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ASTOft. LENOX ASn TILDEM FOUNDATION S

CHAPITUE XIII.

IVote» Mur l'btAtoIre particulière clea parois

cie l'ancien Graonnais.

Poar chacun de noas, le plos beaa des clochers il'est-re pas le clocher naUI, ce clocher dont le doigt silencieox montre le ciel ?

(Gain. WORDSWOHTB.)

ous nos anciens documents, notamment les chartes de La Roë, démontrent que la partie nord -ouest du Graonnais était très-peu habitée avant le xi* siècle; que vers cette époque, se formèrent, ou sur de vastes clairières, comme celle de Ballots [à piano de BaUortz, IX« charte), ou sur quelques nouveaux défrichements de bois, les paroisses de Fontaine-Couverte, de Mée et deLivré-Latouche (ou du Bois), de Ballots, de Saint-Martin et de Saint- Michel-du-Bois, de Brains et de Nolre-Dame-du-Bois (depuis La Roë) (1). Ces paroisses s'établirent sur des terres déjà possédées par des hommes d'armes (milites)^ soit à titre héréditaire, soit comme récompense de leurs services dans la g^^ande révolution qui substitua les Capétiens aux Carlovingiens, les Ingelgériens aux anciens comtes d'Anjou, et la deuxième maison de Craon à la première. Et comme dans ces temps-là ces terres nouvellement défrichées, souvent dévastées par la guerre, ne donnaient que des revenus très-éventuels, tandis que les cures et les abbayes, un peu plus respectées, en donnaient de plus assurés, les seigneurs se per-

(1) Le surnom de Touche^ ajouté aux paroisses de Livré et de Mée, étant plus ancien que celui de Bois^ doit faire présumer que ces paroisses sont plus anciennes, c'est-àdire antérieures à La Roë (1008).

486 NOTES SUR i/histoire particulière

suadèreni que dans retendue de leurs fiefs, ils pouvaient s'emparer des biens du clergé comme de tout le reste, surtout si ces membres du clergé avaient refusé d'adopter le nouvel ordre de choses; car, de tout temps, la confiscation fut un moyen aussi simple qu'économique de payer ses dettes et de donner la curée à ses amis. Aussi, en considérant le grand nombre d'hommes d'armes établis à Denazé, sans habitation notable, et pour lesquels l'évêque Ulger (1124-1149) vint fonder une paroisse, — le nombre presque aussi grand des forestiers de Livré, — les noms singuliers, pour le Craonnais, des Allemand et des Africain de Cosmes, il semble qu'avec le commencement du xi^ siècle nous assistions aux concessions primitives des terres du Craonnais, faites aux compagnons de Robert le Bourguignon ; ce qui confirmerait notre opinion, c'est que nous voyons celte manière d'agir clairement suivie par son fils Renaud. (Voyez Sainl-MicheL)

Quoi qu'il en soit, on vit alors, par le plus grossier des abus, les hommes d'armes s'emparer des dîmes établies pour le soutien du culte et le soulagement des pauvres ; on les vit donner en dot à leurs filles des cures, et môme les droits les plus sacrés alors attribués aux églises, tels que les oblations, les inhumations, etc.

C'est dans ces circonstances qu'apparurent de zélés réformateurs qui, en fondant de nombreuses agrégations de cénobites, firent revivre la pureté primitive de l'Église, tout en conservant les meilleures traditions cullurales et les chefs-d'œuvre de la littérature ancienne. Tel est l'ascendant de la vertu et de l'instruction, que devant ces faibles moines la barbarie s'inclina partout et qu'ils devinrent, pour les populations écrasées sous le droit de la force, souvent un appui, toujours des consolateurs, et les apôtres d'une religion seule capable d'arracher l'homme de la boue des passions, et de l'élever à une véritable civilisation.

