‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 48 sur 167 · L. ll,ch. a · texte numérisé non relu

L. ll,ch. a

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» la paix, et d*aulre partie y en aroient douze mille » qui n'y vouUoient entendre ' . » Voilà une opposition singulièrement manifestée et une délibération bien sage ! Je serais curieux de savoir qui recueillait les avis, et comment on vérifiait ce scrutin : c'eût été une leçon pour les collèges électoraux et les corps appelés à voler sur les affaires publiques ; mais c'est ce. que Du Clercq ne dit pas.

Malgré l'opulence des habitants des Pays-Bas sous Philippe-le-Bon , et les progrès du commerce, de l'industrie et de la population , malgré la douceur naturelle de ce prince , il existait bien des abus dont personne n'a parlé avec autant de franchise que Du Clercq. Commines regardait la Belgique d'alors comme une terre de promission : mais il ne fallait peut-être pas juger de tout l'état par quelques villes qui savaient se faire une défense de leurs privilèges et de leur force intérieure. En i453 , l'armée du duc de Bourgogne était répandue dans la Picardie , l'Artois , le BouUonois , la Flandre et le Hainaut ; « et les tindrent six se- » maines ; durant lequel temps faisoient moult de » maux. Et n'estoit nul preudbomme ne mar- » chand qui sans grande doute et péril d'estre des- » robbé des gens d'armes, osast aller par lescans

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IxxîKvj Ï)ES MÉMOIRES

» ( champs ) , et mesmement failloit garder » les bonnes villes des pays du duc à force, et » faire guet aux portes, comme si les ennemis » feussent à Tenviron ; car si les gens d'armes du » duc y euissent peu entrer fort assez , ils les eiiis- » sent pillées ; et mesmement se logèrent et pilliè-^ » rent plusieurs fauxbourgs des bonnes villes. Et » tout ce failloit endurer par les gens du plat » pays et les autres , ja-çoit-ce que lesdits pays » feussentasseztaillés de tailles avecques tout ce que » ledit duc faisoit payer « • » Un peu plus loin , Du Clercq ajoute : « Après ce que Poucresf Poucques) » fut desmolie , le duc se retourna à Courtray , » et illecq séjourna douze jours , durant lesquels » douze jours touts ses gens d'armes tinrent les » champs en mangeant et pilliant le plat pays , » lequel estoit et obéissoit au duc , et mesme les » villaiges de plusieurs nobles qui estoient avecq » le duc ; et disoit-ou que le ducséjournoit à Cour- » tray en attendant argent , et entre temps laissoit » ses gens manger tout le plat pays, pourtant qu'ils » n'estoient point payés ; et avecq ce le duc , en » plusieurs bonnes villes, commenchaàfairecons- » traindre les nobles , marchands et bourgeois des » lieux lesquels ne le servoient point, de lui pres-

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