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Acte de naissance et de baptême de Louis de France

second fils de Charles V.

« Sabbato, die iSmartii 1371, horâ post mediam noctero, quasi per duas horas anle diem, natus fuit secundo genitus domini nostri régis Garoli, in domo sancli Pauli, propë Parisiis, et Lunae 1§ die martii, baptizatus fuît in Ecclesiâ praedictâ Sancti Pauli, horâ 12, et tenuit eum suprà fontes dominus Ludovicus cornes Stampensis. Et nota quôd praedictus cornes non tenuit eum suprà fontes per se, nec pro se, sed nomine et pro domino duce Andegavias, avunculo dicti domini pueri, exeo quôd haberel nomen ipsius quod babet dictus cornes. Et baptizavit eum dominus archiepiscopus Remensis, dominus Johanues de Credonio : et duodecim episcopi, induti pontificaliter in mitris, et cappis et crocis. Et sic est nomen ejus Ludovicus de Franciâ. Et tenuit eum eum eo suprà fontes dominus Constabularius, Bertrannus de Guesclin, qui post baptismum domini Ludovic! suprà fontes, ei nudo tradidit ensem nudum, dicendo sic, gallicè : Monseigneur^ je vous donne cette espée^ et la mets en vostre main : ec prie Dieu qu'il vous doint un tel et si bon cœur que vous soyez encore aussi preux et aussi bon chevalier^ comme fut oncques Roi de France^ qui porta cette espée, » (Ménage, liv. 11, chap. i.)

RENVOI U (de la page 322).

Arrêt

En foime de commission pour informer de la prise^ viol et assassinat du château de Montjean^ en Vannée mil cinq cent quatre-vingt-onze^ par Pierre Le Comu^ sieur du Plessis de Cosmes, alors gouverneur de la ville et château de Craon,

« Henri, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, aux sénéchaux d'Anjou, du Maine, leurs lieutenants, prévôts, enquêteurs, juges des exempts par appel à Laval, et juges du Bourg-Nouvel, au premier noire huissier ou sergent, salut.

« Delà part de la dame Claude de Saint-Melcne, veuve de messire Jean de Griquebœuf, écuyer, chevalier de nos ordres en son vivant, capitaine du château de Monljean, nous a été cejourd'hui humblement exposé, en

noire cour et chambre établies pour Texécution de nos édils de paciiicalion, que, pour raison du meurtre, assassinat, viol commis en la personne dudil sieur de Criquebœuf, ses domestiques et sujets, trahison et surprise dudit château de Monljean, en Tannée rail cinq cent quatre-vingtonze, par Pierre Le Cornu, sieur du Plessis de Cosmes, alors gouverneur de la ville de Craon, et complices, au préjudice de l'amitié qu'ils s'étaient promise et de l'ancien âge dudit défunt, qui vivait âgé de soixantedix, ans.

« Le juge de Laval avait informé contre lui, et, sur les informations qui en avaient été faites et portées dans le même temps dans notre bonne ville de Tours, notre Parlement y étant alors, il fut fait décret de prise de corps du quinze février mil cinq cent quatre-vingt-douze, contre ledit Le Cornu; — Mathurin Durand, dit Hardonnière; — le prêtre Ory, curé d'Astillé, dit Le Bruneau ;• — François Domin, dit Belinière; — Guillaume Domin, dit Réaufé (1) ; — Jean Domin, dit Brancherais ; — Jean Helbert, sieur des Noës ; — le sieur de Villamy (2) ; — Jacques Hoyau de Cessé ; — Moïse Le Masson; — Olivier Aubert, dit Toineau (3), complices dudit sieur Le Cornu. Mais, au moyen que ledit Le Cornu et complices se sont toujours retirés dans la ville et château de Craon, il a été impossible à ladite exposante d'avoir raison et justice du proditoire assassinat, et n'a été ladite ville de Craon rendue en notre obéissance que de l'année dernière. Et désirant ladite exposante poursuivre en justice lesdits meurtres et voleries, ledit Le Cornu étant en celte ville, ladite exposante l'avait fait emprisonner en la conciergerie de notre palais, en vertu dudit arrêt; mais au moyen de la maladie dont il était pour lors atteint, il fut élargi parla ville. Ladite exposante avait voulu faire interroger ledit Le Cornu et poursuivre l'instance du procès, par notre aimé féal Philippe de Thurin, conseiller en notre cour, qui fut chargé des informations sur lesquelles est intervenu ledit arrêt ; elles se sont trouvées égarées, ayant d'ailleurs ledit Le Cornu pris de son autorité pendant les troubles, et lorsque la ville de Laval fut prise par ceux de la Ligue, la minute des informations, elle s'est trouvée perdue, et par ce moyen ladite exposante ne peut faire poursuivre ledit meurtre ; k ces causes, et attendu ce que dit est, et que ycelle exposante espère avoir dûment informé par les informations sur lesquelles lesdits arrêt et prise de corps ont été décer-

( 1 ) Frère du précédent.

