‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 121 sur 167 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Comaent lé» Francbôis caidèrent entrer en la ville de Boneoi, par le moyen d^aacans de la ville , mais le sieor Tallebot les reboatta , et en y eat plusieurs morts

Ew ce temps , vindrent nouvelles au roy dô Franche, lui estant au Pont-de-l' Arche , qu'aucnru$ de la ville de Rouan se mectoient sur la muraille d'icelle ville dedans deux tours , et là gardoieni ung pan de mur , ad&n que les Franchois peussent par là entrer en la ville. Si fust envoyé le comte de Dunois celle part avecques l'armée , pour entreprendre ceste besongne ; et incontinent se partirent les roys de Franche et de Cécille en

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deux batailles, dont Tune fust à la porte Beauvoîsine , près de la justice , oiiestoient le sieur CuUant , le sieur Delval , les sieurs de Blanvilleet de Bureulx (Bureau) , et de Jaloingnes, mareschal de Franche ; et plusieurs aulres ; lesquels ne feurent pas à pied , fors seulement les archiers , qui ne se bougièrent de leur place. L'autre bataille fust entre les Chartreux et la ville , où estoit le comte de Dunois , lieutenant-général ; les comtes de Clermont , de Nevers , ^d'Eu , de Sainct-Pol , le séneschal de Poitou, messire Robert de Flocque, baillj d'Evreux ; et plusieurs autres chevalliers et escuyers. Il vint devers eux ung homme de la cité leur dire qu'il estoit temps d'entrer, et que chacun feit son debvoir. Et lors descendit à pied le comte de Dunois et tous ses gens; et marchèrent jusques à la muraille de la ville, où ils dressèrent ung peu d'eschelles qu'ils avoient entre lesdites tours, pour monter contremont le mur. Là feurent faits chevaliers , Charles de la Fayette , le sieur d' Aigreville , maistre Guillaume Cousinot, Jacques de la Rivière, bailly de Nivernois, Robert de Hareaville , et plusieurs autres qui grandement feirent leur debvoir sur la muraille. Le sieur de Taillebot (Talbot) , qui. estoit sur le mur , et véant ce , atout grande compagnie de gens d'armes et de traits anglois , comme tout forcené , vint pour reboutter les Franchois, qui jà estoient partie montés sur le mur , lesquels très valliamment se combattirent ; mais à la fin leur convint laisser la muraille et

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guerpir (quitter) le champ , car ik estoieat encoires troppeumoatés. Et feit tant le sieur deTallebot , par sa vaillance , qu'il fui maistre de la cité et des deux tours ; et là leurent , que pris qu9 tués , environ soixante personnes , tant des Franchois que de ceux de la ville qui les aydèrent ; dont les aucuns saillirent es fossés du haut des tours; Jes autres eschappèrent.

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