Aussi, cinquante ou soixante ans après leur apparition, avons-nous vu les abbés de La Roê travailler avec succès à retirer des mains laïques une grande partie des biens usurpés, pour les rendre, non au clergé séculier, alors généralement ignorant, corrompu, sans discipline, et qui ne possédait plus le respect des populations, mais à ces couvents devenus les asiles de la piété, do la science et de la liberté.

Avec nos chartes du xii" siècle, nous assistons aussi à la création d'un grand nombre de nos métairies. Taillées dans des terrains alors presque sans valeur, elles furent mesurées en général comme les anciennes manses, au travail d'une famille de cultivateurs et à celui d'un attelage de bœufs. La plupart de ces fermes prirent le nom de celui qui les défricha : ainsi, Busson laissa son nom h la Bussonnière, Pohard à la Pohardière, Touzel à la Touzelière, Mclland à la Mcllandière, Popelin à la Popelinière, etc.

DES PAROISSES DE L*ANfJEN CIIAONNAIS. 487

Nous avons emprunté aux notes de M. Tabbé Logeais Tindication des patrons, des présentateurs et des collâteurs de chaque paroisse. MM. les curés ont bien voulu nous communiquer, avec une rare obligeance, leurs chroniques particulières; enfin, nous avons recueilli un peu partout, mais principalement dans le cartulaire de La Roe et aux Archives départementales, ce qui nous a paru intéresser chaque paroisse.

SAINT-AIGNAN, Sangtus Anianus de Credonibus.

Présentateor : l'abbé de La Roê ; coUatear : révAqne d'Aiifers.

En 1H9, on l'appelait Saint-Aignan du Désert. Cette appellation prouve quel était Tétat du pays à cette époque ; mais les progrès de son agriculture, dus principalement à l'institution d'un comice dont M. Doussault (Joseph) fut le fondateur, ont depuis trente ans tellement fait oublier cette qualification, qu'aujourd'hui on serait tenté de douter qu'elle ait pu jamais exister. Cependant, la preuve que Saint-Aignan a été longtemps peu habité et sans importance, c'est que le cartulaire de La Roë (xii* siècle) n'en fait aucune mention.

Saint-Aignan, ainsi que Saint-Michel et Brains-sur-les-Marches, relevait du fief de Brecharnon en Saint-Michel, placé lui-même dans la mouvance de Craon.

C'est aujourd'hui un chef-lieu de canton duquel dépendent douze communes, dont plus de moitié faisaient partie de l'ancienne baronnie de Craon.

En 1456, noble homme Jehan Mordret amortit 2 sous de devoir qui lui étaient dus sur la Princerie par le chapelain de Saint-Michel, pour 4 écus d'or, plus lin denier.

Le même Mordret possédait aussi le fief de la Cheverie en 1827.

En 1689, ce fief était possédé par Jehan de Cadelac, fils de Charles de Cadelac, écuyer, époux de Marguerite Mordret. De la famille de Cadelac cette terre est passée dans les familles de Juigné et du Boberil.

En 1756, le seigneur de Brecharnon donne à cens, à J. Le Masson, la closerie de la Charulière (trente-quatre journaux et treize hommées de pré) pour 20 sous 6 deniers, une oie, une geline, une livre de cire, quatre boisseaux d'avoine et vingt de seigle mesure de Craon. (Terrier de Brecharnon.)

488 NOTES SUR l'histoire particulière

ATHÉE, Atea, Atheia.

Patron : saint lartin; présentateur : l'abbé de YendOme; coUaUor : l'évèqne d'Angers.

On a découvert en 1866, près du petit village de Rouillon, et à quelques pieds de profondeur, un amas assez considérable de tuiles tégulaires à rebords, ce qui prouve que cette localité était habitée à l'époque galloromaine.

En 1008, Foulques Nerra, comte d'Anjou, donna aux moines de Saint- Aubin tous les droits de coutume et de justice, les bians, charrois, corvées, fouages, qu'il possédait sur leurs terres, entre Sarthe et Maine, notamment sur la Varenne, Sauge, les Alleuds, Pruniers (1), Vaux, Champigné et Chauvigny d'Athée.