(2) Noble Heullin de ViUamy, fils d'Antoine HeuUin, écuycr, et de Marg. Domin*

(3) Sieur de Rouzeraye, dit Roacorais, ({ualitic noble, époux de Lezine Domin. Tous ces Domin étaient de Courbeveille ou d*Astiilé.

nés et lesquels se trouvent égarés des mains dudit sieur de Thurin qui en était chargé au greffe, ainsi qu'il appert par Textrait du greffe, de la minute desquelles ledit sieur Le Cornu s'est emparé pendant le trouble : duquel meurtre ladite exposante informera de nouveau même cas, et cela a été au préjudice de la sauvegarde que le sieur de Griquebœuf avait alors avec le sieur du Bois-Dauphin et autres du parti non rebelle mêmement dudit Le Cornu ; ycelui, Le Cornu, avec ses complices sus-nommés ayant proditoirement et en trahison pris ledit château, requièrent de permettre à ladite exposante d'informer de nouveau des faits ci-dessus, circonstances et dépendances et autres faits que ladite exposante baillera pour l'information faite et rapportée par-devant notre dite cour et être pourvu à ladite exposante ainsi que de raison, et cependant faisons défense audit Le Cornu de sortir de cette ville et faubourgs, à peine d'être atteint et convaincu des cas à lui imputés.

« En outre permettons à ladite exposante de faire mettre lesdits arrêt et prise de corps à exécution contre ses autres complices, attendu qu'ils sont vagabonds et sans domicile, et même menacent de quitter la France ; sur quoi notre dite cour a ordonné en la chambre de ce dit, ouï par notre procureur général qui a ordonné commission de délivrer à ladite exposante pour en informer.

c Si vous mandons à chacun de tous, commettons que la requête de ladite exposante informe bien et dûment et secrètement des faits arrêtés qui vous seront baillés en exprès si besoin est ; toi, sergent, n'appelle avec toi ni notaire ou praticien en cour lais pour adjoint à l'information, et ce fait, être apportée grosse et scellé par-devant le greffier criminel de notre susdit procureur général et vu extraordinairement ce que de raison de ce faire, donnons pouvoir

a Donné à Paris, en notre Parlement, le dix-neuf du mois d'août mil cinq cent quatre-vingt-dix-neuf ut de notre règne le onzième.

« Ainsi signé par la Chambre, Visin, et scellé de cire jaune. »

SUIT l'information.

f Information faite au lieu de la Daguerie, paroisse de Montjean, demeure de Bertrand Raimbault, par moi Denis Couesmier (1), sergent royal, demeurant à Laval, pour expert de dame Claude de Saint-Melène, veuve de messire Jean de Criquebœuf, en son vivant écuyer, chevalier de l'ordre du roi, capitaine du château de Montjean ; M. le procureur du roi joint

(1) Il était catholique.

avec elle, à rencontre de Pierre Le Cornu, écuyer, sieur du Piessis de Gosmes, ci-devant gouverneur de la ville et château de Craon pour la Ligue; — Mathieu Durand, ditHardonnière ; — François Domin, dit Beslinière ; — le prêtre Ory, dit Le Bruneau, curé d'Astillé (1) ; — Jean Domin, dit Brancherais ; — Guillaume Domin, dit Réauté (2); — Jean Helbert, sieur des Noës ; — le sieur de Villamy ; — Robin, dit Le Sauvage ;

— Augustin Hoyau ; — Saint-Germain ; — Moïse Le Masson ; — Olivier Aubert, dit Roncerais ; — Lezine Domin, femme dudit Roncerais ; — le sieur Dutertre, de Mée; — René Le Bâtard; — le sieur de Monci; — Marin, père, de Beaulieu; — Jean Aoutin; — Julien, etc. ; — un nommé Berson, de Craon ; — Courseporte ; — Briselits ; — Grand Masson, d'Avesniëres ; — ^ Carbinet, d'Argentré-sous- Vitré ; — la femme du nommé Hasierie; — Jean Durand, dit Camardière ; — Jeanne Vibori, sa femme ;

— un nommé Brandais, dePouancé; — La Rangé, d'Astillé; — Jean Bourgault, de Cossé; — Claude Passereau ; — Abraham Lasnier; — Ville-Neuve, de Craon ; — le sieur de La Fauvellière ; — Pierre Souseprelier et leurs complices et alliés qui ont été à la surprise et au pillage du château de Montjean, où a été assassiné le sieur de Criquebœuf, ses domestiques tués et ses servantes violées.

