L. II, ch
DE J. DU CLERGQ. haami
» 1er certaine somme de deniers , chacun selon »son estât ^ nonobstant que pour ce ne laissoient » point à estre levés par lesdites bonnes villes plu- » sieurs maltôtes et subsides ; desquelles choses les » riches hommes avecques le peuple , conmien- » choient à murmurer; et n'estoit point le peuple si » mal content de payer lesdits deniers, car ils appeiv » chevoient bien qu'il en avoit affaire ^ qu'ils es- » toient de ce qu'on disoit qu'au prouffit du duc » n j à sa cognoisance, ne venoit point tout l'argent » qu'on exigeoit , non pas à peu près la moictié ; » et qu'aucuns receveur et autres , ne sais quels » officiers affamés ^ quiestoient autour du duc, en- » gloutissoient tout. Desquelles choses je ne cer- » tiffie rien , trop bien que la renommée du peu- » pie estoit telle, et m'en rapporte à ce qui en » est ». »
Du Qercq , sous l'an i^6j , dit encore : « En ce » temps couroient plusieurs mauvais garnements » en Artois , en Picardie et ailleurs , lesquels des- » roboient les pauvres gens ; et aucuns prenoient » et vendaient aux Anglois ; et sj n'en faisoit-on » nulle justice ; et s'accompagnoient aucunes fois » avecques ceux de Calais , qui estoient Anglois. Et » fustprins d'eux, environ ce temps , un gentil-
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IxxxYuj DES MÉMOIRES
» homme de la comté de Saint-Pol; nommé le » Brun de Coincy , en revenant de Fhostel de son » père , par aucuns Anglois , et mené à Calais ; » mais environ trois mois après , par lettres que le » duc de Bourgongne feit rescripre , il fust desli- » vré sans ranchon ; mais si lui cousta-t-il en des- » pens plus de quatre cents couronnes d'or " . »
La même année , une femme convola en secondes noces le jour de Tenterrement de son mari. Du Clercq , avec sa bonhomie ordinaire , trouve cette précipitation excusable ; « car en ce temps, » dit-il, par tout le pays du duc de Bourgogne, si- » tost qu'il advenoit que aucuns marchands, la- » bouriers , et aucune fois bourgeois d'une bonne » vDle, ou officier, trespassoit de ce siècle , qui fust » riche , et il délaissast sa femme riche ; tantost le- » dit duc, son fils et autres de ses pays, voulloient » marier lesdites vefves à leurs archiers ou autres » leurs serviteurs ; et failloit que lesdites vefves , » si elles se voulloient marrier, qu'elles espousissent » ceux que leurs seigneurs leur voulloient bailler, » ou feissent tant par argent, au moins tant à ceux » quiles voulloient avoir, comme à ceux qui gouver- » noient les seigneurs; et aucunes fois aux seigneurs