Sur celte dernière terre existait un manoir au moins en 1110. (Voyez p. 188.)

Innocent II confirma en 1136, à l'abbaye de Vendôme, la possession de l'église d'Athée.

Une charte d'Emery de Boutigny (voy. renvoi B), datée de 1400, et autrefois conservée au prieuré de Boutigny, d'où elle fut tirée et exhibée dans le procès de 1722 avec les Madaillan, prouve que la paroisse d'Athée avait été fondée par les prieurs de Boutigny, peu de temps avant la bulle d'Innocent II : aussi ces prieurs étaient seigneurs directs de l'église, du presbytère, du prieuré y attenant, ainsi que du bourg et du moulin d'Athée, sur lequel ils avaient un denier de cens avec la dtme des moutures.

Les seigneurs de Chauvigny avaient reconnu la directe du prieur en comparaissant à ses assises, tenues sous le chapiteau de l'église, comme au chef-lieu de la justice qu'il exerçait en vertu d'une transaction passée avec le môme Ëmery sur la censive du prieuré. Cette censive s'étendait sur tout le bourg, comme le reconnaissaient des déclarations de 1680 et 1688. — Le prieur avait aussi le droit de pèche dans l'Oudon; celui d'étalage au bourg le jour de la foire de Saint-Mathurin (10 mai), et celui de lods et vente sur les seigneurs de Chauvigny.

Enfin, en 1679, le curé, à cause de son presbytère et des terres en dépendant, et les marguilliers, à cause de l'église et de son chapiteau, s'étaient reconnus censitaires du prieur de Boutigny. (Vieux mantiscrits .)

(I) L'abbaye de Pruniers était dans la paroisse de Bouche^Maine, à deux lieues d'Angers.

DES PAROISSES DE L'aNGIEM CILVONIMAIS. 489

De H50 à 1158, Burchard de Chauvigny figure cinq fois, au cartulaire de La Roê, comme témoin de diverses concessions faites à cette abbaye, et peu après, la CLXXXIX* charte de La Roë cite Jehan, curé d'Athée, comme témoin du don fait à Tabbaye, par un nommé Lancelin, du cimetière de Blochet et de tout ce qu'il avait reçu, sur ce village, de Roland et de son fils Burchard (1).

Guillaume de Chauvigny part pour la Terre sainte en 1190 ; et en 1217, un Guy de Chauvigny (peut-être le même) est témoin, dans un acte, de Jean Cheorchin, seigneur de Cosmes et d'Ampoigné.

En 1462, François de Chauvigné rendait aveu à la baronnie de Craon ; en 1838, un autre François de Chauvigné rendait aveu pour Tîle d'Athée, et était exempté du ban et de l'arrière-ban, à cause de ses services sous^ le connétable Anne de Montmorency, en 1551.

Enfin, on trouve en 1533 Christophe de Chauvigné, évêque de Saint- Pol-de-Léon.

Cette antique famille blasonnait d'hermines à deux fasces de gueules, au chef chargé de trois tourteaux du même.

En 1590, Judith, unique héritière de celte maison, épousa Jean de Madaillan, dont la famille était originaire de l'Agenois. C'est lui qui, l'année précédente, avait repris Lassay sur les ligueurs de Craon, commandés par du Plessis de Cosmes. Il était fils de Louis de Madaillan, seigneur de Montataire, et de Marguerite du Fay, ardente calviniste, parente de l'amiral de Coligny, et qui avait fait abjurer le catholicisme à son mari.

Jean de Madaillan se distingua à Arques et à Ivry (1589 et 1590), et se retira des affaires lorsque Henri IV abandonna la Réforme.

Son fils Isaac acheta Lassay en 1639, et le fit ériger en marquisat. Il épousa Jeanne de Warignies, et en eut plusieurs enfants, entre autres :

Louis II de Madaillan, de TEsparre et de Montataire, marié en premières noces à Suzanne de Wissant, morte en 1676, et en deuxièmes noces à Marie de Rabutin, fille du comte de Bussy, et dont il n'eut qu'une fille. Louis mourut en 1708, à soixante-dix-neuf ans.

