De Salme, de 1770 à
D. Morice donne ainsi l'écusson d'un Jean de la Bouexière (de Buxeria) de 1287 : deux fasces chargées de deux besants ou tourteaux, et en chef un lanibel à trois dents.
En 1361, un Thibaut de La Boissière portait de gueules à la bande semée de fleurs de lis.
Enfin, en 1306, Jean du Challenge portait d'argent chargé de six étoiles à six rais de gueules, 3, 2 et 1 .
En 1684, François de la Roussardière, époux de Marie Gazet, possédait la châtellenie de La Boissière.
François de La Barre, écuyer, habitait, en 1 694, la Touche de La Boissière.
Le ch&teau de La Boissiëre était encore habité, en 1699, par le fermier Vallot, sieur du Menil, époux de Renée Bouchard, qui y mourut en 170i et dont les jupes et les bardes furent, selon l'usage du temps, usage qui serait peu goûté de nos jours, conservées dans un coffre pour ses filles encore trop jeunes pour s'en servir. [Vieux manuscrits.)
En 1768, Paul-René comte de Scepeaux, brigadier des armées du Roi, était seigneur de La Boissiëre et du Challonge. (Vieux manuscrits,) Ces terres ont passé dans la famille Pasqueraie du Rouzay qui les possède encore.
BOUGHAMP, BUEGHAMP, Bolicampus, Baucaulium
IN Gredonibus.
PttroB : siiiit Pierre; préseitateHr: le chapitre d'âiifers; coUatear : ré?éqae d'Anfers.
Cette église fut donnée à Vendôme par Mathilde, tante de Robert de Craon, don confirmé par Innocent II, en H36. (Nov. The^,^ etc.)
0 Fuit calumnia (procès) hujus ecclesia? Vetulicampi (1) in curia Robert! Burgundi qui tune honorem Credonensem tenebat. Présentes afTuerunt : Robertus et filius ejus Raginaldus, Conanus puer et mater ejus Mathildis quae hoc donum fecit ; Aimode Intrammis, Alanus deHuUiaco, Gofredus deBrulone, Ivo dcMarialco, Gofredus de Beneis, Gofredus de Douziaco, Hamelinus de Marialco, Warinus de Tanniaco, Aimo de Volva, Landricus de Polliaco, Radulfus de Brulone. Data est xvii kal. aug. (16 juin),apud castrum Credonense,1067. » (Hist.deVergy^ citée par VAnn. de la Sarthe de 1830, et par Tàbbé Foucher.) Cette assemblée de famille offre plusieurs noms qui semblent appartenir à la première maison de Craon : Brûlon^ Hamelin de Méral^ etc.
Le principal fief de Bouchamp était Bouche-d'Usure (Bucca Usurœ), Il fut possédé par une branche de la maison de Craon au moins jusqu'au XII* siècle.
Voici ce que nous apprend à ce sujet le cartulaire de La Roe :
Vers le milieu du xii* siècle existait un Tyson portant le nom de Craon (XLV* charte) : donc son père, nommé Barthélémy (CLXIII* ch.), était aussi de la première maison de Craon et très-probablement frère de Suhard le jeune. (Voy. Tabl. généalogique.)
(I) Voyez année 1003.
498 NOTES SUR l'histoire particulière
Ce Tyson avait deux frères : Carbonus qui possédait Saint-Sauveur, et Guérin de Moutiers en Bretagne (de Monasleris, GLXIII* ch.).
Carbonus eut de sa femme Nichol un fils Olivier qui, marié à Hathea, fille d'Albéric Bufus, en eut deux filles : Guiburge et Legardis, qui ne paraissent pas avoir laissé de postérité, car leur terre de Bouche-d'Usure, qu'ils habiUiient vers 1150, passa, comme nous allons le voir, aux enfants de Tyson (CXP et CXXXIV* ch.). Olivier, en se faisant recevoir chanoine à La Roë, vers 1170 (CGXI/ ch.), lui donna la dîme de Fontaine-Couverte, alors simple métairie, et une rente de trois sous sur la masure de Treize- Vouges avec tous ses droits de justice.
