HUGUES
pour acheter leur affranchissement et, dès qu'ils furent libres, ils s'asso- 1140 cièrent spontanément en corps de métiers. Ces associations libres prirent, sous saint Louis, un développement régulier. (M. Alexis Chevalier, Revue (TAnjou^ 1861.)
Remarquons en passant que si Tesprit de nationalité avait existé avant rétablissement féodal, il périt complètement à cette époque et futtemplacé par un travail local d'association, puissamment excité par le besoin delà défense commune. Ces petites associations firent elles-mêmes leurs affaires et, par conséquent, jouissaient de beaucoup de liberté; elles se groupèrent par grandes féodalité, c^st-à-dire par provinces. Pendant longtemps Tesprit patriotique ne s'étendit pas au delà; quand un Craonnais se risquait à faire le voyage de Paris, il disait aller en Gaule et faisait son testament (charte CXCI«) ; et la LXXVP charte de La Roê, vers H80, dit de Geoffroi-Chien, seigneur de Quelaines : « De Andegavensi patria ubi maritatus fucrat reversus, » donc alors le Craonnais n'était pas regardé angevin ; mais grâce à notre admirable loi Salique, l'esprit national gagna de règne en règne jusqu'aux limites actuelles de la France, tout en conservant la plupai*t des libertés locales. En voulant resserrer davantage l'unité française et la rendre plus compacte au moyen d'une centralisation excessive, la Révolution a brisé le ressort qui soutenait nos administrations communales, et a concentré toute la vie dans la capitale de la France.
Hugues mourut vers 1140, car on voit par la charte de dédicace de La Roê que son fils Guérin était baron de Craon au plus tard en 1141, et il avait dû vivre avec sa femme six ou sept ans pour en avoir eu cinq enfants, depuis 1135. Ménage, sans doute, se trompe quand il dit (p. 140) qu'il était encore vivant en 1190.
Les chroniques font mention d'une fille de Hugues de Craon, frère de Maurice, baron de Craon^ qui épousa Guillaume de Châteaubriant ou de La Guerche. Ce Hugues doit être celui dont nous venons de parler et qui était fils et non pas frère de Maurice P'.
Ménage dit que Marquise, sa veuve, se remaria à Péan ou Payen de Vége, un des chevaliers angevins qui, en 1214, portaient la bannière de France sous Philippe-Auguste. Lors même que ce Péan n'aurait eu que vingt-six ans en 1141, il en eût eu quatre-vingt-dix-neuf en 1214.