Cérémonial de la cour de Bourg., p. •J
bt ^ ^ ' DES MÉMOIRES
L'étiquette, qui , sous Philippe-le-Beau , et lînêine sous Maximilien , devint grave et froide , était alors tempérée par la galanterie. Les femmes avaient beaucoup d'empire, sur Philippe, et les mœurs chevalere3ques du temps augmentaient encore le penchant qui l'attirait vers elles ; ce n'était pas seulement dans un rang élevé qu'il honorait la beauté. Les bourgeoises étaient admises aux fêtes de sa cour ' , et même à une faveur plus secrète , car la galanterie n'était pas sans un certain mélange de cette solidité vantée dans le Roman de la Rose y que Martin Franc , prévôt et chanoine de Lausanne en Suisse , réfute dans le Champion des dames ^ dédié au duc Philippe. Il s'était mal adressé : il est à croire en eflPet que ce prince préférait à la réfutation du chanoine un livre qui exposait les commandements d^ amour pour parvenir à jouissance.
Quoiqu'il eût une grande prédilection pour tout le sexe, il était attaché à ses femmes légitimes. Il y avait eu un refroidissement entre lui et Isabelle de Portugal , qu'il soupçonnait d'encourager le comte de Charollois à la désobéissance ; mais en i458, « en la ville de Bruxelles oit une très » forte fièvre , laquelle fièvre ne lui dura guères
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DE j. m: CLEBOQ. ï^
» qo'il ne fusl guéri. Dorant laquelle maladie sa » femme , dame Isabeao de Porio^ , le Tint j» veoir ; et jà-soil-ce que le doc n*aToit touUo » parler à elle , depuis que son fils le ayoit courj» rouché poorce qoe le duc coidoit qu'il eust » usé de son conseil, quant il le courroucha, » toutefois le duc récent ladite dame sa fenmie » très bénignement , et lui pardonna son mal » talent , et plourèrent tous deux ensemble *. » n est digne d'attention que Philippe ait été malheureux par son fils , comme Charles YII par le âen. Quelques années plus tard , le fils du duc de Gueidre jeta son père dans un cachot , pour lui ravir le pouvoir » .
Quand madame de Nevers vint à Lille y on lui rendit les plus grands honneurs. Ce ne fut qu'e^battements y jeux de personnages ^ entremets. Le onzième jour enfin , cette princesse jiartit pour Ëngemunster, où était la comtesse d'Etampes, sa belle-sœur ; elle était accompagnée du duc de Bourgogne , d'Adolphe de Clèves , et de cinq chevaliers armés de toutes pièces. A un quart de lieue de la ville , près d'un pont , la troupe rencontra le comte de Charoliois et Anthoine , bâtard de Bourgogne , escortés d'un pareil nombre de
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