CHAPITRE XVI
Comment la TiOe de Gison fost mise en Tobâssancc da raj, et comment le T€j et toute son armée aDa derant Bouan poor sommer dt rendre la ▼iUe.
Dettx ou trois jonrs avant le siège mis devant le Chasiel Gaillard , ou environ , fust faicte la composition de la ville de Gisors par le sénescbal de Poitou , et fust la ville rendue par ung escuyer nommé Paviot , et ung aultre nommé Pierre de Courcelles , parent de la femme da capitaine de Gisors , nommé Richard Marbery . Icelle avoit de belles terres en Francbe; etpource feit tant que son mary fust content de rendre ladite place à ung jour nommé ; et de faict la rendit et se feit Franchois , parmy ce que on lui deslivrast deux de ses enfants qui avoient esté prins à Pont-eau-de-Mer , et qu'il jouiroit des terres de sa femme que les Franchois tenoient. Et au mois d'octobre ensuivant , l'an mil quatre cent quarante-neuf , le roy manda au comte de Dunois et à ceux de sa compagnie qui avoient mis Argentan en son obéissance , et pareillement aux comtes d'Eu , de Saint-Pol , et à ceux de leurs compagnies, qu'ils vinssent vers lui a tout leurs gens, par ce qu'il vouUoit mettre la cité de Rouan en son obéissance. Sy vindrent hastivement à son com-
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mandement ; et chevauchèrent tant que la compagnie du comte de Dunois se trouva en la campagne de Noeutbourg; et ceux des comtes d'Eu et de .Saint-Pol s'assemblèrent de l'autre costel près de la ^i\\e de Rouan. Incontinent après se partist le roy Je Franche, accompagnié du roy deCécille et autres devant nommés; et chevaucha jusques au Pont-de-l' Arche , où ceux de la ville vindrent devant lui, faisants grande joie de son advénement. Et lors envoya sommer ceux de la ville et cité de Rouan , par ses héraux, qu'ils eussent à lui rendre et mettre en son obéissance ladite ville. Mais les Anglois qui estoient dedans ne vouUurent souffrir que les héraux baillassent leur sommation ; ains respondirent qu'ils retournassent en grande haste; et sy feirent-ils, car ils avoient esté en grand dangier de mort. Le roy scachant les manières que les Anglois avoient tenu à ses héraulx , feit passer touts ses gens d'armes ledit Pont-de-l' Arche , dont estoit conducteur le comité de Dunois ; et les envoya devant la cité de Rouan , où ils furent trois jours en grande puissance, combien qu'il feit en ces trois jours orde (sale) temps et ennuieux de pluye ; et y eurent les gens de guerre moult à souffrir ^ car ceux de dedans feirentsur eulx moult grandes saillies, où y eust moult de belles armes faictes; et y fust prinsàTune desdites saillies ung escuyer franchois, nommé le bastard Soubriers , par son cheval qui cheut dessous lui. Les seigneurs Franchois se meirenl en bataille devant ladite ville , et envoyèrent
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sommer par les héraux du roy pour la deuxiesme fois ceulx de la cité qu'ils se meisseut eu Fobéissance du roj ; mais les Anglois ne voulurent souffrir qu'ils approchassent la ville , ne qu'ils parlassent au peuple ; et ainsj s'en retournèrent comnae les premiers. Et lors le comte de Dunois , voyant que nul de la cité ne faisoit semblant ne manière de vouloir rendre la ville , considérant aussi le temps et la saison qui estoit sur l'hiver, s'en re^ tourna au giste ce tiers jour au Pont-de-l'Arche ; et les gens de guerre allentour d'icelluy pont par les villaiges.