I. Fol. 188, ver»o,édit. d'Amers, i56i
DE y BU CLEBOQ. dq
H sur peine de la teste, de parier Tun à lautre en » langue helgienne, au moins des matières qui » toucfaoient les affaires de la chose publique. » Il est triste que Jean Lemaire ne nomme pas ses garants.
Le génie étonnant qui a transporté Thistoire au milieu de la fiction, afin de rendre celle-là plus fidèle et jJus vivant© , à commis dans un de ses derniers ouvrages, une inexactitude bien surprenante. En mettant en scène, avec un talent admirable, Louis XI, Charles-le-Téméraîre, et ce la Marck , surnommé le SangUer des Atdennes y c'est à Liège qu'il choisit son théâtre; et, de cette cité, il fait nue ville flamande. La méprise est difficile à concevmr. Bien loin que le flamand eût envahi alors les provinces wallonnes, les auteurs nés en Flandre s'efforçaient souvent de parler comme à la cour. En effet, le besoin le plus pressant de ceux qui écrivent, c'est d'être lus; aussi nos meilleurs annalistes ont-ils eu recours à un idiome qui leur promettait des lecteurs, et plus nombreux et plus illustres. Olivier de la Marche , dans l'introduction de ses Mémoires, s'écrie, en s'adtessant à l'archiduc Philippe : « Hëlas î mon prince , mon seigneur » et mon maistre, je plains et regrette, jlour mettre » ces trois points jusquesà^ vos trecognoissance, ce ;) que je suis lai, non clerc, de petit entendement » et de rude langage, et regrette que je ne puis
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« avoir le style et subtil parler de messire George w Chastellain , trespassé , chevalier de ma cognois- » saace, natif Flameng, toutesfois mettant par » écrit ea langage François. »
L.es langues modernes étaient entièrement exclues de l'éducation , qui ellennême était fort négligée. En France , suivant Commines , les seigneurs ne « nourrissoient leurs enfants qu'à faire » les sots en habillements et en paroles. De nulles » lettres, ajoute-t-il, ils n'ont connoissance. Un » seul homme sage, on n'entremet à l'entour. Ils » ont des gouverneurs à qui on parle-de leurs af- » faires , et à eux rien ; et ceux-là disposent de » leursdites affaires ^ etc. » Les grands eussent rougi d'être réputés habiles en Vart de clergie ^ comme on parlait alors : aussi Antoine de Chabannes , comte de Dammartin , ayant à répondre au duc de Bourgogne , ne manque-t-il pas de lui dire dès les premières lignes : « Très haut et très puis- » sant prince , je crois vos lettres avoir été dictées » par vostre conseil et très grands clercs, qui sont » gens à faire lettres mieux que moi; car je n'ai » point vécu du mestier de la plume. » Ce dédain ' chevaleresque pour l'instruction prit dans la suite le nom de ton cavalier y qui dégénéra dans l'imper-