‹ Chroniques craonnaisesChapitre 44 sur 127 · MARIE DE SULLY · texte numérisé non relu

MARIE DE SULLY

Cette fille unique d'Isabelle fut fiancée à Charles de Berry, prince du sang; mais ce prince étant mort fort jeune, le mariage n'eut pas lieu.

En 1382, elle épousa Guy VI de La Trémoille, dit le Vaillant, garde de l'oriflamme de France, chambellan héréditaire de Bourgogne.

En 139 i, il accompagna le duc de Bourgogne, venu à Âncenis pour essayer de conclure la paix entre Clisson et le duc de Bretagne ; mais la sentence arbitrale, rendue Tannée suivante par le duc de Bourgogne, ne fut point acceptée.

Guy VI raoufut quatre ans après, laissant sept enfants, dont l'aîné, Georges P% hérita de la baronnie de Craon.

Marie épousa en secondes noces, en 1400, Charles I" d'Albret, connétable de France, qui eut le malheur de commander l'armée française à Azincourt; s*il ne sut pas vaincre, il sut du moins y trouver une mort glorieuse (1418).

A cette funeste bataille tombèrent aussi, avec Télite de la noblesse française, un Georges de La Trémoille, le sire de Préaulx, grand chambellan de France, Briand AmcnardetGuy Amenard, seigneurs de Bouille (voy. an. 1424); Simon de Craon, seigneur de Clarsi, quatrième fils de Jyan I*' de Domart; Antoine de Craon, seigneur de Beauverger, fils du

DES POSSESSEIRS DE GRAON. 26S

fameux Pierre de Craon ; Âmaury de Graon-La-Suze, fils de Jean de La Suze et seigneur de Grolai; Jean deGraon, seigneur de Montbazon, second fils de Guillaume II de Ghâteaudun ; le vicomte de Domart, père sans doute de Simon et de Jean ci-dessus. On voit que si la famille de Graon était puissante et nombreuse, elle ne ménageait pas du moins son sang pour le service de la France.

Le connétable laissa de son mariage avec Marie de Sully un fils qui fut Charles II d'AIbret, cinquième aïeul de Jeanne d'Albret, mère de Henri IV (1).

Il existe aux Archives nationales (Anjou, vol. XIII, p. 340) un aveu rendu, en 4408, par Lebret de Sully, sire de Graon, à Louis, duc d* Anjou et roi de Sicile, pour la baronnie de Craon qu'il tient par sa femme. C'est qiie le nomil'Albret était autrefois Lebret, diminutif de Leporeto, terre située dans les landes de Mont-de-Marsan, et réputée pour sa grande quantité de lièvres. (P. Anselme, Palais de V honneur, p. 321.)

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