« Du lundi six septembre mil cinq cent quatre-vingt-dix-neuf, dame Antoinette Dubois Halbrant (3), épouse de Daniel de Ponchèro, écuyer, sieur de Harpont, demeurant au lieu de la Grande-Vaslinière, paroisse de Courbeveille, âgée de trente-trois ans, témoin par nous reçu et fait jurer de dire la vérité pour la pari de dame deSaint-Melène, à rencontre dudit sieur du Ples'sis de Cosmes, et complices ci-dessus dénommés, sur la connaissance des parties, a dit les connaître à suffisance, savoir : ladite dame Saint-Melène, pour avoir demeuré avec elle quinze ans ou environ, sinon depuis quatre k cinq mois qu elle a été mariée, que pour cela ne voudrait dire que la vérité; et au regard du sieur du Piessis de Cosmes, et principaux complices, elle a dit les connaître à suffisance, qu*elle les nommerait ci-après, desquels elle a dit n'être parente, alliée ni délurée... (débitrice?)

f Dépose que la nuit d'entre le mercredi six et le jeudi sept octobre mil cinq cent quatre-vingt-onze, sur les deux à trois heures du matin, étant couchée dans la chambre dudit sieur de Criquebœuf, fut par lui appelée

(1) Si Ton en croit M. La Bauluère, ce curé, avec la part du butin» achela de belles pièces de terre.

(2) Il était frèrç de Beslinfère; la Réauté et la Beslinière sont en Astillé,

(3) Née à rEspechëro de Courbeveille en 1560, mariée en ln99.

pour allumer du feu, d'autant qu'ils entendaient du bruit extraordinaire dans ledit château, et qu'après qu'elle eut allumé la chandelle ladite déposante vit ledit sieur de Criquebœuf se jeter promptemenl hors du lit nn en chemise, de môme que ladite Saint-Melène ouvrant la porte de la chambre pour savoir ce que c'était, et en ouvrant ladite porte elle entrevit incontinent ledit Hardonniëre, Besliniëre, Raimbaudièrc (1), Brancherais, Réauté, Lanoês, Dutaillis, Le Sauvage et autres, lesquels elle conout et vit que Moïse Le Masson, Tun des serviteurs et domestiques du sieur de Criquebœuf, filleul et cousin desdits Hardonniëre et Réauté, les conduisait et lequel elle vit arrêté à la porte de la chambre; lesquels entrèrent, chacun Tépée nue en les mains, garnis de poitrineaux et pistolets, s'adressèrent audit sieur de Criquebœuf et le frappèrent de plusieurs coups, lui se parant toujours avec le bras. — Messieurs, la vie, disait-il, je payerai bonne rançon, leur disant les uns après les autres : Messieurs, mon bien est à vous, sauvez-moi la vie ; lors ils lui demandèrent combien il payerait. — Six mille écus, leur dit-il; et à l'instant ledit Besliniëre se jeta au-devant des autres, leur disant qu'il ne fallait l'offenser davantage, et il dit au sieur de Criquebœuf, le prenant à pleins bras : Vous êtes mon prisonnier, habillez-vous. Toutefois ne le quitta pas et le tenant toujours à pleins bras, défendant qu'on ne l'offense pas, et lesquels Hardonniëre, Brancherais, Réauté, Le Sauvage et autres prirent ladite dame de Sainl-Melène qui était nue en chemise, laquelle en cet état, disaient qu'ils allaient la mener pour faire rendre le donjon, oii était noble Jean de Pihourde, sieur de La Fontaine, disant, en jurant et blasphémant Dieu de plusieurs manières, que si ladite dame de Saint-Melène ne leur faisait rendre le donjon incontinent, qu'ils allaient la tuer à coups d'arquebuse et qu'il fallait la jeter dans l'étang flottant à la muraille du château (2), et qu'aussi bien elle ne valait rien ; et il ne demeura en la chambre que ledit sieur de Criquebœuf, nu en chemise, que ledit Besliniëre tenait en cet état, ensemble y demeura ledit François Domin, dit Raimbaudière, furent ainsi l'espace d'une heure ou environ ; et à l'instant ledit sieur du Plessis de Cosmes, à la porte de ladite chambre, d'un petit toussement, causa que ledit Raimbaudière alla à la porte de ladite chambre parler audit sieur du Plessis

(1) Domin, dit Raimbaudière, resta capitaine de la Brardière jusqu'en lb06. (Reg. de Uontjean, cité par U. l*abbé Pointeau.)

(S) Voyez pi. XXX. Le donjon sèlëvc isolé à l'angle N.-E. à gauche. La grande masse carrée, du même côté k Tangle N.-O., renfermait les appartements de Criquebœuf, qui avaient leurs croisées au midi. Cependant il y avait dans l'angle rentrant, à ]*est, une croisée qui regardait le donjon, et du côté de l'entrée, )i TDuest, celles que Ton voit et par lesquelles on pouvait jeter la dame de Criquebœuf dans Téuing.

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