Guérin de Moutiers, époux d'Elisabeth, fille de Guillaume de la Lande- Baruchon ou Balison, en Saint- Michel, n'ayant point d'enfant, se fit chanoine du consentement de sa femme (CLXIII* charte). Celle-ci, après la mort de Guérin, se remaria à Hovin vers 1180-1188 (CCIIP charte).
Enfin Tyson de Craon, l'aîné des trois frères, épousa en premières noces. Orgueilleuse, et en eut un fils, Foulques, mort sans héritiers, vers 1180, en même temps que sa mère (CCXXIII" charte). Tyson se remaria à Agnès (CLXIII* charte), et c'est probablement d'elle qu'il eut un second fils nommé Jean (CXCV* ch.).
Tyson, fils de Jean, hérita du nom et de la terre de Bouche-d'Usure. Il épousa Tallia, fille de Burchard-Rolland (c'est-à-dire fils de Rolland). Roland et Burchard vivaient en 1186. (Ch. de La Roê.)
Ce Burchard, dont la femme s'appelait Marie et se fit religieuse à La Roë, possédait, conjointement avec Tyson de Craon, le village et le cimetière de Blochet (CLXXXIX*" ch.), ce qui prouve encore l'origine commune de ces deux branches de l'ancienne famille de Craon, et donna à Lancelin une partie de Blochet pour les services sans doute qu'il en avait reçus. (Ch. XLV« et CLXXXIX% voy. Athée.)
Tyson de Bouche-d'Usure eut huit enfants (CLXXXIX* charte). L'afné, Maurice, dont la femme s'appelait Jeanne, eut procès avec La Roë pour les tailles du fief d'Apulia ou de PuUie, en Saint-Gault, aujourd'hui sans doute Poilé ou Polie. Deux de ses sœurs se firent religieuses à Fontevrault, en donnant à cette abbaye le fief de Popelin ou la Popelinière, en Sainl-Gault. Le cartulaire ne fait que nommer ses cinq autres frères ou sœurs : Roland, Jean, Marguerite, Turpin et Bouchard (CLXXXIX'' ch.).
Tallia, femme de Tyson de Bouche-d'Usure, avait une sœur, Griseic, qui épousa Suhard II de Méral (voyez Méral); et comme les seigneurs de Méral étaient cou«tns des Cheorchins de Cosmes (CXCXIII'' charte), [on voit que le Craonnais était en quelque sorte couvert des descendants de la première famille de Craon.
DBS PAROISSES DE l\NC1E>N CRAONNAIS. 499
Tyson deCraon, grand-père de Tyson de Bouche-d'Usure, paraît être le dernier qui ait pris le nom de Craon ; mais les descendants de ces anciens Craon, notamment Bouchard, fils de Roland, n'en continuèrent pas moins à tenir leurs plaids à Craon devant Renaud le Bourguignon, chef de la seconde famille. (IV* charte.)
A rile-Tyson, et véritablement aux bouches de TUsure, existait aussi un château dont il ne reste aujourd'hui aucune trace. Il était probablement le château primitif et plus ancien que celui de Bouche-d'Usure.
Le fief de Tlle, qui a gardé le nom de la famille Tyson de Craon, fut possédé au xiv* siècle par la famille de Montauban, qui tenait ses plaids à Craon. (Voyez renvoi J.) En 1449, il fut la propriété des Girard-Blanchard, qualifiés en 1547, seigneurs de la Blanchardière, et en 1588, seigneurs de la Planchardais. (Renvoi Y.) La famille de Lantivy ne Ta possédé qu'en 1625.
Une demoiselle de Montauban épousa, en 1664, Georges II de La Trémoille.
