RENAUD DE CRAON. 1S
d minorum suorum hominum» pendant que Guy IV de Laval et Robert 1100 le Bourguignon étaient k la croisade, par conséquent vers 1097. (Abbé Foucher.) Vivien de Cossé ou plutôt de Cocé fut père de Hugues (CLlII'ch. de La Roë). Hugues et son père étaient en possession de l'avantage de pouvoir dîner à Tabbaye de La Roê à la fortune du pot, prandium qnale evenerit (l).Les CLIX* et CXCH* chartes de cette abbaye nous apprennent que Vivien de Cossé s'y fit recevoir chanoine, et que c'était à raison de la métairie de TAunai-Chotard qu'il avait droit non-seulement h une dinée estimée dix-huit deniers, mais encore à quatre boisseaux de petite avoine {avenœminutœ). Hugues deCossé figura dans un arrangement conclu entre l'abbaye de Marmoutier et Guy V de Laval en 1150. (Bourjoly, liv. I, chap." XVII.) Enfin, nous trouvons en 1199 un Vivien de Cocé, sans doute fils de Hugues, témoin d'un arrangement entre Guy VI de Laval et Hamelin Lenfant. Un Guillaume de Cocé assistait à la bataille d'Auray en 1356. (Voy. cette date.)
La grande quantité de bois qui couvrait alors le Craonnais exigeait un grand nombre de forestiers ou verdiers. Ces charges, qui correspondaient ailleurs à celles de Décans (2), devinrent, comme toutes les
(t j Ce droit de dlnéc ou de gUe, fort commun au moyen âge et fori commode aux seigneurs dans un temps où les auberges étaient plus rares qu\iujour(l'hui, s'appelait aussi droit de Parée, et en latin : Pastus, cœnaticum^ prandium. Au xii« siècle, on Tévaluait généralement à six deniers. En t?)8I, « pour ung devoir de man;jcr, on devait servir : « rost et boct (bœuf) et par exprès deux chefs de poullaille, ung pied de porch frais, « choeme(pain blanc\foacc(gâlcau;, ce qu'ils pourront manger. Vin blanc et clairet « (hypocras). Le chevallier pouvait ôlre accompagné de sa femme, de sa demoiselle « et de trois autres gentils hommes, être servi par les débiteurs, tête découverte et avec « beau linge blanc, lasses d'argent, ainsi qu'il appartient à nobles personnes estre traie- « tées. B Encore en 1582 un seigneur pouvait obliger ses vassaux à payer son dtner 6, 8 et 20 liv. {Bibl. des CharUSyi vol., p. 374.)
(3) Gregory, L^pi^/. de la Corse et CXLIV* ch. de LaRoé. Les droits des forestiers sur les usagers des forêts étaient nombreux. Outre celui d'obole sur les marchands {obolum mercataris^ XYI^ ch.;, ils avaient, selon Lobineau, le pâturage, le panage, Therbage, mots à peu prés synonymes (cependant les termes pâturage et herbage s'appliquaient plus particulière:! ent aux bêles à cornet et le panage aux porcs); le bois mort, le fanage, (droit de ramasser les faînes), le septimage et le cocage. Le droit de septimage (de septier) était probablement le môme que celui de sexterage ou droit de mcsurage, celui de cocage (chocagium) était le droit de prendre dans les forêts des choques ou souches. (Voir le Gloss. fr. de Du Gange.) Aussi étaient-ils obli{:és, quand le seigneur tenait cour plénii're, de le fournir de tasses et d'écuelles de bois. Le seigneur du Rocher, de Mezangers, percevait par ses forestiers un droit par tête de porc qui glandait et panageait dans sa forêt, et les amendes pour les dégâts qui y étaient commis. A raison de ces choses, le forestier devait fournir, la veille de Noël, cent vaisselles de bois dont un tiers en écuelles, un tiers on saucières et le dernier tiers en tranchoires ou assielles.
1100 autres, fiefs héréditaires. Telles étaient les idées, disons môme les nécessités du temps. Les lois féodales, semblables h certaines eaux, tendaient à tout pétrifier: après le chaos des invasions barbares, nos ancêtres ne trouvèrent que ce moyen d'obtenir un peu de repos ; aussi nous paraissent-ils avoir subi et accepté sans trop de répugnance le système féodal, c'est qu'il fut une nécessité de leur position en face des convoitises et des ambitions particulières (1). Alors la grande masse de la population était dans le servage ; elle ne comptait pas plus dans TEtal que les esclaves n'y comptaient du temps des Romains. Quant aux hommqs libres. Francs ou GîTiilois d'origine, ils ne virent rien de mieux, pour conserver un reste d'indépendance, que de s'unir les uns aux autres par les liens d'une hiérarchie ayant pour base l'importance des places occupées par chacun d'eux. Il fallait bien que le soin de la défense vînt d'en bas, puisque la tête faisait défaut.
Aussi l'on remarque que ce besoin commun de défense, loin de diviser les propriétaires du sol, servit d'abord à les rapprocher les uns des autres; car l'appui du châtelain, c'est-à-dire de Ihomme d'armes à cheval {miles), en roman caballarim, de caballus (cheval), d'où est venu chez les Romains, comme chez nous au moyen âge, le nom de chevalier (2), n'était pas un appui simplement moral, mais un appui matériel, effectif. C'était d'ordinaire un guerrier hardi, robuste, couvert de fer, puissamment armé (3), toujours prêt h combattre, presque invulnérable pour la tourbe des gens de pied. Souvent obligé de guerroyer à la tête de ses hommes, lui seul faisait la force des armées. Derrière ses tours crénelées, comme sous sa cuirasse et sur son cheval bardé de fer, le chevalier était donc toujours un chef redouté ou un défenseur précieux.
Enfin la commune misère elle-même aidait à rendre cet état de choses supportable. Si le serf marchait nu-pieds, le châtelain manquait souvent
(Méfti. de la MauBnne, t. I, p. 119.) La baronnio de Gnon comptait alors au moins neuf forestiers. Ces charges, encore existantes au xiii" siècle, furent réunies plus tard, sous le nom de gruerie, à celles de sénéchal.
(1) Voyez ann. 1030 cl lOiO.
(2) Joinvillc, parlant des Janissaires, dit que le Soudan faisait sa chevalerie d'enfants étrangers et que lorsque la barbe leur venait, il les faisait chevaliers,
(3) On conserve au musée d'artillerie le cas(iue et la cuirasse de Fcrri de Lorraine, lue à Azincourl. Celle armure pèse quarante-cinq kil. Au combat des Trente, un Anglais se servait d'une masse d'armes (bâton de fer avec une léle à dents saillantes de huit centimètres), qui pesait douze kil. L'arme favorite de Du Guesclin était la hache à deux tranchants.