‹ Chroniques craonnaisesChapitre 35 sur 127 · MESIRE MÛRISSES DE CREON · texte numérisé non relu

MESIRE MÛRISSES DE CREON

Al entrant del doux termine (â),

Del tans nouvel.

Que naisl la flours en Tespine

Et cist oisei Chantent parmi la gaudine (3)

Seri (4) et bel, Dont me rassaut (5) amours tine (6)

D'un très -douz mal, Quar je ne pens à rienz al (7) Fors la u (8) mes cuers s'acline (9).

De li (10) sunt tout mi consire (li)

Ne de rien al A la bêle en oui (13) se mire

Mon cucrloial.

Uelas, je ne li os (13) dire

Pour ncsun (14) mal, Quar tant redout Tescondire (15),

Que touz mi tal (16) :

' Bencoiz (17) soit le journal (18) Qu'ele me voudra ocire.

Onques d'autre n*oi (19) envie

Ne ja (20) n aurai.

Et se (âl) li mien cuers faunie (ââ)

De duel morrai, Quar trop main (23) greveuse vie (24)

(1) L*abbé de La Rue attribue ces poésies aux Craon d'Angleterre; ce n'est pas l'opinion de Fauchet qui, au coutraire, les attribue à nos barons français dans un ouvrage intitulé : « Hecueil de V origine de la langue et poésie françaises, Rymes et Romans ; plus les noms et sommaires des œuvres de cent vingt-sept poètes françatSy vivant avant 1300. » Paris, 1581, in-4o.

(2) Termine, saison. — (3) Gaudine, bois. — (4) Seri, gaiement. — (5) Bassaut, attaque de nouveau. — (6) Fine, sincère. — (7) Al, autre chose. — (8) U, où, au. — (9) S'acline, a de l'inclination.— (10) Li, elle. — (U) Consire, désirs. — (12) Cui, qui.— (13) 05, ose. —(14) Nesun, aucun. — (15) fi^condire, contredire. - (16) Tal, blesse. — (17) Beneoi^i, béni. — (18) Journal, jour. - (19) Hi'oi, n'ai. — (20) Ja, jamais. — (21) Se, si. — (22) Faunie, est trompé. — (23) Main, je mène. — (24) Greveuse, malheureuse.

1196 Des maus qu'en ai.

Heias ele nés set (1) mie,

Ne je ne sai Se je jamais li dirai :

Bêle ne m'ociez (2) mie.

A tous les jours de ma vie

La servirai, Et serai en sa baillie (3)

Tant com vivrai, Ne ja de sa seignorie

Ne partirai ; Et se bricment (4) ne m'aie (5j Trop grand mal trai (6), Maiz gueriz sui se j'en ai Un bel semblant en ma vie.

Cbançon va t'en sans demeure

U douz paiz U mes ft (7). cuers clîne et aeure (8)

Soirs et matins, Trop par mirx)urt li maus seure (9)

Dont je languis.

He Dcx (lOj verrai je jàl'eure

C'un très douz ris Puisse avoir de son cler vis (U), Qui si (12) m'ocit et akcure (13) ?

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