En 1499, Jehan Ponce, écuyer, seigneur de l'Epinay de Bouchamp, fonda une chapelle dans ce château, à charge de deux messes par semaine, l'une h l'Epinay, l'autre en l'église de Bouchamp, moyennant un revenu de 30 livres, composé comme suit :
Les dîmes en vin de rEpinay,deux pipes à 3 liv 13 sols. 7 liv. 6 sols.
Dîmes des lin, porcelets, agneaux, fruits 1 »
6 setiers de seigle dus par la Louissière, à 12 sols. . 3 12
6 setiers de dîmes en froment, à 18 sols 4 10
Dîmes sur divers endroits 13 15
Total 30 liv. 3 sols.
Le chapelain devait chaque année pour reconnaissance de fief deux deniers de franc devoir. La messe à Bouchamp devait être dite sur l'autel et dans la chapelle Saint-Sébastien, où était le caveau de sépulture de la famille Ponce. On y voit encore la voûte, dite le four, qui en était l'entrée.
Guy de Scepeaux, seigneur de Bouchamp et de Bouche-d'Usure, fonda en 1510 ou 1517, dans son château, une chapelle en l'honneur de saint Hubert et de saint Armel, au moyen d'un grand nombre de petites dîmes, montant aussi à 30 livres. Guy de Scepeaux en était encore seigneur en 1531. (Du Pineau, p. 98.) Cette même année, le titulaire de la chapelle, Tabbé Bernier, demeurant à Craon, voulut par son testament que son corps fût apporté processionnellement à la Jacopière par les chanoines de Monsieur Saint-Nicolas et par les religieux, curé, vicaires et chapelains de Saint-Clément ; puis de la Jacopière porté à Bouchamp avec
500 NOTBS SUR l'histoire PARTICULIÈRE
six torches et dix flambeaux de cire, accompagné du curé, vicaire et chapelain-prieur de Bouchamp. À chaque chapelain assistant il donna 10 sols, à ceux qui n* assistaient pas à la sépulture 7 sols 1/2, et 13 deniers à toute personne présente à ladite chanterie. Il fonda, en outre, au moyen d'une somme de 7 liv. 10 sols, une messe tous les jeudis pour le repos de son âme. Enfin, il donna une planche de jardin au bourg deBouchamp pour augmenter la chapelle de Saint-Hubert et sept boisselées de terre à la chapelle de Saint-Join. Le seigneur de Bouche-d'Usure présentait encore à Tévêque la chapelle de la Madeleine, de 300 livres de rente.
A la fin du xvi* siècle, Charlotte de La Trémoille usa de son droit de bail ou de tutelle sur le fief de l'Ile-Tyson. Guy de Scepeaux était encore seigneur de Bouchamp en 1604.
En 1626, nie- Tyson appartenait à Pierre de Lantivy, et BouchedTsure à Charles de Sévigné, seigneur de la Motte de Bouchamp. Ce Charles devait être le père de Henri, époux de la célèbre dame de Sévigné, née en 1627 et qu'il épousa en 1644 : trois ans après il en eut un fils nommé Charles, comme son grand-père. Ce dernier représenta au présidial d'Angers : « que les deux tiers des terres de Bouchamp étaient autrefois en vignes, mais qu'à la suite des grands troubles qui ont eu lieu depuis quarante ans et notamment depuis le siège de Craon, ces vignes ont été détruites... n Ce qui fait que sa terre, autrefois affermée 1,008 écus (5,634 liv. à 5 fr. 39 c. Técu), n'était plus affermée que 1,700 liv. : pourquoi il demande que le curé de Bouchamp n'exige plus de dime en vin.
Le 23 novembre 1632, le même Charles de Sévigné , seigneur des Rochers, et sa mère vendaient à André de la Saugère Bouche-d'Usure et Bouchamp pour 45,000 livres: quarante ans plus tard, ses descendants succédaient à la famille de Baraton dans la possession de la terre de Champiré ; aussi montre-t-on encore, dans ce château, l'appartement qu'y occupa madame de Sévigné.