De sa première femme, il avait eu Armand de Madaillan, connu sous le nom de comte de Lassay, qui devint lieutenant général, gouverneur de Bresse, et se maria trois fois : la première, à Marie Sibour; la deuxième, à Marianne Pajot, fille d'un apothicaire, mais dont les grâces, la beauté et la vertu faillirent lui faire faire un mariage encore plus brillant, mais

(1) Ce Burchard ou Bouchard, fils de Rolland, était de la première famille de Craon. (Voy. tableau généalogique de cetle maison.)

490 NOTES SUR l'histoire particulière

non moins malheureux. Sans Topposition qu'y mit le roi, elle eût épousé Charles IV, duc de Lorraine. Enfin Armand épousa, en troisièmes noces, la fille naturelle du duc d'Enghien. Celle-ci, par ses amours avec Chaulieu, qui ne se fit pas faute de chanter sa conquête, rendit son mari aussi ridicule que malheureux, juste ch&timent de sa conduite avec Marianne, qu'il avait fait mourir de chagrin.

11 n'eut d'enfant mâle que du deuxième lit : Léon de Madaillan, qui épousa sa tante, fille de Louis II de Madaillan, et qui fut Tamant scandaleux de la duchesse de Bourbon. C'est lui qui fit bâtir pour la princesse le palais Bourbon, aujourd'hui la Chambre des députés, et pour lui-même le petit Bourbon, devenu l'hôtel de la Présidence. Léon de Madaillan mourut en 1750, sans laisser d'héritiers directs. (Saint- Simon.)

Les Madaillan de Chauvigny descendaient donc d'un fils puîné d'Isaac, mentionné ci-dessus. A la révocation de l'édit de Nantes (1628), René de Madaillan, fils probablement d'Isaac, ne voulut pas abjurer le calvinisme; tous ses biens, Chauvigny, l'île d'Athée, Ravallay, la Motte-Cheorchin, furent confisqués par décret et achetés, en 1687, par Hullin, seigneur do la Selle. René était ruiné, si son fils Amaury, qui avait fait son abjuration entre les mains du prieur de Livré, à la fin de 168S, avec Charles, René et leur sœur Débora, ses enfants, et avec Jean-César de Madaillan, son neveu, n'avait profité de son droit de retrait lignager et racheté tous les biens de son père, ce qu'il ne put faire sans emprunter beaucoup, notamment du seigneur de l'Ile, son frère ou cousin. Les principaux créanciers étaient : René Bouchard, avocat à Angers; — Luc Syette; — Maumusseau ; — Pierre de Lantivy ; — René Viel ; — Jean Verdier de Genouillac ;— René Gouin, avocat à Angers ; — Marie et Marguerite Gouin ; — André Cournée et Gendry, fermiers d'une partie de la terre de Chauvigny, etc. Ces emprunts ne firent que retarder la chute des Madaillan. En 1700, les biens de Pierre, de Marthe et de Philippe de Madaillan, seigneur de Chauvigny ; — d'Amaury de Madaillan, seigneur de llle, frère du précédent, — de Marie de Madaillan, épouse de Marc de Bréon, — et de Louise de Madaillan, veuve de Pierre de la Faucille, furent saisis à la requête des créanciers : cependant, ils ne furent vendus que quarante ans plus tard. (Voy. plus loin.)

