‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 84 sur 167 · Algemt. Kunst en letterbode, Jan · texte numérisé non relu

Algemt. Kunst en letterbode, Jan

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Notre-Seigneur (ons Heeren verriserenisse ) '. Les troubles suscités par les factions des Hoeks et des Kabel jaauws ^ firent naître ou du moins multiplièrent une espèce de versificateurs nommés Rederykers , qui chansonnaient le parti opposé au leur. Sans doute qu'ils étoient payés parles chefs des différentes factions , qui cherchaient à animer le peuple contre leurs ennemis. En effet, dans le siècle suivant, on les employa pour préparer le peuple à la réforme qu'on vouloit introduire 3 . Philippe défendit sagement de chanter ou de déclamer les vaudevilles satiriques des Rederjkers , quelques années avant que Louis XI , moins sensé , s'effrayant d'un autre genre de satire, se fît apporter tous les oiseaux de Paris qui avoient appris à chanter , et qui auraient été tentés de lui rappeler sa malencontreuse aventure de Péronne. L'ordre fut donné à Henri Perdriel , dit une chronique , « de prendre en ladite » ville de Paris , toutes pies , jays et chouettes , es- » tants en caiges ou autrement , et estants privées ,

I. Wan Wyn, Hist.Avondst. bl. 356 N.G. VanKampeic, verhandeling over de vraag. TVelk is het onderscheidend vcrschil tusschen de kUissiche poezy , etc. bl. 69.

a. Vid. H. W- Tydeman. Over de Hoekschc en Kabeljauwsche partyschappen. Leyd. 181 5, in-8**. — J. C. DejoivGE. Over de oorsprang der Hoeksche en Kahcljawwsche twisten, Aid. 1817 ; in-S*».

3. A. M, CERISIER, Tableau de VHist, Gén. des Prov, Ane., T.U,p. i46.

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» pour toutes les porter devers le roj ; et estoit es- » crit et enregistré le lieu où avoient esté prins » lesdits oiseaux , et aussi tout ce qu'ils savoient » dire, comiDe larrons paillart;fils de putain j va » dehors, vaj Perrette^ donne-nioia boire ; et pluu sieurs autres beaux mots que iceux oiseaux sa- » voient bien dire ' . » Ces pauvres volatiles devaient être bien surprises de se voir transformées en criminels d'état.

Nos trouvères ne se bornaient pas à la satire ; ils célébraient aussi les l)elles actions , les traits honorables pour la patrie. La bibliothèque de Bruxelles garde un morceau précieux en ce genre , c'est la bataille de Woeringe /inAi^aée dans le catalogue de Verdussen , sous le titre de Strjrd van Woerone ^. L'original de ce fameux poème ayant péri, à ce que l'on croit , dans l'incendie du palais de Bruxelles , les copies en sont recherchées selon leur plus ou moins d'ancienneté. Celle dont il s'agit , au sentiment de M. Des Roches , dans un rapport à l'académie, ne remonte pas au-defà du XV® siècle , mais elle est aussi correcte qu'on la peut désirer. Qu'on ne juge pas du mérite de ce manuscrit par le peu d'argent qu'il a coûté.

I . B. de MoNTFAiJCON , Les Monuments de la Mon. Fr. T. ffl, p. 363, 3o4.

a. P. aia, n* 4**

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(12 florins de change en 1776 ) , il avait esté mal annoncé ; il fallait le connaître d'avance pour savoir que c'était le poème de Jehan de Helu ou Heelu S qui assista lui-même à la bataille de Woeringe , en 1288 , bataille mémorable , puisqu'elle mit le duché de Limbourg dans la maison de Brabant. Personne n'ignore que ce poème a été traduit en vers latins par Henri-Charles Dongelberge. Mirabeau parle de l'original , dans un ouvrage qui se ressent de l'époque malheureuse où vivait l'auteur , mais où il découvre une connaissance étendue de notre littérature nationale 2.

M. Jean-Baptiste Lesbroussart , dont la mémoire est chère aux lettres , a inséré dans ïes Mémoires de l'académie , l'extrait d'un poème qu'il attribue à Jean Molinet , avec MM. La Cerna et Gérard , et qui contient l'apothéose de Philippe-le-Bon. L'habile professeur termine cette analyse en déclarant qu'abstraction faite r!e la fable qui forme la contexture du poème , les louanges données à celui qui en est le héros , ne vont presque jamais audelà de la vérité , et que , de toutes les vertus que

I. Le'SuppL aux trophées de Brabant ^ le fait chevalier de l'ordre Teutonique et commandeur de Beckefort, ce que ne rapportent ni Foppeus, ni Paquot. SuppLj T. 1, p. i46

a. Aux Bataves sur le Stathouderat , 1788, in-S", p. i3 des notes et pièces justificatives.

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le poète célèbre , il n'en est aucune que l'histoire ne reconnaisse dans PhiIippe4e-Bon , qui fut sans contredit le premier prince de son siècle , par l'éclat dont il releva toutes ses actions , par la vé* aération qu'il sut imprimer pour son nom et pour sa puissance '. On est forcé de convenir que Phi- Içpe , en éblouissant par sa splendeur , gagnait les cœurs plutôt par la dignité ou l'agrément de ses manières , je dirai presque par sa bonne mine , que par la sagesse et la rectitude de ses actions ; en accordant aux lettres cette protection qui porte le protecteur à l'immortalité , il a étouffé les plaintes contemporaines ; la voix des écrivains a triomphé de celle des peuples qui , d'ailleurs , trouvaient dans leurmaître desvertus relatii/esque les autres princes leur rendaient précieuses. Le franciscain Brugman donna à l'éloquence de la chaire quelque noblesse. Henri Arnauld de ZwoU cultiva la médecine , l'astronomie , les mathématiques , et s'occupa du mécanisme des horloges. Monstrelet , Edmond de Dinter , Philippes de Commines , Olivier de la Marche , Vander Heyden ( à Thymo ) , écrivirent, pour ainsi dire, à l'ombre de son palais. De grands monuments s'élevèrent sous son règne , les richesses se multiplièrent , les mœurs s'adoucirent plutôt par

I . Nouvemix Mémoires de l'Académie royale des Sciences et BelleS'Lettres. T. I, p. 3ii.

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la force des choses , qu'à cause des institutions nouvelles. Au lieu de- modifier celles-ci d'une manière avantageuse pour la nation , il tenta de les dénaturer afin d'augmenter sa propre autorité et sa politique barbare. Il favorisa la licence des factions, pour étendre sa prérogative. Doux , bienveillant par caractère , il ^e laissait aller à tous les excès de la cruauté lorsqu'il était dominé par son orgueil ou par ces préjugés pour ainsi dire naturalisés en France , où les princes sont placés en dehors de l'humanité. Jacqueline de Bavière, sa cousine, fut persécutée par lui ; il dépouilla son pupille , le jeune comte de Nevers ; imposa son bâtard aux Trajectins ; saccagea Dinaut et Liège ; et fut appelé le Bon , comme Louis XIV , le Grand j et Louis XV , le bien-aimé. Cela n'empêche point l'auteur de son apothéose , de dire à son successeur :

A toi, dac resplendissant, Mon ouvrage te présente , Ou ton père tout puissant A gloire très excellente.

Prends des vertus telle sente > .

Qu'avec lui ton guerdonneur* Te donist le trosnc d'honneur.

Molinet, s'il est véritablement l'auteur de ces vers^ n'y fournit pas une grande preuve de la justesse de

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