‹ Chroniques craonnaisesChapitre 43 sur 127 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Suite elBronolo^lcfue des pofiae»»eui*e de Craon après les Barons (de 1394 k 1789).

Fils du ciel, si vods n*ètes pas toos égaoz, vous êtes

égalemeat libres. La noblesse, les degrés sociaux ne

diMiuiscnt pas la liberté.

(MiLTON, Par. perdu, liv. V.)

Il y a quelque cbnse de plus insolent que les ci' devant t ce 'sont les ci-aprés.

(Jos. de Maisthb, t. 11.)

aLGRé rextinclion de la branche aînée de ses barons, Craon avait encore conservé, sous Isabelle de Sully, son importance féodale propre ne relevant que du prince. Il n'en sera plus ainsi désormais : absorbé dans les vastes possessions de La Trémoille par le mariage de Marie de Sully avec Guy VI, en 1382, puis, en 1521, dans celles de la famille de Laval par le mariage de François de La Trémoille avec Anne de Laval- Monlforl, Craon ne sera plus qu'une annexe, une dépendance de fiefs beaucoup plus considérables.

D'ailleurs, la puissance royale s'élève de plus en plus, domine, absorbe tous les pouvoirs, et les seigneurs, obligés d'abandonner de gré ou de force leur excessive puissance territoriale pour les chaînes dorées de la cour, ne seront plus que de riches propriétaires titrés. Dès le commencement du xiiie siècle, la grande famille de Laval elle-même, selon l'observation de Bourjoly, quoique devenue encore plus riche par son alliance avec les Montmorency, en 1218, avait perdu son ancienne autorité, {Liv. II, chap. IV.) Sans doute Bourjoly voulait dire : son ancienne indépendance et une indépendance déplorable ; et cependant encore, deux cents ans après, lorsque la royauté aux abois jouait sa dernière espé-

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rance au siège d'Orléans, Charles VII disait aux jeunes sires de Laval, venus volontairement mettre leur épée à son service : « qu'il leur savait d'autant plus gré d'être venus à son basoin qu'ils n'étaient pas mandés. 9 Dans quel plus pressant besoin aurait-il donc pu ks appeler! mais peut-être se rappelait-il que déjà, dans la lutte du malheureux Charles de Blois soutenu par la France contre Montfort appuyé sur l'Anglais, la maison de Laval avait osé déclarer qu'elle resterait neutre et qu'elle avait ainsi laissé triompher les ennemis de la France.

Certes il était donc plus que temps que ce fatal morcellement du pouvoir cessât, et que, dans l'intérêt de la nation, la royauté se mît enfin hors de page; mais pour revenir à ce qui concerne notre Craonnais, l'importance individuelle, historique des propriétaires de la baronnie, étant désormais eftacée, leur nomenclature, mêlée aux événements, ne serait qu'un embarras dont nous croyons devoir alléger tout d'abord notre récit. Nous allons donc donner immédiatement leur suite chronologique, afin de poursuivre ensuite, sans interruption, le fil de nos Chroniques.

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