Huit ans après son abjuration, Amaury se mit en possession du droit seigneurial de patron fondateur de l'église d'Athée. On peut juger de la joie de celte paroisse si catholique, lorsqu'en vertu de la sentence du présidial de 1687, Amaury, le 13 mai 1693, accompagné du clergé, de son sénéchal (l'avocat Gastineau), du notaire faisant office de greffier et d'une

DES PAROISSES DE l'aI^CIEN GRAOISNAIS. 491

foule d'habitants, vint se présenter à l'entrée de Téglise où sa famille ne paraissait plus depuis un siècle. Le procès-verbal constate que, conformément à Tusage, « il prit de Teau bénite, s'en aspergea^ aspergea les « habitant», fit son oraison au grand autel, sonna une cloche, s'assit au « banc seigneurial, placé du côté de Tévangile, et au dossier duquel (sc étaient les armes dudit seigneur, ainsi que dans le vitrail du grand « autel du même côté deTévangile, et observa enfin toutes les cérémonies a requises eu tel cas. » (Vieux manuscrits») Mais le prieur de Boutigny protesta contre ces actes. Une consultation d*avocats à Paris, de 1722, les qualifie dHnsolites et inconnus. Elle fait voir que la rétractation du seigneur de Chauvigny fut peu sincère, puisqu'il avait conservé, affichés audessus de son banc seigneurial, le Pater et le Credo du calviniste Théodore de Bèze : Madaillan avait voulu aussi planter devant Téglise un pilori ou poteau de justice. La consultation précitée affirme qu'il n'en avait nul droit, qu'il n'était seigneur que de Chauvigny et de l'Ile, fiefs inférieurs à celui de Boutigny, et que le prieur était le vrai seigneur de la paroisse et du bourg d'Athée ; qu'en conséquence, Madaillan devait être condamné à enlever du chœur le banc et l'écusson de l'aulel du chœur, et de la principale vitre les armoiries qu'il y avait placées, et enfin, qu'il devait arracher le poteau planté devant l'église.

Araaui7 de Madaillan, comte de Chauvigny, avait épousé Suzanne du Boisguehenneuc, fille d'Olivier, chevalier, seigneur du Boisguehenneuc et de Boucé, près Savenay.

Leur fille, Esther de Madaillan de l'Esparre, donna, en 1712, une cloche à la chapelle- de Blochet.

Nous avons un aveu encore rendu par les Montalaire pour Chauvigny, en 1737. Le dernier représentant de celte singulière famille a laissé dans le pays les souvenirs les plus grotesques (ij.

La terre de Chauvigny avait droit de petite justice et de chasse. Elle se composait : de chênaies, de châtaigneraies, de cinq bois taillis ; des cinq moulins à blé de Quincampoix, de Chauvigny, de l'Ile, de Martin, du bourg d'Athée et du moulin à drap de Fouillereul ; des foi et hommage de quarante-cinq sujets dont les redevances se montaient à 12 livres 4 sols, sept septiers, et vingt-deux boisseaux de blé et dix d'avoine ; de dix sujets obligés à faner jusqu'à ce que le foin fût en veille. Le tout estimé, savoir :

(1) Les armes des MadaiUan élaient : taillé d'or et de gueules; éoartelé d'azur au lion de gueules.

492 NOTES SUR l'histoire particulière

Les six moulins ci-dessus 1,610

La Turbiniëre, la Maugendiëre et cent boisseaux de rente 750

Gbaillou, les deux Ravallays, le Chemin, deux closeries de Ghau-

vigny 1,500

Les deux métairies de Chauvigny et Bailloterie 600

Fougeray,400 liv. ; la Motte-Cheorcin,300 ; métairie de File, 340.

Total 940

Cent trente boisseaux de rente sur la Plattière 195

Gloserie de Chauvigny aux pages, ou Pagerie • • . 300

Total du revenu 5,895

Cette terre et celle de Laigné furent achetées, vers 1756, par Claude- Mathieu Bouchard, qui avait épousé, à la Martinique, M"** Quentin de la Chenlardière, et était revenu en France avec beaucoup d'argent. Il était fils de René Bouchard, juge au tribunal de Télection de Château-Gontier, et petit-fils de Claude Bouchard, receveur des tailles de la même ville. (Archives départementales^ £, 79.)

En 1774, Claude-Mathieu Bouchard, écuyer, était seigneur du Coudray. Ses enfants prirent, d'un fief de la terre de Laigné, le nom de la Poterie, qu'ils ont conservé.