En 1636, André de la Saugère était seigneur de Bouche-d'Usure, de Feschal, de la Boissardière et de la Chauvignère. Les Saugère tiraient leur nom d'une terre de la paroisse de Châtres, près d'Evron.
Cette famille possédait le bourg d'Iré et Fougeray dès 1557.
Paul, fils d'André, les possédait en 1588 et les légua à son fils putnë, Alexandre, qui en était propriétaire en 1681. Celui-ci, marié, en 1633, à Renée Guérin, en eut un fils unique qui épousa Renée du Mortier. De ce mariage il ne sortit qu'une fille. Renée, laquelle épousa, le 11 décembre 1682, Guy Pierre, seigneur de la Querie, terre de la paroisse de Soulaire, près Angers. (Yoy. Saint^Martin du Limet.)
DES PAROISSES DK L ANGIËrS CHAONr^AlS. 501
Ces terres restèrent dans la famille de la Saugère jusqu'en 1697. Madame de la Martellière, née sans doute de la Saugère, était, en 1646,
dame de Bouche-d'Usure et fonda une messe à Bouchamp.
En 1681, Paul de la Saugère, clerc tonsuré, et ses quatre sœurs vendirent à René Belocier, époux de Renée Gouin, la Joqbardière et la Ferronnière.
En 1736, rile-Tyson fut vendue par la famille Chauvel à Dubois de Lanviller, procureur au Parlement de Bretagne. (Voy. art, La Selle, renvoi M.)
Après la Révolution, la famille de Lantivy vendit Bouche-d'Usure à la famille Halligon. Une héritière de ce nom la porta à M. Troisœufs qui quitta son nom pour celui de sa femme et bâtit sur le haut du coteau la nouvelle et élé ante habitation qu'on y voit.
Quant à la maison seigneuriale de TËpinay, elle fut longtemps possédée par les Lefebvre qui, en 1697, avaient acheté Bouche-d'Usure et la Motte de Bouchamp. Cette famille d'anciens sénéchaux de Craon avait alors un de ses membres conseiller au Parlement de Bretagne. En 1675-1700, Charles Lefebvre présenta pour sa chapelle de TEpinay, Julien Bellot.
A la cure de Bouchamp, était joint sous le même toit un petit prieuré^ dépendant de Vendôme. En 1694, Dublineau en était prieur commendataire, et déclarait qu'il se composait d'une maison parochiale (c'était une simple salle qui fait aujourd'hui le salon de la cure), un jardin d'une hommée et demie, de deux vergers d'une boisselée, d'une pièce de trois journaux et d'un pré d'une hommée où il y a une butte ; de la closerie de la Moinerie dont les dîmes étaient partagées entre lui et l'Hôtel-Dieu de Craon ; de dîmes à la treizième gerbe sur les Feussis, laTomençais, la Joliserie et la Poilonnière. Quant aux vignes, « c'est le seigneur de Bouched'Usure qui emmène et pressure les raisins à ses frais. Le curé peut en prendre le quart, mais en fournissant les fûts et une livre de chandelle. » Ce mot peut ne donne pas une haute idée de la valeur des crus de Bouchamp. Il déclarait avoir encore les menues dîmes, les prémices de la paroisse, un setier sur le moulin du Bigot, un autre sur une maison de Cherancé,et quelques autres dîmes ; il déclara tenir son prieuré en franc alleu, ne rien devoir à la seigneurie de Saint-Clément, et faire réserve de tous les autres droits qui auraient pu être négligés par ses prédécesseurs, souvent éloignés de plus de cent lieues. (M. l'abbé Logeais.)
En 1657, un avocat au Parlement possédait ce prieuré et l'affermait 130 livres sur lesquelles il en laissait 30 pour acquitter les messes. En 1738, il valait 180 livres, moins 80 livres pour les messes.
En 1730, le revenu de la cure de Bouchamp fut déclaré à Tévêché consister en trente -cinq se tiers de seigle, 50 livres de dîmes et la