‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 4)Chapitre 21 sur 103 · CHBONIQUES D* E1S6UE R R AND (UU · texte numérisé non relu

CHBONIQUES D* E1S6UE R R AND (UU

n'aimoitpoinl, et aussi de messire Robert de Bar, qui pas ne l'avoit voulu servir en ce voyage , et si étoit son homme lige.

Auquel lieu d'Arras il manda à venir devers lui, le deuxième jour de mars, les trois él^ts du pays d'Artois , et par espécial les nobles , avec lesquels il eut grand parlement sur ses affaires; et leur fit montrer par le seigneur de d*011ehaing les trois lettres que lui avoit écrites le duc d'Aquitaine. Après qu'elles furent lues, alfirma sur la foi, présents tous les seigneurs là étant , et autres , qu'elles étoient écrites et signées de la propre main du dessusdit duc d'Aquitaine. Et après que tous ceux là étants lui eurent promis de le servir à Tencontre de tous ses adversaires , excepté le roi et ses enfants, et aussi qu'il eut ordonné par conseil à écrire lettres à plusieurs bonnes villes , desquelles la teneur s'ensuit , lesquelles furent envoyées à Amiens , il se départit et s'en alla en son pays de Flandre pour faire pareillement.

« Très chers et bons amis , pour ce que toujours voulons et désirons , vous et autres , et tous autres bons et loyaux sujets de monseigneur le roi, et les bienveillants aussi de mon très redouté seigneur le duc d'Aquitaine , dauphin de Vienne , être avertis de tout ce qui peut toucher à son bon état et honneur, et celui de son royaume, et du bien public d'icelui , afin d'aider à pourvoir à iceux justement et loyaument, ainsi qu'il appartient, vous signifions qu'à la très singulière requête de mondit

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seigneur d'Aquitaine, duement à nous faite par trois paires de lettres closes , écrites et signées de sa propre main, contenant, en effet , que, surjtout le plaisir et service que jamais nous lui désirions à faire , nous venissions devers lui le mieux et le plus grandement accompagné que nous pourrions, nous, obtempérante son bon plaisir et volonté ^

comniefaireledevions,sachantaussilegranddano-er et servage en quoi il étoit , et encore par aucuns'est détenu anchâtel duLouvre, contre droitet raison, à son très grand et amer déplaisir , nous mîmes en armes à puissance, non pas par ambition ou concupiscence d'à voir aucune nouvelle domination en ce royaume , ni pour rompre on enfreindre aucunement la paix jurée et promise par nous, laquelle nous voulons sur toutes choses garder et en tretenir , mais seulement pour obéir, ainsi que nous sommes tenus, au bon plaisir et volonté de monseigneur le roi, et de mondit seigneur d'Aquitaine, en intention de les mettre de tout notre pouvoir hors du danger devant dit, sans faire guerre, dépouiller, ni dérober, ni faire ou porter quelque dommage; mais sommes venus en courtoisement, et amiablement vivant, en payant nos dépens jusques dans la ville de Saint-Denis en France. Duquel lieu , le plus tôt que nous y fûmes entrés , nous envoyâmes par notre héraut, le roi d'armes d'Artois , certaines lettres closes adressant à monseigneur lé roi , à madame la reine , el à mondit seigneur d'Aquitaine , et aussi à la bonne ville de Pans , par les-

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quelles nous les notifions , et savoir faisions noire venue, et que aucunement nous ne venions pour faire guerre ni ladite paix enfreindre , mais venions au mandement de mondit seigneur d'Aquitaine , et pour obéir à son bon plaisir , comme dit est , en requérant d'avoir actes de parler , et d'être ouï devers monseigneur le roi , et monseigneur d'Aquitaine, pour toujours faire notre devoir, et aussi faire ses bons vouloir et plaisir, et de tout notre pouvoir accomplir , comme raison est et que nous sommes tenus.

» Mais, cela nonobstant, la réprésentation de nos dites lettres, rigoureusement et sans cause raisonnable, par le comte d'Armagnac et autres ses adhérents , fut empêché en grand contemptet vitu^ père de nous et des nôtres, en disant par ledit comte à notredit héraut , que s'il ne se partoit bientôt et sans demeure , et que s'il , ou autre de nos gens , revenoit plus, on lui feroit couper la tête .Et pour ce dudit lieu Saint-Denis, notablement et grandement accompagnés de nos gens d'arme3 et de trait, le samedi ensuivant dixième jour de ce présent mois de février , nous partîmes et allâmes en propre personne devant la ville de Paris , sans faire aucun mal à personne , en l'intention de dire ou faire dire amiablement les causes de notre avènement , ou moins d'avoir plus gracieuse réponse que n'avoit eu notredit héraut. Mais depuis que nous fûmes là venus , et que nous eûmes envoyé à Saint- Honoré , qui étoit plus près de nous , notre dit hé-