Gauvin et l'Armoriai de César Grandpré disent que les Bouchard de la Poterie, seigneurs de Laigné en 1789, portaient d'argent à la croix de gueules cantonnée de quatre coquilles du même. Mais une note, placée aux Archives départementales, dit que leurs armes sont d'azur à deux lions d'argent passants l'un sur l'autre. Aujourd'hui, leur écusson porte trois lions d'or passants.

Une partie de l'ancien château de Chauvigny a été reconstruite, en 1840, par M. Bouchard de la Poterie, sur les dessins de M. Moll, architecte.

Les seigneurs de Chauvigny devaient au prieuré de Boutigny, réuni à celui d'Athée, la dime de leurs moulins, et au collège de Graon une rente de 12 livres 10 sols.

Dans la paroisse d'Athée existaient plusieurs fiefs (voyez renvoi Y), entre autres : celui de la Guesnerie, d'abord possédé par les Lenfant, et qui a donné son nom à l'ancienne famille de Charbonnier, qui portait d'azur à l'aigle d'argent ; et le fief de la Perrine ou Peurine, dont étaient seigneurs les Poulain de la Forestrie. Leurs armes étaient d'argent au houx de sinople arraché, au franc quartier de gueules chargé d'une croix d'argent engrêlée.

En 1779, les dîmes de la cure d'Athée étaient affermées 230 livres. [Arch, dép.y G, 10.)

Autrefois, la Saint-Mathurin était, à Athée, Toccasion d'une joyeuse asseotibiée. Ce jour-là, la paroisse de La Chapelle y venait en procession. Dans les comptes de cette dernière paroisse, à Tannée 1670, les frais de rafraîchissements des porte-croix et des porte-bannières figurent pour 5 ou 7 sols, ce qui doit vraiment donner une haute idée de leur sobriété, idée qui ne sera pas afTaiblie par cet autre fait, que tout le cidre vendu à cette assemblée ne fut évalué, sur la licence délivrée en 1689 à un débitant, qu'à une pipe, et que celui débité dans le bourg pendant toute Tannée, ne s'élevait qu'à six pipes. (Vieux manuscrits,)

La chapelle du Boisjouan possédait pour temporel la closerie du même nom. Elle valait 82 livres de revenu, et était présentée par le curé ; celle de Notre-Dame de Villabon valait 38 livres. Ces deux chapelles étaient desservies dans Téglise d'Athée.

Il existait dans cette paroisse une autre chapelle dite la Bucossiëre, près de Chauvigny, et d'un revenu de 40 livres.

La nouvelle église d'Athée a été construite en 1861-1863, par les soins de M. le curé Gastineau et du maire, M. de la Poterie, sur les plans de M. Tessier.

BALLOTS, Ballotii, BallOrcium in Credonibus.

PatroH : saint lartin; présentatear : le Chapitre de Craoa; coUatear : TéTêqae d'Aafers.

Cette paroisse, autrefois couverte en grande partie par la forêt de Craon, avait été donnée, avant 1096, par Renaud le Bourguignon, au chapitre de sa collégiale de Saii\t-Nicolas :

« Adhuc dono apud Ballorcium terram ad duas quadrigas (ou caruscas) « et unum furnum et juxta eamdem villam unam partem terrae in quâ a faciant burgum de meâforestâ, » (Voy. renvoi J.)

Voilà sans doute Torigine du bourg de Ballots. En effet, la plupart de nos bourgs ne furent d'abord que des fermes ou villa^ défrichées et bâties dans des éclaircies de forôt, et autour desquelles d'autres défrichements créèrent peu à peu d'autres fermes à une ou deux charrues, origine de nos métairies.

Peu après, en 1098, une notable partie de la paroisse de. Ballots fut donnée à Robert d'Arbrissel pour fonder son abbaye-cure de La Roê.

Avant la fondation de celte abbaye, existait à Ballots une famille dont le fief avait pour centre la Motte seigneuriale du bourg.

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