de rente au capital de 1,000 liv. en 1738. (â) La chapelle esl bâtie sur Tancicn pré dit de la Sacristie.

D'un jardin de quinze cordes près la Coulbaudière et TOrzenaie. D'une pièce de la closerie du Buisson, dépendant dudit hôpital général. Et de la Glanerie. (M. Tabbé Logeais.) k répoque de la Révolution, cet hôpital possédait :

JoQrnaox. Hommées. Estimation.

La closerie du Ribot, en Bouchamp ^10 1 3,234

La Glanerie, en Livré (qui n'a pas été

aliénée) 17 8 9,262

Le Buisson, en Graon... 11 1 3,432

Maison des Vaux, commune de Clément {sic) ) - <^qQ

Les Lavanderies et le grand jardin. )

Maison de TOrzenaie ou TOrnaie 1,628

Maison au Pavé Clément (sic) 1,496

Maison au Poirier 680

Estimation totale 21,000

Le tout, sans compter la rente de cinq cents boisseaux de seigle, due, comme nous l'avons vu au renvoi M, par La Roë, vaudrait aujourd'hui plus de 70,000 fr. Eh bien, le 9 ventôse, an III de la République (27 février 1798), le champ qui assurait l'instruction à nos enfants, le champ qui aidait l'infirme à supporter ses maux et le malade à lutter

contre la mort, fut mis à l'encan et il se trouva des patriotes assez vertueux pour le vendre et des frères assez sensibles pour l'acheter !

Mais après avoir dit ce qu'ont fait pour le peuple ses bons amis les philanthropes, c'est-à-dire les philosophes en paroles^ il convient de dire ce qu'a fait pour lui la charité chrétienne, c'est-à-dire la philosophie en action.

L'hôpital général ou hôpital des infirmes a été reconstitué et rebâti en entier près celui des malades, par M. et M""' Delacroix, pour 12 lits.

M. l'abbé Théard, chanoine honoraire de Nantes et né à Craon, a fondé aussi un lit 1

Enfin M"* Lesecq, de Craon, en a fondé un autre 1

Total des lits fondés en 1866 14 lits.

Il existe en outre six à huit lits occupés par des infirmes qui payent pension à l'hospice selon leurs facultés.

En résumé, nos deux maisons hospitalières peuvent donc secourir au moins cinquante-cinq pauvres malades ou infirmes, et il serait facile d'en augmenter le nombre si on accordait aux familles fondatrices, comme cela avait lieu autrefois, l'honneur, qui ne fait de mal à personne, de présenter à ces lits, en se conformant aux règlements.

Sept sœurs libres et huit domestiques suffisent au service de ces deux établissements.

Il existait encore à Graon une institution de bienfaisance, appelée la Charité ou la Maison aux Onguents. Elle dut son origine à Jean Boncault, sieur de Launay, chanoine de Saint-Nicolas. Par son testamenl da 30 mai 1692, il légua 500 livres à Thôpital et 71 livres de rente à sa domestique Perrine Girou, à condition qu'elle en emploierait 35 à acheter des drogues pour continuer de faire des onguents pour les pauvres dam la maison du testateur^ et 36 livres pour sa propre subsistance. Mais à la mort de ladite Girou, les administrateurs de Thôpital feront choix d'une autre fille capable de confectionner ces onguents et à laquelle reviendra la pension entière de 71 livres. La Maison aux Onguents est cette maison fort étroite et forte haute que Ton voit encore près la porte d'Angers.

En 1775, M"® Marguerite-Françoise de Lantivy légua 1,000 livres k cet établissement, en stipulant que ce don ferait retour à ses héritiers si on voulait le porter aux hôpitaux : connaissant^ disait-elle, le mérite de cette maison de la petite charité.

Ce qu'on a pu sauver de cette maison a été réuni à Thôpital Saint-Jean en 1824. Cet hôpital, en donnant aux pauvres des remèdes et du bouillon, ne fait donc que remplir un devoir imposé par les donateurs.

Terminons ces notes bien incomplètes sur nos établissements charitables par une réflexion. N'est-il pas infiniment regrettable que, lorsque, grâce principalement a la générosité peu commune do M.etdeM"»* Delacroix, notre' hôpital des infirmes a été bâti près de celui des malades, on n'ait pas pensé à réunir ces deux hôpitaux dans la position beaucoup plus salubre de l'ancien hôpital général, et à mettre le collège dans l'hôpital des malades? Au moyen de cet échange les enfants auraient eu moins de chemin à fa re deux fois par jour et moins de boue, et nos hospices posséderaient un emplacement plus sain pour eux, comme pour la ville, avec de belles prairies, et au bas, la rivière pour leurs besoins.

L'hôpital aurait pu vendre avec avantage une bande de terrain le long de la route de Nantes pour y bâtir, et notre ville aurait eu à sa plus belle entrée une riante bordure de maisons au lieu de ces murs si longs, si monotones, si affreux.

Nous pourrions appuyer cette idée par des considérations d'un autre ordre, auxquelles on n'accorde pas, il nous semble, assez d'attention.

D'où vient cette antipathie, toujours croissante, du peuple pour l'hôpital? A Craon, surtout, elle est désolante. Nulle part, cependant, les soins ne sont plus assidus, plus éclairés, plus charitables. Cette aversion ins tinctive ne tient-elle point à la tristesse que lui cause la vue d'un hôpital.

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