‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 74 sur 167 · Bel^. rer. Prod,, p. 70. Qui n*a pas ouï parler de la · texte numérisé non relu

Bel^. rer. Prod,, p. 70. Qui n*a pas ouï parler de la

DE J. DU CLEfiXSQ. cxsaj

comte de Sandre, s'étant révolté contre Philippe- Augnste, dont il était feudataire, ce prince marcha contre lui avec une armée formidaUe, et le fit prisonnier à la bataille de Bovines. Le roi entra en triomphateur dans Paris ; le comte de Flandre parut chargé de chaînes , sur un chariot attelé de quatre chevaux, fenrints ^ c'est-à-dire de couleur gris de fer , et le peuple , en le voyant , chantait :

Quatre ferrans bien ferrez , Tatneot Ferrant bien enferres '.

Eni4i3,les Armagnacs se rendirent maîtres de Paris, et firent tant «qu'ils orent tous les greigneurs » (plus grands) bourgeois de leur bande , qui par » semblant avant avoient moult amé le duc de Bour- » gogne pour le temps qu'il estoit à Paris ; mais

chanson de Roland? On tenait à grand honneur de la commencer avant de livrer bataille. A celle d'Hastings^ en 1066, cette fonction fut remplie par un chevalier nommé Taillefer, doué d'une voix for^c et sonore.

Il est rapporté dans lesmiracles de S. Benoît, qu'un parti de Bourguignons ayant formé; en logS ^ le projet de piller Châtillon-sur-Loire; ils s'avancèrent si pleins de confiance dans le nombre et la valeur de leur troupe ; qu'ils se firent précéder par un bouffon qui chantait sur un instrument de musique ; les guerres et les belles actions de leurs ancêtres.

Rec. des Hist. de la Fr., T. XI, p. 489.

I. Flandria Generosa, ed Paquot, sup. p. 85. Note sur la Chron. de S. Maglùire dans les FabUauXy de M. Méon^ T. Il; p. aai.

cxxiv DES MÉMOIRES

» ils se tournèrent tellement contre lui , qu'ils » eussent niià corps et chevance pour le destruire » lui et les siens ; ne personne, tant fust,grant » n'osoit de lui parler que on le sceut , qu'il ne » fust tantost prins et mis en diverses prinsons , » ou mis à grande finance , ou banni. Et mesmes » les petits enfants qui chantoient aucunes fois une » chanson qu'on avoit Taitte de lui , où on disoit : » Duc de Bourgogne ^ Dieu te remaint en joye y » estoient fouliez en la boue et navrés villaine- » ment ' . >>

Quand Odet d'Ajdie, depuis comte de Cornminges, ménagea la fuite du duc de Bretagne, sous le prétexte d'une chasse , on chanta :

Mettez sus chiens et oyseaux, Aussy toute gaudiserie , Jusqu^à ce que Odet d' Aydie Aura remis sus jeux nouveaux, Lesquels ne seront trouvés beaux; Mais ils pourroient bien cher coûter ; Un grand mal est bon à oster.

La disgrâce du cardinal de la Balue inspira ce couplet :

Maistre Jean Balue A perdu la vue De ses évechez j Monsieur de Verdun'

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