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raul,el après lui quatre de nos notables chevaliers pour requérir, comme dessus, être ouïs , il leur fut dilqu'ilsse reculassent arrière , ou autrement trairoil-on contre eux. Et sans plus dire, ni eux vouloir ouïr ou autrement écouter, furent traits d'arbalêlres , dont il nous déplut et déplaît , et non sans cause. Et jà-soit-ce que toutes ces rigueurs désordonnées nous fussent faites, sans le su ni consentement dn roi ni de monseigneur d'Aquitaine , et que nous avons tout ce voulu souffrir et porter en patience, avec la prise de plusieurs de nos officiers, pour toujours entretenir ladite paix, et que bien doucement, sans aucun commencement de guerre, ou autrement souffrir être malfait pour Thonneur de monseigneur le roi et dudit monseigneur d'Aquitaine , retournâmes audit lieu de Saint-Denis en délaissant paisiblement tous vivres, marchandises, et autres choses parmi le lieu de Saint-Denis aller à Paris comme il faisoit avant notre avènement.

» Toutefois nous avons entendu que par aucunes haineuses, et désordonnées inductions faites contre l'honneur de monseigneur le roi et de mondit seigneur d'Aquitaine , et de tout le bon étal de la chose publique de ce royaume , et sans ce qu'il vienne ou procède par quelque manière de leur volonté ou intention, moult de lettres si ont été faites injustement, mauvaisement, et haineusement données et octroyées contre toute bonne justice, par lesquelles de par monseigneur le roi , nous et tous autres qui ont été en notre compagnie devant la ville

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de Paris, comme dit est , sont bannis et abandonnés deson royaume, nonobstantque nous niiceux^maintenant ni autrefois , ne l'ayons pas desservi, et que ne sommes pas de ceux qu'autrefois l'ont assis devaut la ville de Paris , et qui damnablement en plusieurs lieux de son royaume ont bouté les feux, ont occis ses sujets, ont forcé les femmes, ont violé pucelles , dépouillé et dérobé églises , villes , châteaux et autres lieux, et fait plusieurs autres grands maux, inhumanités et cruautés ; lesquels, en per« sévérant toujours de mal en pis en leur mauvais et damnable propos , tiennent monseigneur le roi et monseigneur d'Aquitaine en danger, comme dit est dessus.

» Et pource , mes très chers et bons amis , que toutes les choses devant dites sont faites contre ladite paix faite à Auxerre, contre la cédule dernièrement faite à Pon toise pour le bon entretenneraent,et qui nous sont tant importables, que nullement nous ne le pouvons porter ni souffrir sous dissimulation. Et par espécial pour la considération de ce que, tant par monseigneur le roi et mondit seigneur d'Aquitaine, comme par tous seigneurs de son sang et grand conseil , et depuis par plusieurs prélats et notables de ce royaume, ensemble députés de plusieurs bonnes villes pour et en leurs noms, c'est à savoir de Paris , Reims , Rouen , Laon , Beauvais, et autres de plusieurs provinces de ce royaume, sur ce noblement assemblés, fut promis , et solennellement juré de faire aide , confort et assistance

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à tous ceux que ladite paix entretiendroient , et de résister et demeurer contre tous ceux qui aucunement Tenfreindroient; nous vous signifions ces cho* ses, vous affirmant qu'elles sont vraies, afin que s'il vousétoitdonnéàentendrelecontraire^quevousn'j ajoutassiez aucune foi, mais veuillez toujours être et demeurer envers monseigneur le roiet monseigneur d*Âquitaine, bons, vrais et lojaux, comme toujours avez été, etnous aider et conforter, et nous assister à cette partie , si comme nous avons en vous vraie et grande fiance , et que « comme dit est, a été promis et juré. Car pour vrai, nous entendons. Dieu devant , avec bonne aide pour le bien , aider monseigneur le roi et monseigneur d'Aquitaine , de leur franchise , liberté et domination, ainsi comme ils doivent être, et que ceux qui ainsi les tiennent en servage etdanger, et les leurs, soient hors de Ijeur compagnie et en leurs pajs , ainsi que nous sommes prêts de faire pour l'observance de ladite paix et le bien commun de ce rojaume , lesquelles choses nous désirons. £l s'il est quelque chose que vous veuillezelnouspuissions, sachez certainement que nous le ferons de très bon cœur, au plaisir de Dieu , qui vous ait en sa sainte garde.

» Ecrit en notre ville d'Arras, sous notre scel de secret ci plaqué^^le vingt- septième jour de février, l'an mil quatre cent treize. (( Et dessus éloit écrit en la marge: <« Le duc de Bourgogne comte de Flan- >i dre et d'Artois. » Et afin, très chers amis, que vous soyez plus pleinement informés et acertenés des

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lettres dudil monseigneur d'Aquitaine , et du contenu en icelle à nous envoyées, comme dit est dessus, nous vous envoyons , comme dit est dessus y avec ces présentes, \evidimus d'icelles, fait sous scel authentique. Ainsi signé, Yignier. »

Et étoient lettres - patentes en papier , scellées.

Et en la suscription avoit : <« A nos très chers et bien aimés nos bourgeois, manants et habitants de la ville d'Amiens. »

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