‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 142 sur 167 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Comment le sieur d'Albreth descon6t ceux de Bourdeaux, et en occist quinze cents, et prist prisonniers douze cents; et de la prinse de maistre Jehan Panchous, recepveur général du roy, et de sa condampnation.

Charles, roy de Franche, venu en sa ville de Tours , feit prendre maistre Jehan Panchous , son recepveur-général de ses fîrrances, lequel fust mis au chasteau de Tours; e1 lui meit on ^s qu'il avoit mal g^ouverné sa recepte, pourquoi il fust questionné par le conseil du roy ; et, par sa confession , fust trouvé avoir commis crime de lèze majesté , pour avoir prins en grandes et excessives sommes des deniers du roy. Mesmement avoir fait certaines ratures. Pour lesquelles causes il fust condamné, par la bouche du chancelier de Franche , à tenir prison certain temps , et ses biens confisqués , des-

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quels le roj donna une maison qu'il avoit fait faire en la ville de Tour» , au comte de Dunois ; et outre ce fust ledict maistre Jehan Panchous condamné à payer au roy la somme de soixante mille livres. Audit an, le dernier jour d'octobre, le sieur d'Orval , le tiers fils du' sieur d' Albreth , et sa compagnie, de quatre à cinq cents combattants, se partirent de Basas , et allèrent courre en l'isle de Madoche en Bourdelois; et repeurent en ung* bois deux lieues près de Bourdeaux ; et le lendemain, jour de Toussaints, comme ils feurent montés à cheval, leur vindrent nouvelles que ceux de Bourdeaux , tant gens de guerre que populaires 5 estoient sur les champs en nombre de huit à neuf cents, tant de pied comme de cheval, pour eux veair combattre. De ce adverti, le sieur d'Orval pour tant ne laissa à faire son entreprise , mais meit ses gens en bonne ordonnance, attendant la bataille , combien qu'ils feussent en moindre nombre , sans comparaison , que les Bourdelois et Anglois ; et attendirent que ceux de Bourdeaux, desquels estoit conduiseur le maire de Bourdeaux, les ché)isirent. Sy se mirent en ordonnance et leur vint courre sus ; et là le sieur d 'Albreth et ceux de sa compagnie se portèrent si valliamment , qu'ils les meirent en fuite et en occirent , tant en la bataille qu'en fuyant, bien dix-huit cents, et sy prindrent des prisonniers bien douze cents hommes. Ce fait, le^ sieur d' Albreth et ceux de sa compagnie s'en reretournèrent e^ la cité de Basas dessusdite. Aceste

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desconfîture feurent fort descartés et esbahis ceux cleBourdeaux et du pays environ.

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